Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:00

 

Les cascades

 

A l’origine du village, les Transians prenaient l’eau dont ils avaient besoin dans la Nartuby toute proche, quoi de plus naturel ? Mais très rapidement toutefois, les eaux usées de Draguignan qui se jetaient dans la rivière rendirent cette eau impropre à la consommation. C’est ainsi qu’au Moyen Age, les habitants (ils étaient alors environ 200 au XIIème siècle) puisèrent l’eau à diverses sources, dont l’une était connue sous le nom de Fouant de Monseignour et l’autre Fouant du Fabrégon (cette dernière est obstruée depuis des siècles).

Au XVIIème siècle, des travaux de recherche furent exécutés car le nombre des habitants augmentait et le besoin d’eau potable se faisait de plus en plus sentir. Les Transians la réclamait avec insistance auprès des consuls de la communauté. On peut d’ailleurs citer les archives à ce sujet. Dans les délibérations communales de 1731 on lit : "Les eaux de la rivière Nartuby, pernicieuses à boire tant des gens que des bêtes, à cause des immondices qui s’y jettent venant de la ville de Draguignan et étant d’ailleurs rudes et pesantes, les habitants sont obligés d’en aller prendre à quelques sources qui sont le long de la rivière, dans les précipices et au-dessous du village… ".

Durant ces deux siècles, disons de 1550 à 1750, on alla quérir tous les sourciers ou chercheurs d’eau du pays, mais aucun ne trouva le précieux liquide sur les terrains proches du village. En 1755, on réalisa enfin une adduction d’eau qui a duré jusqu’à notre époque à partir d’une source trouvée au quartier des Escombes. On capta l’eau et par canalisation on l’amena à une fontaine près de l’église (qui n’est pas la fontaine qui s’y trouve actuellement puisqu’elle fut construite plus tard et qu’elle reçoit l’eau de la rivière). Mais bien vite cela fut insuffisant et on chercha à nouveau à augmenter le débit de l’eau. En 1804, un énorme progrès fut accompli : on aménagea contre le mur sud de l’élise paroissiale une citerne publique. Cette citerne était alimentée par l’eau provenant de la source des Escombes et par l’eau de pluie récupérée du toit de l’église. Pour puiser l’eau à cette citerne, les Transians sont alors obligés d’actionner une pompe, pour cela  il faut tourner une roue, c’est long et pénible. Les gens font la queue et attendent leur tour, chacun porte un ou plusieurs récipients pour collecter la seule eau potable de la commune.

 

La citerne publique

 

Cela va durer jusqu’en… 1928. A cette date, la municipalité dirigée par Monsieur Jules Saurin, réalise la première vraie adduction d’eau et de tout-à-l’égout. Trans compte alors 1100 habitants. C’est grâce au travail de Monsieur Laponche, un ingénieur en hydraulique qui a trouvé une nappe d’eau au quartier des Incapis que les ménagères ont enfin l’eau à la pile (à l’évier). Cet ingénieur crée alors "La société des eaux du littoral varois" en 1930 et une convention est signée avec la municipalité. Elle assure pour Trans un débit de 5 litre/seconde. Cette eau avant d’être distribuée est remontée par pompage à un bassin au quartier de la Bouissière (anciennement Buissière) et de là, les canalisations filent vers le village. En 1967, une autre convention est passée entre Trans et Draguignan. Trans cède ses droits sur la nappe des Incapis et Draguignan s’engage à fournir à Trans en échange 5 litres d’eau/seconde, plus de 20% de ce que prendrait cette ville. Avec prise en charge du château d’eau par Draguignan créé aux lieu-dit les Demoiselles. Un réservoir se fait au quartier Saint-Victor où la côte est l’une des plus élevée de la commune, ce qui permet le développement du réseau d’eau potable. Dans les années 1970, où Trans est passé de 1100 habitants à 3500, les besoins en eau augmentent. A la suite de nouvelles recherches, on découvre une nappe très importante au quartier du Puits de Maurin. Un premier forage en 1979, à 50 mètres permet d’y pomper 30 m3/heure. Un réservoir de 500 m3 est créé à la côte 222, qui domine tout le village. En 1980, un deuxième forage, à 50 mètres, permet de pomper 100 m3/heure et on construit un deuxième bassin. Le tout est accompagné d’un effort important de la commune qui remplace le réseau ancien et étend de nouvelles canalisations.

A côté de cela, il ne faut oublier de parler des quatre fontaines d’eau non potable du village. Sans oublier de parler également des lavoirs qui ne sont plus utilisés de nos jours et qui sont à sec : celui de Saint-Vincent et celui du Bassin Neuf. Celui qui était à Vallaury a été démoli quand on a fait la "route militaire". Celui de la Placette à laquelle était attenante une fontaine en demi-cercle ainsi qu’une mastre a été démoli dans les années 1965-1966. De toutes les bornes-fontaines qui avaient étaient installées sous le mandant du maire Monsieur Saurin (une quinzaine je pense), seule subsiste celle qui est à côté de la fontaine de la place de l’hôtel de ville, mais elle ne fonctionne plus car elle était alimentée par l'eau de la ville et les gens venaient se servir en permanence. C’est Monsieur Fournial, industriel Transian, qui avait fait installer à ses frais, trois fontaines à l’ancien cimetière. Une seule subsiste encore de nos jours.

 

La façade latérale de l'église dédiée à saint Victor

 

Témoignage de ma maman : "La citerne derrière l’église était alimentée par la source des Escombes. C’était la seule fontaine du village. Elle était ronde et fermée par une plaque en fer et aboutissait à la pompe qui était contre le mur de l’église. Tout le monde venait se servir à cette citerne. Le sol était en terre battue et ainsi l’eau restait fraîche. Dans les années 50, Monsieur Joseph Béraud, le maire de l’époque avait fait faire un entourage pour protéger cette citerne avec des piliers et du grillage. Puis par la suite, quand cela a été goudronné, l’eau s’est gâtée (le goudron chauffait et l’eau est devenue impropre à la consommation). On s’est servi de cette citerne jusqu’après la guerre car tout les habitants n’avaient pas fait mettre l’eau dès que la première adduction avait été réalisée en 1928. Les gens n’étaient pas très argentés et de plus, ils étaient parfois réticents au progrès. Les habitudes avaient la peau dure !

 

Source : Article fait à partir de coupures de jounaux parus dans les années 80 et de mes propres connaissances.

 

Les cascades sur la Nartuby

 

 

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:00
     Clapiers-1.jpg
 
  Célestin Clapiers est l'un des trente-quatre "Morts pour la France" qui figurent sur le Monument aux Morts de Trans en Provence. Il avait le grade de caporal. Il faisait partie du 173è Régiment d'Infanterie. L'année dernière, sa petite-nièce Liliane et son mari Noël se sont rendus au cimetière militaire d'Esne-en-Argonne, près de Verdun, où il repose. Né à La Motte le 23 août 1893, il est mort le 4 juillet 1916 en défendant le village d'Avocourt-sur-Aisne, il aurait eu 23 ans au mois d'août.
A cette époque, la grand-mère de Liliane, Pélagie, avait à Verdun, son mari Edouard, son frère Célestin et son beau-frère Marius Brunengo, qui est aussi porté sur le monument de Trans. Seul son mari Edouard Brunengo est revenu car il avait été fait prisonnier.
 
Memorial.jpg
 
Memorial-2.jpg
 
Clapier-2.JPG
 
Liliane rend hommage à son grand-oncle en déposant un bouquet de fleurs sur sa tombe
 
Clapier-3.JPG
 
 Toutes les photos ont été faites par Noël.
Merci à lui de me les avoir communiquées et de m'avoir autorisée à faire cet article.
J'ai trouvé la carte ci-dessous sur Wikipédia.
 
Avocourt.jpg
 
Si vous voulez en savoir plus sur le 173ème R.I. j'ai trouvé ce lien :
 
Si vous désirez rechercher des renseignements sur un combattant, je vous conseille le site du Ministère de la Défense et des Anciens Combattants : "Mémoire des Hommes" dont voici le lien : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/index.php
 
D'autre part, j'ai téléchargé à partir de ce site les fiches individuelles des soldats qui figurent sur le Monument aux Morts de Trans en Provence. Je les ai mises dans un album-photos que vous pouvez consulter dans la colonne gauche du blog.
 
 
Partager cet article
Repost0
31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 00:00

 

Monument place de la Victoire 

Le Monument aux morts de Trans-en-Provence a été érigé par souscription publique et inauguré le 30 avril 1922. Il est situé sur la place de la Victoire. L'architecte en est Emile Tardieu de Nice.

Il s'agit d'un obélisque de pierre qui porte en façade un médaillon de Poilu ainsi que les inscriptions commémoratives suivantes :
Au Poilu,
Honor.
Trans à ses enfants morts pour la France.
1914-1918.
Passant, salue ses braves.
Suivent les noms des victimes de la Grande Guerre par ordre alphabétique.
Sur une des face latérales est sculptée la Croix de guerre.
Voici les noms :
AUDEMARD Baptistin

AUDIBERT Joseph
AYCARD Lucien
BERAUD Emile
BREGONSUL Alfred
BRUNENGO Marius
CASTELLAN Marius
CLAPIER Célestin

CLAPIER Marius
DANYS Fernand

DEOUS Louis
ESTEQUE Paul
FELIX Marius
GAMEL Jean-Marie
GASTINEL Gabriel
GHIGO Louis
GUIOL Daniel
ISNARD Casimir
JUGI Pierre
LABROSSE Marcel
LAZARE Jules

LAZARE Victor

LIONS Adrien
LIONS Marius
MINGEAUD Victor
MIREUR Justin
ORGIAS Louis
PEYRON Ernest
REYNIER Hubert
ROUX Léonce
RUBIS Baptistin
TAÏS François
TRIPOUL Célestin
VINCENT Alexandre
 

Monument cimetiere

 

  Dans le vieux cimetière, une grande stèle, où figurent les noms de trente-quatre morts ou disparus, surmontée d'une croix a été érigée par

"La commune de Trans à ses enfants morts pour la France".

Sur cette stèle figurent aussi ceux qui ont été tués pendant la guerre 1939-1945.

DUHAA Roger

VANZI Joseph

MERLINO Pierre

DAUMAS André

MARTEL André

DAVID Raymond

 

Monument eglise

 

Dans l'église, une silhouette guerrière de Jeanne d'Arc prend place au centre d'un autel commémoratif de la guerre 1914-1918.
Les diverses batailles et dates importantes y sont mentionnées : 
La Marne 6-7 septembre 1914 ;
Nancy 5-12 septembre 1914 ; l'Yser 1-15 novembre 1916 ;
Verdun 22 février-novembre 1916 ;
Armistice 11 novembre 1918 ; Paix 28 juin 1919.
Les patronymes des disparus sont gravés sur des plaques de marbre placées de part et d'autre de la statue.

Source : L'art et la mémoire de 1914-1918 dans le Var. Sylvie Mattone-Vastel et Georges Meissonnier (Il fut l'un de mes amis, généalogiste averti et passionné par l'histoire de son village des Arcs-sur-Argens. Il est décédé il y a quelques années).

 

*******************************

 

 

  Mon arrière-grand-père maternel Paul Alexandre VINCENT (né le 21 novembre 1869 aux Arcs-sur-Argens) est inscrit sur le Monument aux morts de Trans en Provence. Il est décédé le 26 janvier 1917 à l'âge de 47 ans à l'Hôpital militaire Sainte-Anne à Toulon des suites de ses blessures alors qu'il était en service commandé dans la forêt du Dom avec son unité.

 Il est "Mort pour la France" selon la formule consacrée.
Il a laissé sa femme : Thérèse qui portera son deuil le restant de sa vie (elle mourra en 1959) et ses trois filles : Marguerite, Marie-Louise (ma grand-mère) et Irène qui deviendront Pupilles de la Nation.

 

Jun08180.JPG

 

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 00:16

 

L'Eglise saint Victor

 

Les habitants du lieu de Trans voyant leur chef-lieu de viguerie, Draguignan, doté, depuis longtemps d'une horloge, voulurent, à leur tour, en avoir une. Pour une localité industrielle comme l'était déjà Trans en 1538, ce n'était pas seulement du luxe, c'était une nécessité. Aussi, en sa séance de janvier de cette année là, le conseil nomme deux délégués : un conseiller et un lieutenant de juge, pour "cueilly tout ce que porran trobar per fayre ung relloge" (pour recueillir tout ce qu'ils pourront trouver pour faire une horloge). Qu'est-ce qu'il pouvait bien chercher et recueillir dans le vieux "massaquin" (magasin) de la communauté ? Ce garde-meuble était-il riche en ferrailles ? Et voulait-on les donner en échange de l'horloge tant convoitée ? Les archives n'en disent rien, mais il est à croire que ni le fer, ni l'argent n'abondaient dans les coffres communaux, puisqu'il n'est plus question d'horloge dans les délibérations communales jusqu'en 1543. En cette année, le conseil délibère de nouveau de faire fabriquer "ung reloge" et, comme on la désire toute pareille à celle de Draguignan, dans la même séance, un délégué est nommé à qui l'on vote quatre gros (monnaie de l'époque) pour ses dépenses "per anar mesurar lou reloge de Draguignan" (pour aller mesurer l'horloge de Draguignan).
Il paraît que ces Messieurs du conseil étaient pressés d'entendre sonner les heures du haut de la tour de leur église ; car immédiatement après ils décident de prendre la "campana devers Saint-Esprit et la mettre au reloge pour le service de la villo" (Nota de Nadine : ils décident de prendre la cloche qui était à Saint-Esprit : la maison de Saint-Esprit était la maison de ville ou maison commune et de la mettre à l'horloge pour le service de la ville), à condition de fondre "ung altre campana" (une autre cloche) de même poids et dimensions. Dans une séance postérieure, le conseil, craignant, sans doute, de ne pas trouver à Draguignan ce qui était nécessaire, envoie un de ses membres à Aix, "per ana compra de matieres per fare la campana, so es jusqu'à la somme de huit quintaulx" (pour aller acheter des matériaux pour faire la cloche et ce jusqu'à la somme de huit quintaux), et vote 140 florins 4 gros pour la facture de "l'oreloge" (l'horloge) et une taille de 100 florins pour payer le "methal" de la cloche.
Malgré les 100 florins votés, on n'eut pas assez de matière pour fondre une cloche pareille à celle de Saint-Esprit. Aussi le conseil ordonne que "le methal de la campana sio creyssut... de ce que sera necessari" (le métal de la cloche soit accru... de ce qui sera nécessaire).
Cette fois, il ne fut pas besoin de députer jusqu'à Aix pour cet accroissement, ce fut Brignoles qui eut l'honneur de la fournir, et le trésorier dut compter 16 florins "a un merchant" (à un marchand) de cette ville pour solde du "methal" (métal) de la cloche.
Enfin, l'horloge fut placée sur la tour de l'église ; on avait acheté une corde pour les poids, du prix de 12 sols. Vous croyez qu'on va confier le soin de la règler, soit à un horloger, soit, au moins, comme on fait aujourd'hui dans la plupart de nos villages, ou il serait trop onéreux d'en appeler un de la ville, ou bien au "fabre" (forgeron) ou au serrurier ? Détrompez-vous ; c'est à "dono Honnorado Piquesse" (dame Honnorade Piquesse, nous avons là l'exemple d'un nom de famille féminisé comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur l'étude de noms de famille de la Garde Freinet ; Piquesse = Pic), à laquelle on alloue 6 florins par an, "per ses gages dau reloge" (pour ses gages pour l'horloge).
En 1565, Dono Piquesse est remplacée par un "gouverneur" de l'horloge et le conseil lui vote 12 florins "per lous gages de governa lou reloge" (pour les gages pour s'occuper de l'horloge). C'est toujours 12 florins que vote le conseil de la communauté, en 1570, "per governa et condurre lou relloge" (pour gouverner et conduire l'horloge) ; en 1538, pour "le governement du reloge" (pour le gouvernement de l'horloge).
Mais tous ces gouverneurs, conducteurs, pas plus que dono Piquesse ne parvenait à la conduire et à la gouverner d'une manière régulière, on pouvait dire à la lettre qu'elle marchait comme "les affayres de la vilho" (les affaires de la ville) qui ruinée par les Impériaux en 1530, saccagée par les assiégeants du château en 1579, était encore menacée par les Piémontais en 1635. Le conseil décida, à cette date, de charger le prieur de la surveillance et de la direction de l'horloge.

Marcha-t-elle mieux ? La question reste posée...

Auteur : Marius Sivan - Revue de Cannes et du littoral

 

Explication du mot "viguerie" : Juridiction administrative médiévale apparue à l'époque carolingienne. Cependant, avec le déclin du pouvoir central, la viguerie est devenue au fil du temps la juridiction la plus petite, s'occupant des affaires courantes. Elle est administrée par un viguier. Les vigueries ont disparu en grande majorité en 1749 suite à un édit supprimant les petites juridictions, à l'exception de la Provence où elles ont survécu jusqu'à la Révolution. 

 

 

Le clocher de Trans et son campanile (Photo Nadine)

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:00

    Armoiries de Trans

 

On ne trouve aucune mention d'armoiries communales avant la fin du XVIIe siècle. Elles apparaissent en fait en 1696 à la suite d'une réglementation édictée à la fin du règne de Louis XIV. A cette époque, le gouvernement royal avait de grands besoins d'argent provoqués notamment par les dépenses des guerres. Pour se procurer les ressources nécessaires, le gouvernement eut finalement recours à toutes sortes d'expédients dont on a souvent souligné le caractère parfois ridicule : par exemple, la création des offices de jurés mesureurs de charbon et celle de jurés crieurs d'enterrements. C'est ainsi qu'en 1696, obligation fut faite à toutes les communes de posséder des armoiries et de les faire enregistrer dans le grand Armorial général de France, ce qui devait entraîner évidemment le paiement d'une taxe. On pensait que le fait de posséder des armoiries flatterait la vanité des communes qui n'en avaient pas encore. Ce calcul ne se révéla pas toujours exact. En particulier le Conseil communal de Trans, dans sa séance en date du 2 juin 1697 répondit : "La Communauté n'a pas besoin d'armoiries et ne prétend n'en avoir aucune dans la suite, surtout à cause de la grande pauvreté". Evidemment, la commune dut s'incliner et se choisir des armoiries qui furent celles de la famille seigneuriale de Trans : les de Villeneuve. Elles furent enregistrées au grand Armorial général de France avec la description suivante : "De gueule, fretté de six lances d'or, entre-semé de petits écussons de même, et sur le tout, en coeur, un écusson d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or". A la fin de l'Ancien Régime, apparaissent d'autres armoiries qui sont mentionnées dans le dictionnaire d'Achard publié en 1785 et qui sont ainsi décrites : "D'azur, à un pont à deux arches d'or, avec trois fleurs de lys du même en chef ; l'écusson surmonté d'une couronne de marquis". Il n'est pas possible de fixer l'origine de ces nouvelles armoiries, ni la date de leur apparition. Faut-il y voir le désir de différencier les armoiries de la commune de celles du Seigneur ? Ce n'est pas impossible mais ce n'est pas certain. Ces nouvelles armoiries paraissent avoir été adoptées par la commune. En effet, lorsqu'un décrêt du 17 mai 1809 prescrivit qu'aucune commune ne pourrait prendre d'armoiries avant d'en avoir obtenu l'autorisation de l'Empereur Napoléon Bonaparte, une délibération du Conseil municipal de Trans, du 26 novembre 1809 demanda "que les armoiries particulières de cette commune fussent composées d'un écusson d'azur au pont à deux arches d'or ; et d'un chef de gueule au lion passant aussi d'or, et que cet écusson fut ceint et entouré de branches de laurier, le pont composant les anciennes armes". On voit que le lion devait remplacer les fleurs de lys. Mais il semble que cette demande n'ait jamais eu de suite. Depuis lors, Trans a toujours utilisé ses doubles armoiries, l'une inscrite au grand Armorial de France et l'autre au dictionnaire Achard.

 

Source : D'après un texte de Guillaume Barles

 

 

Partager cet article
Repost0
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:30


Le village de Trans est très bien bâti. La Nartubie (de nos jours, l'orthographe est Nartuby) baigne ses murs. Cette rivière vient quelquefois si grosse, qu'elle inonde les rues et menace d'entraîner les habitations (voir mon article sur l'inondation de 1827 : cliquez ICI).
 


   Les eaux passent habituellement sous trois ponts peu distants les uns des autres, et se précipitent dans un gouffre profond, formé par d'énormes rochers de tuf (ce sont : le pont Bertrand, le Pont-Vieux et le Grand pont, le pont de la Motte n'a été érigé qu'à la fin du XIXe siècle). Les belles cascades de Trans, quoique au bord de la route, sont presque ignorées, parce qu'elles n'ont pas eu un Vernet pour les peindre, ni un Pétrarque pour les chanter. Cependant, elles sont dignes du pinceau de l'un et de la plume de l'autre.
   

undefined


Le climat de Trans est tempéré et l'air très sain. Il y avait autrefois dans le pays des moulins à foulon*, une belle filature pour la soie, et une fabrique d'organsin**, la première qui ait été connue en Provence. On n'y voit plus aujourd'hui qu'une filature à soie, des moulins à huile et à farine, un tournant*** (tournaou en provençal) qui servait aux taillandiers**** du pays, des scieries à planches, et une scierie à marbre qui vient d'être convertie en scierie à bois pour plaquage et marquetterie, qui doit fournir à tous les ébénistes de la Provence. On est étonné que le commerce de Draguignan n'ait pas encore songé à établir dans ce village une papeterie et même une filature pour le coton ; car, quoique Trans soit une commune particulière, il peut être considéré comme un faubourg du chef-lieu. Ces deux établissements augmenteraient l'habitation d'un tiers, et procureraient une nouvelle aisance qui n'est point à dédaigner.
La plaine de Trans est fertilisée par les eaux de la Foux de Draguignan qui nourrit de bonnes truites ; celles du ruisseau de Vallauris sont favorables aux écrevisses (les écrevisses ont hélas disparu de nos jours). Le territoire produit du blé, du vin, des légumes, du chanvre, des plantes potagères et surtout de l'huile d'olive. Il y a de belles pépinières de toutes sortes d'arbres fruitiers et d'agrément. Le pays est renommé pour sa bonne clarette, sorte de vin blanc très agréable au goût, mais un peu capiteux (j'en ai parlé dans mon article sur Marius Lambert, cliquez ICI). On y fabriquait de l'excellent ratafia, qui était recherché dans les environs. Les distillateurs sont trop riches aujourd'hui pour continuer une industrie à laquelle ils doivent leur fortune. Population : 1300 habitants (je vous laisse apprécier ce chiffre, aujourd'hui nous sommes quelques 5000 habitants).

    Notes de Nadine : 

- Je vous rappelle que ce texte a été écrit en 1835.
- Ce qui est entre parenthèses dans le texte a été rajouté par moi-même ainsi que les renseignements que je donne ci-dessous pour une meilleure compréhension de cet article.
* Tournaou : L'eau de la rivière servait à actionner une meule solidaire d'une roue à aubes, qui servait à émoudre et affûter les outils. Le tournaou est un élément rare de l'organisation sociale d'une commune (voir mon article sur le Chemin de l'eau à Ampus, où vous pourrez voir un tournaou, cliquez ICI).
** Organsin : Fil formé de deux fils de soie grège tordus séparément dans un sens puis ensemble en sens inverse et destiné à servir de fil de chaîne. 
*** La solidité du drap de laine est obtenue par le foulage qui lui donne sa texture consistante. L’étoffe tissée, peignée, est soumise à la pression mécanique de pilons et arrosée d’une solution alcaline dans des auges. Autrefois le foulage était réalisé dans des moulins à foulons sur les rivières parce qu'il exigeait une grande force motrice. 
**** Taillandiers : Forgerons qui fabriquaient et réparaient les outils agricoles tels que bêches, sarcloirs, râteaux, faucilles, haches, etc...

   

Partager cet article
Repost0
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:10

 

Le village actuel pris le nom deTrans, à cause de sa position en-delà de la rivière.
Il devint bientôt un lieu considérable. La baronnie de Trans ainsi que les terres des Arcs, de la Motte, d'Esclans et autres, furent inféodées, en octobre 1200, à Géraud 1er de Villeneuve, par Ildefonse II comte de Provence, "pour les bons et loyaux services que Géraud avait fait tant au roi d'Aragon son père qu'à lui, en plusieurs diverses et importantes occasions de paix et de guerre, et le beau et honorable train qu'il avait toujours tenu auprès de leurs personnes, avec beaucoup de prudence et de sagesse".

 


Louis XII

 

Trois siècles plus tard, Louis XII, voulant aussi récompenser les anciens services d'un descendant de Géraud, Louis 1er de Villeneuve, baron des Arcs et de Trans, chambellan du roi Charles VIII, commandant son armée navale, ambassadeur à Rome, érigea, par lettres patentes données à Blois en 1505, la baronnie de Trans en marquisat, titre qui n'existait point encore en ce royaume*. Aussi Louis de Villeneuve et ses héritiers investis du même droit, s'appellèrent-ils premiers marquis de France... Vingt-trois terres ou châteaux dépendaient de ce marquisat. Louis de Villeneuve, à qui Charles VIII avait donné la principauté d'Avélino près de Naples, était surnommé riche d'honneur. Son fils unique, fut tué en juillet 1516, à côté de François 1er. Bayard et Gaston de Foix répandirent des larmes amères sur la tombe de leur digne ami. 
Le château seigneurial de Trans, un des plus forts de la contrée, était près de l'endroit où se trouve la maison commune. En 1579, le seigneur d'Estoublon, à la tête d'une troupe de razats, vint l'assiéger ; et le 23 mai, il l'enleva d'assaut, malgré les prompts secours que la baron de Vins lui apporta, et malgré la bravoure du seigneur du lieu, et le courage héroïque de sa femme, qui était fille du comte de Carcès. Cette dernière fut sauvée du carnage par le baron des Arcs qui la couvrit de son manteau. Le plus jeune de ses enfants, encore à la mamelle, fut abandonné à la fureur des vainqueurs. Au moment où il allait être poignardé, un soldat d'Estoublon, tout razat qu'il était, en eut pitié et l'acheta sept sous et demi et le confia aux soins d'un muletier de Draguignan, nommé Trabaud, qui en eut grand soin ; à telle enseigne qu'il devint commandeur de l'ordre de Saint-Jean-de Jérusalem. Les autres enfants furent faits prisonniers ; mais le baron de Trans, Claude 1er de Villeneuve, et plus de six cents de ses défenseurs furent passés au fil de l'épée. Le château fut détruit ce jour-là.  Il n'en reste d'autre vestige que le bas d'une tour.

Source : Extrait du Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderne - Etienne garcin - 1835.


Notes de Nadine :

- Le village de Trans est devenu le premier marquisat de France en 1505, il faut tout de même le souligner.

     

Partager cet article
Repost0
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 15:27

 

Trans : Joli village à une lieue de Draguignan son chef-lieu d'arrondissement et de canton. C'était autrefois une dépendance de cette ville. L'ancien village était appelé Infré, du latin infra parce qu'il était bâti en-deçà de la Nartubie, c'est-à-dire, du côté de Draguignan. On en découvre quelquefois des vestiges au quartier de Saint-Victor et près de la chapelle de ce nom.
La voie romaine qui de Fréjus allait à Riez, suivait la rive gauche de la Nartubie depuis vis-à-vis le village de La Motte jusqu'à Draguignan, à peu près au même endroit où se trouve ce qu'on appelle encore le vieux chemin de la Motte. Vers le milieu du siècle dernier, on découvrit une pierre milliaire en face de la terre de Valbourgès ; en octobre 1834, j'en ai reconnu une moi-même près de la chapelle Notre-Dame de Vallauris, trouvée depuis peu dans la terre ; elle est en granit foncé, et porte une inscription assez dégradée pour en rendre la traduction difficile. 

undefined
A ce même quartier, on a découvert à différentes époques, plusieurs pièces d'antiquité qui n'étaient pas sans intérêt. J'y ai reconnu plusieurs tombeaux en briques, des lacrymatoires*, des lampes sépulcrales, des amphores en verre bleu, un dessus de tombeau en calcaire, ayant aux deux angles de devant une tête d'enfant, et sur la face la figure d'un animal fabuleux. Dans ces différents tombeaux, il y avait des médailles à l'effigie de Trajan ; et ailleurs d'autres médailles à l'effigie de César-Auguste, d'Agrippa, de Germanicus, de Maxime et d'autres indéchiffrables. On y voit encore plusieurs pierres de granit qui ont dû appartenir à un édifice romain ; quatre sont rondes comme le fût d'une colonne. En ce même endroit, il y a dans la terre cinq bassins en amphithéâtre, élevés en gradins chacun de neuf pouces en sus de celui qui vient après. Ils donnaient de l'eau à un plus grand bassin ; ils sont tous en mastic très solide et bien conservé. Il paraît que la petite source qui vient grossir le ruisseau en-dessous de la chapelle alimentait ces bassins ; mais qu'une révolution ou une obstruction dans le canal lui a fait changer son cours. Dans le grand bassin, j'y ai trouvé des écailles d'huîtres de l'Océan, preuve incontestable que près de là se trouvait une belle villa ou maison de campagne, appartenant à une famille romaine très opulente.
En février 1833, on a trouvé au quartier du Gabre plusieurs médailles en bronze, dont les mieux conservées sont, une d'Adrien, une d'Agrippa et une de Julia Marsa Augusta ; elles étaient près d'une belle urne cinéraire intacte, renfermée dans un vase de grès avec son couvercle.

Notes de Nadine :

- Plusieurs des vestiges cités, notamment la borne milliaire se trouvent aujourd'hui conservés au musée municipal de Draguignan. Je vous conseille vivement d'aller visiter ce musée qui rassemble des collections très intéressantes. Voir ce lien :
http://www.gralon.net/tourisme/musee-musee-municipal-228.htm
- La voie romaine qui allait de Fréjus à Riez était la voie aurélienne. Elle fut construite en 242 avant J.C par les Romains. Elle pénétrait dans les Gaules par le littoral méditerranéen, passait au Muy, puis un embranchement partait vers Riez, traversait le territoire de Draguignan par le chemin actuel de Montferrat et le quartier de la Clape(clape = clapier = amas de pierres).
- La chapelle Notre-Dame de Vallauris existe toujours. Elle se trouve dans une propriété privée. On la voit de la route à travers les arbres quand on est au quartier de Vallauris. Elle est face à la route qui vient de Trans à l'intersection au-dessus dans la colline.
- * Lacrymatoire :
 Petit vase de terre cuite ou de verre, déposé dans la plupart des tombeaux, et qui, selon toute apparence, contenait les huiles odorantes dont ont parfumait le bûcher avant de l'allumer. On a cru longtemps que des lacrymatoires servaient à recueillir les larmes répandues aux funérailles des morts.

 

Partager cet article
Repost0
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 00:00

 

Trans-Desciption

 

Trans1

   Trans2

 

Trans3-copie-1.jpg

 

 Je vous propose une description de mon village : Trans-en-Provence, dans le beau département du Var. Pour mieux lire les textes, il vous suffit de cliquer sur les photos pour les agrandir, vous pouvez même les enregistrer. La description a été faite par Claude-François Achard, auteur du Dictionnaire de la Provence et du Comtat Venaissin. A l'époque où ce dictionnaire est paru (1788), les "s" étaient remplacés par des "f" en imprimerie, c'est la seule difficulté de la lecture. J'ai réalisé les photographies de ces pages aux Archives départementales du Var à Draguignan où j'ai l'habitude de me rendre depuis quelques 24 ans que j'ai entrepris de faire ma généalogie. Je vous précise puisque c'est le titre de cet article que Trans a pris le nom de Trans-en-Provence en 1920 pour le distinguer des autres Trans qui existent en France.

 

Trans-Place-de-la-mairie.jpg

 

Partager cet article
Repost0