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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 00:00

 

Je vous informe que je ne vais plus rien publier sur ce blog. En effet, je voulais que l'adresse de mon blog porte le nom de mon village. C'est désormais chose faite. Il s'appelle "Trans en Provence, au fil de la Nartuby" et l'adresse pour vous y rendre est la suivante : http://www.transenprovence.info/  

Mémorisez-la dans vos favoris, inscrivez-vous à la newsletter. Vous découvrirez un nouveau fond de blog, une nouvelle présentation avec un carrousel des articles en haut de page, de nouvelles cartes postales et de nouveaux articles.




   

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 21:29

 

Puits-aerien.jpg

   

Le puits aérien (carte postale - collection personnelle de Nadine)

 

Avez-vous déjà entendu parler du puits aérien de Trans en Provence ?
Le constructeur de cet ouvrage, un ingénieur belge, Monsieur Achille Knapen est venu à Trans vers la fin de sa vie professionnelle. Né à Mons en Belgique le 29 septembre 1860, il s'est éteint à Trans le 26 juillet 1941. Il est enterré dans le cimetière de la commune. Lauréat de la Société des Ingénieurs civils de France, Chevalier de la légion d'Honneur, Monsieur Achille Knapen est connu dans notre village pour avoir bâti une construction unique en Europe : le puits aérien.
Il a fallu un an et demi pour construire ce puits dont la vocation était la récupération de l'humidité atmosphérique pour fournir de l'eau potable aux contrées dépourvues de sources naturelles.
C'est lors d'un "Congrès de l'eau" tenu à Alger, en janvier 1928, qu'Achille Knapen, avait fait mention pour la première fois de son projet. Ce congrès avait fait ressortir l'importance du problème de l'eau en signalant les pertes immenses que la pénurie occasionnait périodiquement pendant les années sèches aux cheptels et aux populations.
A l'issue de ce congrès, les membres avaient donné leur feu vert à l'idée de Monsieur Knapen. Un sité algérien sur les hauts plateaux près de Chelala avait même été envisagé pour mettre cette idée à exécution. La configuration des lieux avait été jugée intéressante par rapport à la topographie. L'idée fit quelques temps son chemin mais il semble que des considérations autres que techniques ont entravé ce projet et n'ont pas permis de le mener à son terme. Monsieur Kanpen qui était d'un caractère obstiné, ne se laissa pas abattre pour autant.
   

Puits-aerien-copie-1.jpg

 

Carte postale des années 60 - collection personnelle de Nadine

Il lui fallait absolument trouver un lieu pouvant se rapprocher climatiquement des pays chauds et il le trouva à Trans. Les travaux de mise en état furent terminés fin mai 1930. Le 14 juillet, la construction de la masse centrale, en béton de grenailles, de porphyre et de mortier de ciment était achevée, contenant le puits d'un mètre de diamètre ménagé au niveau du sol jusqu'à 9 mètres de hauteur. Le 14 juillet 1931, la calotte massive de 4 mètres d'épaisseur recouvrant les voûtes et les entrées d'air supérieures, était achevée à son tour.

Trans-Puits-aerien-interieur.jpg
 

    Les ardoises les plus hautes sont encore en place, les autres ont été cassées
(Photo internet)

Quelques jours après, on fichait 3000 ardoises obliques et de champ sur les parois de la masse centrale revêtue d'un enduit au mortier maigre de 30 millimètres d'épaisseur.
Dans le haut, un tuyau métallique traverse l'enveloppe de béton pour déboucher à l'extérieur et la dépasser de 50 centimètres afin de demeurer par son orifice supérieur, en contact permanent avec l'air libre.
Les travaux de construction du puits aérien ont bénéficié de la présence à Trans de nombreux immigrés italiens qui, pour une bonne partie d'entre eux, ont quitté leur pays entre 1922 et 1923. Ces italiens avaient une réputation de bâtisseurs. Ils étaient pour la plupart des salariés des établissements Fournial. Dans la liste de ces participants à cette construction on trouve les noms de Chiambrino père et fils, Minazzo, Garro, Ferrero, Gerbino, etc...
Précision : le dôme extérieur est constitué de pierres calcaires assemblées par du ciment gris. Ces pierres sont abondantes sur le terroir de Trans notamment au quartier de "Terre blanche". C'est là que des carrières situées à environ deux kilomèetres du puits ont été ouvertes. Le transport était assuré par la famille Gerbino qui disposait de plusieurs chevaux de trait ainsi que du matériel de transport, les fameux "tombereaux", qui sont des sortes de charrettes basculantes destinées à transporter des matériaux en vrac et dont les côtés sont pleins et en forme d'auge. La capacité de ceux-ci, 2 mètres cube, était importante pour l'époque. Il était nécessaire d'atteler deux forts chevaux ensemble car les chemins étaient sinueux et en plus mauvais état qu'aujourd'hui. De plus, le poids des attelages formait en permanence des ornières, ce qui était encore plus difficile... Une fois transportées sur place, les roches étaient entassées non loin de là. L'un des équipiers de ces "muratori" (maçons en italien) surnommé "Baffi" (moustaches) passait ses journées à façonner les belles pierres, celles qui resteraient apparentes. Elles étaient ensuite amenées sur place parmi les éclats de la taille et servaient de remplissage de l'épaisseur des murs qui atteignait deux mètres cinquante.
   

Puits-aerien-et-villa-Knappen.jpg

 

Le puits aérien et la villa Knapen

Hélas, le puits aérien de Trans ne tint pas ses promesses. En cherchant un climat approchant de l'Afrique, Monsieur Knapen avait songé à des températures variant la nuit de 4° en dessous de zéro à 11°. Il était loin du compte à Trans où pendant les mois d'été, les différences ne sont que de quelques dégrés. Il ne récolta donc que la valeur d'un seau dans les meilleures nuits. Le projet extrêmement valable pour la terre africaine ne connut aucune suite et c'est dommage car aujourd'hui la sècheresse y pose d'angoissants problèmes.
   

Puits-aerien-coupe.jpg

    Coupe schématique du puits aérien (document extrait de la brochure du Syndicat d'Initiative de Trans en Provence).

(1) le haut de la cloche avec le tuyau métallique qui prend l'air à l'extérieur
(2) Cinq rangées d'ouvertures supérieures
(3) Deux rangées d'ouvertures inférieures
(4) Assise de l'ouvrage et citerne de stockage de l'eau

Sources : D'après le panneau explicatif de l'Office de tourisme situé près du puits aérien et le livre de Max Lambert (un transian) - Le puits aérien de Trans en Provence Editions Campanile 2002.

Trans-Puits-aerien.jpg
    
Si vous passez par Trans, n'oubliez pas d'aller voir le puits aérien.
Pour en savoir plus, je vous conseille ce lien :

http://www.histoire-eau-hyeres.fr/612-puits_aerien.html

Plan-Puits-aerien.jpg

 

   

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:00

Caricature-des-3-ordres-1789.jpg

Quel étaient les rapports que les trois ordres entretenaient à la veille de la Révolution ? La discussion qui suit en donne une idée. Il s'agit de la correspondance entre le seigneur et le prieur curé de Trans au sujet d'un travail à faire pour rendre les débordements de la rivière moins catastrophiques. Les deux interlocuteurs font assaut de politesse, de prévenances et de manifestations de cordialité. Leurs lettres sont on ne peut plus évocatrices de la vie au XVIIIème siècle.  

Mémoire adressé par le seigneur

"Le prieur-curé de la paroisse de Trans possède un petit pré sec le long de la rivière, vis-à-vis les terres du Gabre appartenantes au seigneur marquis de Trans. Depuis quelques années, les fréquents débordements de la Nartuby ont changé son lit dans cette partie ; ils ont entamé la terre du Gabre, de sorte qu'elles sont diminuées au moins d'une journée de labour (Note : une journée de labour désigne une étendue de terre qu'il faut une journée pour labourer). Le seigneur marquis a fait des réparations défensives en 1788 pour forcer la rivière de tirer en ligne droite et pour regagner le terrain qu'il a perdu ; mais tous ces ouvrages ont été emportés, et le dommage a été encore augmenté parce que le pré du sieur prieur forme un angle aigu et par conséquent offensif ; il repousse l'effort des eaux sur les terres du Gabre qui sont plus basses. Enfin en 1787, le seigneur marquis a resséré la rivière et a dirigé les réparations de manière à la forcer de parcourir une ligne droite, ce qui a commencé à produire son effet ; mais comme l'angle du pré du sieur prieur pourrait être endommagé et que le seigneur marquis n'a pas l'intention de lui porter préjudice, il lui propose de lui vendre à l'estime une partie de ce pré pour la couper et tracer à la rivière un nouveau lit en ligne droite, ce qui sera non seulement utile au seigneur, mais encore à tous les propriétaires riverains qui sont au dessous du sieur prieur."

Réponse du prieur-curé

Tout arrangement qui sera utile à Monsieur le marquis sera toujours agréable au prieur, curé de la paroisse de Trans, si le coupement désiré ne doit pas trop préjudicier à un fond dont le prieur n'est que l'usufruitier, il sera bientôt consenti à la seule condition qu'il sera gratuit et, par conséquent, sans estimation quelconque. Si la rivière trouve un angle aigu, ce n'est pas la faute du prieur qui n'a jamais fait d'ouvrage dans son terrain. Bien plus, il peut avancer que la rivière se serait alignée si Monsieur Bernard ne s'était pas permis, il y a quelques années, de faire, dans le pré du prieuré, un coupement qui a donné, aux terres du Gabre, l'addition considérable d'un fond qui était alors en valeur et que le prieur aurait pu réclamer ; mais, insensible à son intérêt personnel, il aima mieux se taire que d'exposer une famille à des peines et à des dommages-intérêts. Le prieur s'est réservé dans son bail, qui doit commencer en 1790, la faculté d'aliéner les terres annexées à son bénéfice, en remplissant les formalités requises qui, dans le système du temps présent, ne sont ni difficiles, ni coûteuses. Si Monsieur le marquis pouvait avoir envie d'acquérir ce pré sous une pension stipulée, parce que le prieur se fait une délicatesse d'en recevoir le prix, et que peut-être il ne le pourrait pas légalement, il se fera un plaisir de le favoriser et de le satisfaire.

Note du marquis

Monsieur le marquis de Trans n'aurait pas l'indiscrétion de demander à Monsieur le prieur le coupement de son pré, s'il devait le détériorer ; il ne s'agit que d'un angle le long de la rivière, lequel, étant coupé, donnera un cours libre et direct aux eaux et évitera beaucoup de dommanges.

 

Source : D'après Les Archives de Trans en Provence - N°61 - Juin 1937.

 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 00:16

L'avenue de la Gare

 

Vue sur la Nartuby du Pont Bertrand

 

La Nartuby

 

L'acte dont je vous livre la teneur ci-après concerne l'édification de la maison située au 12 avenue de la Gare. Elle abrite actuellement la pharmacie des Cascades.  

*****************************

Par acte en date du 10 mai 1782 passé par devant maître Garcin notaire à Trans, Louis Henry de Villeneneuve, marquis de Trans, transporte et aliène par bail emphitéotique à Claude Roquemaure, charpentier du lieu, "une contenance de terrain de son domaine situé au-dessous du chemin de Draguignan, près de la porte de ce lieu dite de St Roch, appuyant du côté du couchant sur le mur qui soutient la descente de l'abreuvoir et tirant au levant. La longueur de 28 pans, vers la fabrique à soie du Sieur Bellon, et en largeur de 30 pans visant du côté de la rivière et ayant la même largeur que ci dessus aux façades du levant et du couchant, de sorte que le dit emplacement et le bâtiment qui y sera construit dessus aura 28 pans en longueur du couchant au levant et 30 pans en longueur du midi au nord. La muraille de façade visant au midi sera construite à quatre pans de distance du mur qui soutient le chemin et laissera en entier le canal qui donne l'eau à la fabrique du Sieur Bellon, pour y construire par le dit Roquemaure, une scie à eau et des appartements par dessus, pour s'y loger, et ce dans l'espace d'une année à compter du jour et date du présent... Lui donne à même titre la quantité de 30 cannes de terrain à prendre le long du rivage de la même rivière et jusques en delà de la chapelle de St Roch, pour y pratiquer un fossé ou canal de 4 pans de large sur la longueur de 60 cannes, pour la conduite de l'eau que ledit Sieur de Villeneuve lui permet de prendre, dériver et tirer de la rivière pour la faire conduire dans la dite scie à eau, et le tout sans préjudice du canal, moulin à soie et fabrique du Sieur Bellon... Lequel bail est donné au dit Roquemaure moyennant une poule pour une fois tant seulement... et par dessus le Sieur Villeneuve impose un nouveau bail... une cense annuelle et perpétuelle de 9 livres... Les pierres et tufs qui se trouvent à l'emplacement transporté au dit Roquemaure lui appartiendront, se réservant le dit Sieur Villeneuve le droit de faire construire tels édifices qu'il lui plaira, et de les appuyer sur la muraille du levant de la maison à construire, sans aucune indemnité... A charge par le Sieur Roquemaure de faire encadastrer le terrain donné à bail et le terrain du canal pour la quantité de 42 cannes. Fait et publié à Trans, en présence du Sieur Maurice Giraud, ancien chirurgien major au régiment de Brie, résidant à Trans, et du Sieur François Blanc, chirurgien du lieu".

 

Notes

 

1/ Le bail à emphitéose impliquait, en outre du prix payé (en l'espèce, une poule) et des censes annuelles, la perception, au moment des ventes successives de l'immeuble, d'un droit de lods (13ème partie du prix de vente indiqué dans les actes) en faveur du seigneur, qui avait aussi le droit de se substituer à l'acheteur en payant le prix porté sur l'acte et les frais de cet acte. Cette possibilité de reprise qu'on appelait le "retrait féodal", avait pour le seigneur un double avantage : elle rendait péricliteuses les dissimulations d'une partie du prix de la vente qu'on aurait commises pour avoir à payer un droit de lods moins élevé, et elle permettait au seigneur de reprendre l'immeuble lorsqu'il changeait de mains par acte de vente. Le retrait féodal était analogue, en ce qui concerne les immeubles, à la faculté que ses ont réservées certaines douanes, notamment la douane belge, d'excercer un droit de préemption, c'est-à-dire de reprise en payant le montant de la valeur déclarée.

 

2/ Au moment de la création du système métrique, la concordance entre les anciennes et les nouvelles mesures avait été officiellement établie comme suit : canne soit 1 m 98964 ; pan (1/8 de canne) soit 0 m 24870.

3/ Les droits du seigneur et de la commune en ce qui concerne les eaux de la Nartuby ont toujours donné lieu à discussion. Il est probable que la commune avait, à la veille de la Révolution, la pensée de faire mettre au point la question en engageant un nouveau procès.

4/ Le prix d'un poule est insignifiant. C'est uniquement un signe matériel de paiement. Le seigneur agissait ici en vue du bien du pays, dont il avait intérêt à développer l'industrie.

5/ Les pierres et tufs qui se trouvaient au-dessous du chemin, provenaient de la mémolition de la porte de St Roch, qui avait eut lieu quelques années auparavant.

6/ A noter que la surface de 42 cannes est inférieure à la surface totale cédée qui est de 43 cannes 1/8 (emplacement de la maison et emplacement du canal).

Source : Les archives de Trans en Provence N°24 - juillet 1932.

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Compléments  

Bail à emphytéose : Le bail emphytéotique ou emphytéose est un bail immobilier de très longue durée, le plus souvent 99 ans qui confère au preneur un droit réel sur la chose donnée à bail, à charge pour lui d’améliorer le fonds et de payer un loyer modique, les améliorations bénéficiant au bailleur en fin de bail sans que ce dernier ait à indemniser l’emphytéote. La situation des parties, dans un bail emphytéotique, est assez particulière puisque le locataire se voit reconnaître un véritable droit réel sur le bien qui lui est donné à bail.  

Droit de lods : Au Moyen Âge, les lods et ventes – aussi appelés dans certaines provinces ventes et issues, ventes et gants, ventes et honneurs, et treizième en Normandie –, étaient un droit casuel consistant en des taxes seigneuriales prélevées à chaque fois qu'une terre censive était vendue.


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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 00:00
  Vue générale annees 20
En comptant plus ou moins 5 personnes par foyer, la population totale était au XVème siècle de 160 à 200 habitants. A la fin de ce siècle, on peut se rendre compte de la topographie de l’agglomération et des transformations qui se sont opérées. Le village primitif, composé d'une cinquantaine de maisons, existe toujours enclos dans ses remparts tout à côté du château. Ce château que le seigneur de Villeneuve a fait transformer en forteresse entre 1303 et 1350 comporte une entrée princiaple appelée le Grand Portail qui donne sur le Bachas. Cette entrée est précédée d'un pont-levis qui franchit le fossé. Le terme de "bachas" en provençal signifie fossé.
Ce premier village situé à côté du château est regroupé sur le terrain qui forme actuellement le jardin de Barbecane. On l’appelle alors Denfré mais aussi la "vieille ville" par opposition à la bourgade qui s’est constituée depuis longtemps déjà en dehors des murailles. Ce terme de Denfré est dérivé du latin "infra" qui signifie "dedans" ou encore "à l’intérieur de". Denfré sera détruit en 1592 peu après le château seigneurial lui-même (voir plus loin dans mon récit). Avec le temps, le souvenir de cette vieille ville de Denfré se perdra et on en viendra même à oublier son emplacement.
 
Trans
 
 Au cours des âges, les disettes, les guerres civiles et plus encore, les épidémies, avaient dévasté la Provence. Partout, la population avait diminué dans des proportions effrayantes. A Trans, alors qu’on dénombrait 68 chefs de famille en 1283, on n’en comptait plus que 53 en 1366. En 1471, un affouagement général (c’est-à-dire un dénombrement des feux ou foyers en vue de la perception de l’impôt) fut fait avec méthode et minutie, cet affouagement faisait état de 40 foyers. Cette nouvelle bourgade qui s’est constituée ainsi est l’embryon du village moderne. Elle s’étend le long de la grand route qui devient son artère principale sous le nom de rue Droite (carriera drecha) mentionnée pour la première fois en 1426. C’est l’actuelle rue Nationale. L’église paroissiale existe déjà sur son emplacement actuel, le cimetière s’étend tout autour de l’église. Il sera procédé à son transfert en 1767. En effet, depuis longtemps les villageois se plaignent du fait que le cimetière est un foyer d’infection et que les chiens y divaguent. L’emplacement délaissé par le cimetière permettra d'agrandir l'église en créant une seconde nef.

Mais ceci est une autre histoire, revenons au siècle qui nous intéresse.

 

La façade latérale de l'église dédiée à saint Victor     

 

L'ancienne maison commune de Trans, s'installe à la fin du XVe siècle dans la maison située face au mur nord de l'église paroissiale, dans la rue du Saint Esprit et prend naturellement le nom de Maison du Saint Esprit. Cette rue du Saint Esprit ne s'étendait pas au-delà de la place située derrière l'église et présentait en son commencement, sur le devant de l'église, un avancement d'alignement qui en rendait l'accès difficile. De nos jours cette maison porte le numéro 5 de la rue de la Motte.

La place de l’Eglise devient le centre du village et l’agglomération se développe au début du XVIe siècle, le long de la rue Droite. D’une part jusqu’à la place du Postel (actuellement place de l’Hôtel de ville) qui était beaucoup plus petite à l’époque puisque occupée en partie par la terrasse du château seigneurial qui sera détruit en 1579 pendant les guerres de religion, et au pont (le Pont Vieux ou Pont de St Roch) qui est alors le seul pont de Trans qui existe, et d’autre part, en direction du quartier de Notre Dame, dont le nom date de cette époque. En effet, de ce côté et alors en pleine campagne, Honorade de Baschi l’épouse du seigneur de Trans de la famille de Villeneuve fait construire en 1495 la chapelle de Notre Dame de Pitié qu’on appellera aussi Notre Dame de l’Aire parce que située tout à côté de l’aire de battage du blé.

Plus tard, dans le courant du XVIe siècle, le village est fermé par deux portes destinées principalement à interdire son accès dans les cas très fréquents d’épidémies de peste. Ces portes appelées l’une Portail du Pont et l’autre Portail de Notre Dame sont situées aux deux extrémités de la rue Droite. C’est proche du Portail du Pont que se trouve l’Hôtel Dieu (Hospital Saint Jacques) qui est destiné à accueillir les malades, les pauvres passants et les voyageurs (lire mon article sur ce sujet ICI).

 

       En résumé, on peut dire que dès la fin du XVe siècle, Trans a ébauché quelques-unes des grandes lignes de sa physionomie actuelle et que cette fin de siècle laisse espérer des conditions de vie moins misérables en Provence.      

Parmi les éléments qui vont par la suite apporter une certaine prospérité au village, il faut placer dans les premiers rangs l’introduction et le développement de la culture de l’olivier. C’est probablement au cours de ce même siècle que cette culture fait son apparition dans le terroir. La seule précision que l’on puisse donner à ce sujet réside dans le fait que le seigneur possède alors à Trans un moulin à huile.

Cette culture de l’olivier, alors à ses débuts, est destinée à devenir, dans les siècles qui vont suivre, la principale culture du terroir de Trans et à assurer la prospérité du village à partir du XVIIIème siècle.     

 

Source : D'après les recherches de Maître Guillaume Barles ainsi que mes propres recherches.

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 19:32

 

Le contrat passé le 12 novembre 1773 par devant maître Garcin notaire à Trans, entre le marquis Louis Henri de Villeneuve et Joseph Garcin dit Perlon son jardinier règle les travaux que ce dernier devait effectuer dans le parc seigneurial. Le marquis de Villeneuve était colonel du régiment Royal-Roussillonet il envisageait de quitter ses fonctions pour venir se fixer définitivement à Trans.

Ce contrat a été fait pour deux années du 1er janvier 1774 au 31 décembre 1776 moyennant la somme de 400 livres par an payables en douze mensualités en fin de mois. L'acte a été dressé en présence d'Honoré Muraire, procureur au siège de la ville de Draguignan et du Pierre André Ferry, bourgeois de Trans. Les travaux que le jardinier s'engage à effectuer sont énumérés ci-après. Cette énumération fournit de précieux renseignements sur la disposition du parc, surtout si on se rapporte au plan que le marquis a dressé lui-même de ce parc en 1780 (voir mon article précédent).

L'acte qui se situe six mois avant la démission du colonel de Villeneuve est intitulé sur la minute : "Prix-fait des travaux nécessaires pour la culture des jardins et de tout ce qui est contenu dans le parc. Contrat entre le Marquis de Trans et Joseph Garcin dit Perlon".

 

Jardinier.jpg

 

Travaux du jardinier

 

1) Bêcher trois fois par an les marronniers qui forment les deux allées en fer à cheval et avoir attention que la culture soit de la largeur du terrain qui est entre le pré d'un côté et l'allée de l'autre, à l'exception d'un rebord d'un pan seulement du côté de chaque allée, qui sera laissé sans culture afin que le glacis de ce côté là ne soit pas endommagé. Il coupera seulement les mauvaises herbes le long de cette bordure. Ces trois oeuvres se donneront à la terre en avril, en juillet et en septembre.

2) Bêcher trois fois par an, aux mêmes termes, les autres marronniers qui sont dans le labyrinthe de pourrette de mûriers, de même que les tilleuls qui s'y trouvent, la culture desquels doit être de huit pans en carré.

3) Bêcher trois fois par an, aux mêmes termes, les tilleuls qui sont autour de l'avant-cour et ceux qui forment l'allée du milieu, en observant de donner la culture à toute la plate-bande où les arbres se trouvent, qui doit être de six pans de largeur et par ce moyen, la haie de myrthes, d'olivastres ou de pourrette qui forme cette plate-bande sera cultivée.

4) Bêcher trois fois par an, aux mêmes termes, les autres tilleuls, oliviers, ormeaux, figuiers, qui sont le long de la tèse et tous les arbres fruitiers à plein vent qui sont dans le verger.

5) Cultiver quatre fois par an, en mars, mai, juillet et septembre, les haies de pourrette de myrthe, d'arbousier, d'olivastre, de noisetier, de cognassier, de grenadier, de houx ou de toute autre espèce d'arbustes et le triangle qui se trouve complanté en arbrisseaux, ainsi que la partie qui est le long de la muraille et celle qui est le long des peupliers du ruisseau, où il y a une pépinière de marronniers et de tilleuls.

6) Cultiver la tèse seulement trois fois par an, en avril, juillet et septembre. Bêcher trois fois par an, aux mêmes termes, le long du bâtiment de la machine, ceux qui seront plantés de l'autre côté et ceux qui bordent le ruisseau le long des jardins du village.

7) Cultiver trois fois par an, en mars, mai et juillet, tout le terrain de la vigne nouvellement plantée et de celle qui doit être plantée à la suite. Entretenir un échalas de cade au pied de chaque souche qui y sera attachée avec du jonc vers le mois de mai ou de juin, lorsque la vigne montera assez pour arriver au bout de l'échalas et couper tout ce qui sera plus haut. Avoir soin de repasser vers le mois de juillet pour attacher ce qui en aura besoin et retrancher ce qui sera plus haut que l'échalas.

8) Cultiver quatre fois par an aux termes convenables une planche de framboisiers qui est derrière le potager et près de la tèse. Cultiver, en mars, mai, juillet et septembre, les arbres fruitiers qui se trouvent le long de la muraille qu'on doit construire au dessus de la nouvelle vigne des muscats.

9) Entretenir les traverses qui forment une barricade du côté des jardins du village le long des peupliers, avoir la plus grande attention de réparer le moindre dommage qu'il y aura afin que le passage soit partout condamné et bien entendu, le tout sera mis auparavant en bon état.

10) Cultiver quatre fois par an, en mars, mai, juillet et septembre, la haie de rosiers qui fait la bordure du pré de l'Amour, de même que les rosiers et lauriers-thyms qui sont en cercle autour du piédestal de la figure (statue), en ayant soin de faire la culture d'un pan et demi seulement de largeur et d'entretenir la glacis qui est tout autour du côté du chemin et d'attacher les rosiers aux treillages qui seront posés.

11) Faucher les grandes allées deux fois pendant l'été pour détruire les herbes (ces herbes appartiendront à Joseph Garcin).

12) Arracher les herbes qui se trouvent sur le pavé de la cour du château et sur la bande de pavé qui est tout le long du bâtiment à la façade du couchant, à commencer le 15 avril et ensuite une fois par mois jusqu'à septembre inclus.

13) Entretenir très proprement, en ayant soin de couper les herbes et de nettoyer le tout aussi souvent qu'il sera nécessaire, les allées de marronniers en fer à cheval, la contre allée de marronniers le long du labyrinthe des pourrettes, celle qui mène du parterre au réservoir du jet d'eau, la grande terrasse, l'avant-cour du château et l'allée du milieu qui répond à la grille jusqu'au rond compris.

14) Entortiller les chèvrefeuilles qui sont au pied des arbres au tronc des dits arbres, à mesure qu'ils croîtront, les y attacher avec de la corde de jonc pour les soutenir où ils seront placés.

15) Tenir les chemins en dos d'âne sur le milieu, tels qu'ils sont actuellement, conserver bien exactement les rigoles qui sont le long des chemins pour l'écoulement de l'eau et entretenir les glacis partout où il y en a.

16) Arroser le pré qui est entre les deux allées de marronniers toutes les fois qu'il en aura besoin, avoir soin de bien arroser les glacis, de même arroser le pré de l'Amour et tout le terrain complanté de pourrettes en labyrinthe, toutes les fois qu'il en sera besoin.

17) Arroser le grand pré du verger et celui qui est de l'autre côté de la tèse, toutes les fois qu'il en aura besoin et en même temps arroserla planche de framboisiers qui est derrière le potager.

18) Arroser une fois pendant l'été tous les arbustes qui sont plantés dans le triangle et ceux qui sont dans l'autre partie, le long de la muraille, en mettant une cruche d'eau au pied de chaque arbuste.

19) Arroser les haies de pourrettes, de lauriers-thyms ou autres, de quelques espèces qu'elles soient, de quinze en quinze jour, depuis le mois de mai inclus jusqu'à celui de septembre aussi inclus.

20) Arroser les glacis de la terrasse quatre fois pendant l'été, en mai, juin, juillet et août, se servir des arrosoirs pour faire couler doucement l'eau depuis le haut jusque en bas, comme cela s'est déjà pratiqué.

21) Arroser à la mi-juillet tous les oliviers qui sont plantés sur la montagne, en mettant au pied de chacun d'eux, deux cornues pleines d'eau, arroser également à la mi-juillet et avec deux cornues pleines d'eau, chaque arbre planté de la dernière saison ou qui n'aura encore que deux ans, et ceux qui, commençant à jaunir, annonceront qu'ils ont besoin d'être arrosés.

22) Faire entrer l'eau dans la tèse de quinze en quinze jours depuis le mois de mai inclus jusqu'à celui de septembre aussi inclus.

23) En arrosant les haies de pourrettes ou autres arbustes qui bordent les glacis des allées, avoir soin de faire couler l'eau doucement tout le long et d'empêcher qu'elle les dégrade, arracher les mauvaises herbes le long de ces glacis et de celui de la terrasse, afin que la fromentane puisse bien réussir et faucher l'herbe trois fois pendant l'été.

24) Arroser, avec l'arrosoir, le banc du gazon du parterre une fois en mai, juin, juillet, août et septembre, en observant qu'il faut passer plusieurs fois au même endroit pour que l'eau pénètre dans le milieu du gazon et couper l'herbe trois ou quatre fois pendant l'été, afin qu'elle soit unie et bien fournie.

25) Pour ce qui est du parterre, cultiver les plates-bandes au mois de février, semer les pois de couleur aux places ordinaires, mettre de la terre bien préparée dans une ou deux caisses pour y semer des fleurs printanières, à la fin de mars, mettre les fleurs en place et donner une culture aux plates-bandes. Au mois d'avril, mettre des cannes tout autour des rosiers, oeillets et autres fleurs qui auront besoin d'être soutenues. A la fin d'avril, semer dans une plate-bande les fleurs de l'automne : reines marguerites en grande quantité, oeillets d'Inde, balsamines, après avoir donné une culture aux plates-bandes. A la fin de juin, mettre les fleurs en place, après une légère culture aux plates-bandes. Tailler les rosiers lorsqu'ils auront fini de donner des fleurs. Arroser tous les jours les fleurs des plates-bandes, un peu avant le soleil couché, depuis le 1er mai jusqu'au 1er septembre, puis en septembre et octobre, il suffira d'arroser deux fois par semaine. Faire entrer l'eau dans le parterre pour l'arroser en entier, à la fin de juin, juillet et août. Arroser les quatre carrés avec l'arrosoir deux fois par semaine, du 1er mai au 1er octobre, une fois par semaine en septembre et octobre. Cultiver et arroser souvent les myrthes et lauriers-thyms qui sont dans les vases. Et finalement, remplacer dans la saison convenable les arbustes qui auront manqué, ces arbustes seront fournis par le seigneur Marquis.

  

Source : Les Archives de Trans en Provence N°40 Jean Barles

 

Quelques explications

 

Fromentane : Dans le dictionnaire provençal, j'ai trouvé : Froumentalo : avoine élevée. Froumentau : qui produit du froment, qui a rapport au froment ou qui y ressemble. Terre à blé, sorte de poire.

Glacis : Talus, pente douce et unie.

Parterre : Partie du jardin ornée de plantes, herbes et arbustes, principalement dans un but esthétique et ornemental.

Montagne : Vraisemblablement la colline qui montait vers l'Ermitage.

Olivastre : Olivier sauvage.

Pan : Unité de mesure ancienne.

 Pourrette : Jeune plan de mûrier. Jeunes plants d'arbres de pépinière.
Tèse : Grande allée gazonnée mais aussi : espace planté de rangées de buissons et pourvu de filets qui permettait autrefois de chasser les petits oiseaux ainsi pris au piège ; ce loisir était souvent pratiqué par les dames dans les grandes propriétés. 

Fauvette

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 19:30

 

Plan du parc du château 1

 

Plan du parc du château 2

 

Cet article sera en deux parties. Je vais tout d'abord vous expliquer le plan ci-dessus. Puis, dans un autre article qui suivra je vous parlerai du contrat passé entre Louis Henry de Villeneuve marquis de Trans et son jardinier, Joseph Garcin dit Perlon pour l'entretien du parc de son château. Le marquis Louis Henry de Villeneuve était colonel du régiment Royal-Roussillon et il envisageait de quitter ses fonctions pour venir se fixer définitivement à Trans. Il avait fait construire vers 1750 un château dont il avait établi lui-même le plan du parc.

 

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La place du Château (Photo Nadine).

A gauche, sous la lanterne, vestige d'un montant du portail d'entrée

 

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 Le château vu du côté du parking (Photo Nadine)

 

(1) La Grande cour du château est l'actuelle place du Château, on entrait par le portail monumental dont il se subsiste plus qu'un des montants à gauche de l'entrée de la place. Les bâtiments autour de la place constituaient le corps du château, le porche en face  permettait de passer sur la terrasse (2). Au-delà du porche (rouvert lors de l'aménagement du parking) se trouve le grand parking aménagé il y a quelques années par la municipalité. La rue du Parterre était à l'époque le parterre, jardin fleuriste qui s'étendait devant la façade principale (3). Ce qui est dénommé l'Etoile (4) n'existe plus.

 

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  La traverse de l'Enclos (Photo Nadine)

 

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La traverse de l'Enclos (Photo Nadine)

 

La traverse de l'Enclos actuelle était comprise dans ce qui est appelé la terrasse. Le mur gauche qui la borde ne figure pas sur le plan. Etant donné que le château ainsi que son parc et ses dépendances avait été vendu comme bien national à la Révolution, de nombreux propriétaires et locataires se sont succédé dans ses bâtiments et des jardins privés ont été aménagés dans le parc, dans le potager, etc... Les jardins maraîchers qui bordent à droite la traverse de l'Enclos sont encoreexploités de nos jours (5). Vous voyez sur le plan les deux petites constructions pointues qui existent toujours d'ailleurs, devaient servir de cabanes de jardin pour abriter les graines, les outils, etc... La plus grosse à droite vers la rue (actuelle avenue de la Gare) était ce que l'on nomme la maison du Vacher (elle se trouve de nos jours au fond du jardin de la maison Barles au N°15 de l'avenue de la Gare). Le verger (6) était ce qui constitue actuellement le petit parking derrière la Poste et la Mairie, le jardin de la famille Perrimond, les maisons et jardins du côté gauche de ce petit parking et les terrains jusqu'à la rue de la Montée de la côte. La thèse (grande allée gazonnée) (7) longeait l'avenue de la Gare et le canal d'arrosage. La serre et le bassin en demi-lune (8) n'existent plus. Tout ce qui se trouvait à cet endroit sur le plan a été creusé et aménagé pour faire la route du Muy et à présent la double voie. Le Grand Rocher (9) devait sans doute être remarquable pour qu'il soit porté sur le plan. L'Ermitage (10) était une petite habitation. Il ne subsiste de nos jours qu'un pan de mur d'enceinte et quelques escaliers sur ce mur. (11) La Cascade, on voit que le canal alimentait cette cascade, c'est tout ce que je peux dire. (12) La Machine, d'après les explications sous le plan il est écrit qu'il faut entendre ce mot dans le sens de bâtiment machiné pour apparaître comme une construction du passé en réalité cette partie du château ne datait que de 1770. Ce mot de "machine" m'a toujours intriguée. Je ne sais pas au juste à quoi ce bâtiment était destiné. Toujours est-il qu'il comporte une tour ronde dans un de ses angles.

 

Source : D'après un article paru dans Les Archives de Trans-en-Provence N°40 - Jean Barles agrémenté de mes propres explications et déductions.

 

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Le bâtiment de la Machine avec en fond le clocher et son campanile (Photo Nadine)

 

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La Machine (Photo Nadine)

 

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La Machine et sa tour (Photo Nadine)

 

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Porte qui permettait de passer de la Grande cour vers le bâtiment de la Machine

(Photo Nadine)

 

 

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 01:10

 

Armand Douguet et sa femme

 

Armand Douguet et sa femme devant leur boucherie place de l'Eglise

 

Pour cet article je suis partie de l'idée de vous présenter l'Annuaire-Indicateur du Var. Il y en a toute une série à la Bibliothèque municipale à Draguignan ainsi qu'aux Archives départementales. J'ai en ma possession les photocopies des pages concernant Trans, de trois années : 1896, 1907 et 1949. Sur la couverture rouge, on lit : "Guide annuaire du département, administratif, commercial, industriel, agricole, historique, géographique, statistique et climatologique". Chacun de ces indicateurs de 1.200 pages est une sorte d'annuaire du département qui répertorie chaque commune du Var. J'ai choisi de copier ce qui est écrit pour l'année 1949 car j'ai jugé les autres trop anciens. A noter que je n'ai pas reproduit l'historique du village, celui-ci comportant des erreurs.

J'ai eu également l'idée de rendre visite avec ma mère, à une transiane : Hélène, née en 1920 pour l'interroger afin d'inclure ses propres souvenirs du plus loin qu'elle se rappellait pour les professions, à ceux de l'Indicateur, et je suis même allée jusque après les années 60. La conversation est allée bon train et toutes deux se remémoraient des anecdotes du bon vieux temps. Je participais en posant des questions car elles parlaient souvent de gens dont je n'avais jamais entendu parler et encore moins connu bien entendu. Pour elles, comme pour moi, cela a été un vrai régal !  

******************

Pour l'année 1949, l'Indicateur indique :

Trans-en-Provence

Canton de Draguignan

Arrondissement de Draguignan

Habitants : Les Transians

Armes : De gueules, fretté de six lances d'or, entresemé de petits écussons de même et sur le tout, en coeur, un écusson d'azur chargé d'un fleur de lys, d'or. Armes des de Villeneuve.

Autrefois : Transio, Trancio (en latin). En provençal : Tran.

Renseignements généraux : Population : 1.016 habitants. Electeurs : 610. Superficie : 1.699 hectares. Altitude : 148 mètres. Distances : de Paris : 966 km, de Draguignan : 5 km, de Toulon : 75 km, de Les Arcs : 5 km, de Le Muy : 8,5 km.

Autocars : de Draguignan à Toulon, de Draguignan à Les Arcs, de Draguignan à Le Luc, de Draguignan à Saint-Raphaël, de Draguignan à Saint-Tropez, de Draguignan à Bagnols-en Forêt.

Route Nationale 555 de Draguignan à Les Arcs et à la Nationale 7 (Paris-Nice). Route Nationale 557 de Trans à le Muy. Route Départementale 47 de Trans à La Motte et à Bagnols-en-Forêt.

Fête locale : Saint-Roch, dimanche après le 15 août.

Commerces, industries : Sont très importants. On trouve : scierie, moulins à huile, fabrique de bouchons, filature de soie, conserverie d'anchois. Usine hydraulique avec machinerie à vapeur de secours pour l'éclairage électrique de Trans.

Agriculture : Production vinicole moyenne : 6.000 hectolitres (dont 1.600 de Côtes de Provence).

La forêt communale la Darboussière : 125 hectares produit le chêne vert en abondance. Bestiaux, huile d'olive, soie naturelle, bois.

Administrations

Mairie : Téléphone, faire le 8.

Conseillers municipaux : 13.

Maire : Louis Cottereau

Premier adjoint : Joseph-Louis Béraud

Deuxième adjoint : Lucien Orgias

Conseillers : Joseph Garcin, Lucien Pontet, Louis Vincent, Achille Lambert, Jules Douguet, Joseph-Lucien Béraud, Alphonse Roux, Constantin Gerbino,Emile Caron, Marie-Jeanne Laugier.

Secrétaire de Mairie : Fernand Douguet

A partir de là, j'ai incorporé les renseignements donnés par Hélène du plus loin qu'elle se souvienne. Donc, ce n'est plus 1949 mais de le jeunesse d'Hélène jusqu'aux années 60 environ.

Appariteur : Louis Frayssinhes (Sergent de ville), Victor Bresc (concierge à la mairie), Moïse Gourrin puis sa femme. Marius Lerda.

Cantonnier communal : Honoré Félix, Pissot, Jauffret Arnéodo dit "le Goï", Paul Félix dit "Petit Paul", Joseph D'Agostino.

Chef de gare : Poggio

Curé : Joseph Dom, Jean Nicolas, Ernest Borel.

Garde-Champêtre : Coste, Rocher, Albert Perrimond.

PTT : Receveuse : Mme Malaval Hélène

Facteur des Postes : Gay, Marcel Taxil, Fabrègue, Roger Giordano.

Receveur buraliste : Jean-Baptiste Barberis puis sa femme, Mathieu Colombani

Ecoles communales : Garçons : Mr et Mme Louis Pellegrin (petite classe et grande classe), Mr Guigues, Mme Andrau (petite classe), Monsieur Autheman, Mr et Mme Lauly.

Filles : Mme Marie-Rose Bonasse (directrice), Mle Guichard, Mme Bauchière, Mle Maridor, Mme Gouati, Mme Viguié, Mme Avella, Mme Renucci, Mme Huguette Pellissier Mme Andrau (directrice).

Professions

Agent immobilier : Mr Saurin

Agriculteurs, propriétaires : Adrien Blanc, Calixte Garnier, Louis Giraud, Constantin Gerbino, Raymond Hugues, Camille Pisani, Joseph Raynaud, Emile Reynier, Jules Saurin

Bergers : Joseph Daumas

Bestiaux (éleveurs) : Joseph Daumas, Gaydon, Faure

Bois : Ottone, Louis Sciandra, Antoine et Etienne Brondello

Bouchers-Charcutiers : Armand Douguet, Victor Mingeaud, Gaston Bagarre

Bouchons (fabrique) : Lucien Pontet, Demuth-Vassas

Boulangers : Francis et Joseph Meinero, Gerbino, Montclar, Lafitau, Patalano

Cafés : des Cascades (Pontet, Lerda, Hermine...), du Commerce (Besombes), de la Gare (Gaston et Georges Chiapello), du Var (Colombet)

Cinéma : Dominique Pitone

Cochons (commerce) : Charles et Paul Fournial

Coiffeurs pour hommes : Jules Troin, Albert Giraud, Tibère Guzzone, Jeannot Bennati Constant Chiapello

Coiffeurs pour dames : Constant Chiapello

Conserves d'anchois : Pierre Fiorito (Conserveries provençales)

Cordonniers : Georges Balian, Clément Ferraris

Courtiers en huile : Jules Rambaud, Joseph Raynaud, Ernest Jugi

Epiciers : Mme Michel, Mle Marguerite Blanc, Mme Martin, Mme Marguerite (Guiguitte) Hugues, Mme Raymonde Pourchier, Mme Marie Blanc, les Coopérateurs du Midi, Casino (Mr et Mme Audibert, Mr et Mme Dumazer), Mme Anna Lovera, Mme Rose Lerda, Mr et Mme Corbière

Filature de soie : Garnier, Sirmakéchian, Vadon

Fruits et Primeurs : Bruno Gradassi, David Sciandra, Albert Garcin

Gazo-Bois : Edouard Demuth

Hôtels Restaurants : Hôtel-Restaurant du Commerce : André Raynaud, Jean Besombes. Restaurant la Grotte du Vieux Moulin : Claudius Lambert dit Claudius le Magnifique

Huiles d'olives : Ernest Jugi, Jules Saurin

Infirmière : Joséphine Degenève (Fifi piqûre) 

Journaux (correspondants) : Charles Fournial (Le Provençal), Louis Rambaud (La Marseillaise et Le Patriote), Marcel Peire (L'Aurore), Georges Poulet (Le Méridional)

Journaux (dépositaires) : Mme Marie Virginie Barberis

Laitiers : Jacques Bolla, Annette Seno, Antoine Godano

Maçons : Paulin Lambert, Edouard Brunengo, Antoine Guiol, Rodolphe Proksch, Adrien Perrimond

Maréchal-ferrant : Marius Brun

Mécaniciens : Louis Rambaud, Benjamin Saurin,  Gaston Banat, Rudolphe Proksch

Médecin : Mr Proust, Mr Astruc, Mr Cocatrix, Mle Bonnin 

Menuisiers : Victor Teissier, Mr Proksch, Edouard Brunengo

Mercière : Mme Célestine Dani

Moulins à huiles : Joseph Raynaud, Drogoul, Jacques Dirazouian, Célestin Borotti, François Gradassi

Pépinièristes : Famille Renoux, Gabarine (jardinier), Odino (jardinier)

Pisciculteur : Paul Fournial

Plombiers : Achille Lambert, Paul Séval, Maurice Lambert

Râperie : Honoré Fournial

Scieries : Honoré Fournial, Marius Collomp

Tailleurs et Tailleuses : Mr Seno, Mme Rose Rambaud, Mme Rosa Pellegrin, Mme Grisolia

Tissus en gros : Sirmakéchian frères

Usine de contreplaqué : Honoré Fournial

Usine électrique : Honoré Fournial

 

Cette liste de professions n'est pas exhaustive. Si vous voulez m'écrire directement afin d'en rajouter, faites-le par le contact situé dans la présentation du blog (à gauche) juste avant les albums photos ou bien en mettant un commentaire directement sous l'article. Merci à vous de participer.

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 18:54

 

Carte-provence-1125.png

 

Carte de la Provence en 1125

 

Au commencement du XIIème siècle, la Provence comprenait tous les territoires qui ont formé plus tard les départements des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Var, des Alpes-Maritimes et des Basses-Alpes (devenues les Alpes-de haute-Provence), ainsi que la partie méridionale des départements de la Drôme et des Hautes-Alpes. Politiquement, la pays était divisé en trois états : au Nord-Ouest, le comté de Forcalquier, à l'Ouest, les possessions provençales du comté de Toulouse, enfin entre la Durance, le Rhône, la Méditerranée et les Alpes, le comté de Provence. Ces trois états étaient gouvernés par des princes issus de la descendance de Boson, premier comte de Provence (934), ils faisaient partie féodalement du royaume de Bourgogne et se trouvaient dès lors placés sous la suzeraineté du prince qui possédait ce royaume, c'était alors le chef du Saint-Empire romain germanique. L'empereur très occupé n'exerçait qu'une action lointaine et intermittente sur les affaires de la Provence, il tenait cependant à ses droits et saisissait toute les occasions pour les affirmer. [...] En 1112, Raimond Bérenger, comte de Barcelone, devient comte de Provence par son mariage avec Douce, qui avait hérité du comté, et par la donation que lui avait fait cette princesse. Il fonde une dynastie qui durera 134 ans (1112-1146). Raimond Bérenger est à la fois comte de Barcelone et comte de Provence. A sa mort en 1131, l'aîné de ses fils, Raimond Bérenger II a le comté de Barcelone, le cadet Bérenger Raimond a le comté de Provence. Il existe une union très étroite entre le souverain de Barcelone et celui de Provence, Raimond Bérenger. Il prend en main les affaires de Provence au moment où son neveu, Raimond Bérenger III, encore enfant, succède à son père. En 1166, le comté de Provence revient à la branche aînée ; il est revendiqué par Alphonse Ier qui le fait gouverner par délégation de 1168 à 1181, par son frère Raimond Bérenger IV. A la mort d'Alphonse Ier en 1181, nouvelle séparation entre les possessions catalanes et les possessions provençales ; les premières vont au fils aîné, Pierre II, les secondes au fils cadet, Alphonse II, qui laisse en 1209 le comté de Provence au plus grand prince de la dysnastie : Raimond Bérenger V. De 1119 au 26 janvier 1190, la maison de Barcelone est en lutte presque constante avec la maison de Toulouse qui convoite la Provence. Le principal épisode de ce conflit est ce que l'on a appelé les guerres baussenques, du nom des seigneurs des Baux. C'est ensuite le conflit avec la maison de Forcalquier heureusement terminé à l'avènement de Raimond Bérenger V. Le premier acte d'inféodation (que vous pouvez lire ICI) est de la fin de l'année 1200. Il est établi en faveur de Giraud ou Géraud de Villeneuve, gentilhomme catalan venu en Provence sous le règne d'Alphonse Ier. C'est lui le fondateur de la famille de Villeneuve en Provence. Le second acte d'inféodation ICI avait été rendu nécessaire par un édit impérial d'octobre 1226 annulant toutes les immunités, aliénations de domaine et concessions de juridiction accordées pendant la règne d'Alphonse II et la minorité de Raimond Bérenger V. Au moment de cette seconde inféodation, Romée de Villeneuve, personnage dont il est parlé dans la Divine comédie de Dante Alighieri, est le ministre du comte de Provence. Raimond Bérenger V meurt en 1245. Il laisse quatre filles dont trois sont mariées : Marguerite à Louis IX (Saint-Louis) roi de France, Eléonore à Henri III roi d'Angleterre, Sanche à Richard de Cornouailles, un instant empereur d'Allemagne, et la quatrième Béatrix qui hérite du comté de Provence. Béatrix épouse l'année suivante, en 1246, Charles d'Anjou, frère de Louis IX. (A ce propos lire mon article : Les quatre reines de Forcalquier http://www.transenprovence.org/article-32486470.html)

 

 Source : Les Archives de Trans en Provence - N° 1 Décembre 1927.

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 00:09

 

Quartier Saint-Roch

 

Carte postale ancienne - Quartier et chapelle Saint Roch (à gauche)

 

Notre fête locale a lieu au mois d'août pour la Saint-Roch. Mais quelle est l'origine de cette fête ? Dans les premières années du XIVe siècle, si l'on en croit la tradition, se serait produit l'un des évènements les plus importants de l'histoire religieuse de Trans. Un pèlerin déjà célèbre par ses vertus et ses miracles, Roch de Montpellier se rendait à Rome. On dit qu'en cours de route, il passa à Trans alors que le peste sévissait aux alentours. A Draguignan notamment, les victimes étaient si nombreuses qu'on jetait leurs cadavres dans la Nartuby. De ce fait, à Trans, il n'était plus possible de puiser dans la rivière l'eau qui était nécessaire pour les besoins des bêtes et des gens. Roch voit la désolation et le désespoir des Transians, d'un geste il touche de la main les eaux de la rivière et celles-ci comme à son ordre se divisent en deux branches : d'un côté les eaux souillées venant de Draguignan et de l'autre les eaux en provenance de la source de la Foux (source qui se jete dans la Nartuby) et qui n'étaient donc pas contaminées. Trans fut de ce fait épargné de la peste. C'est ainsi que naquit le culte des Transians pour Saint-Roch en l'honneur duquel une chapelle fut édifiée dès le XVIe siècle. Elle se trouvait légèrement en avant de la chapelle actuelle qui fut reconstruite à la fin du XVIIIe siècle (1680). 

 

Chapelle-Saint-Roch.jpg

 

 Il est probable que dès le XVIe siècle, on faisait à Trans une procession en l'honneur de Saint-Roch et que dès cette époque, on dansait à l'occasion de sa fête, à preuve les réprimandes que le clergé adressait aux fidèles à ce sujet. En 1673, on décida d'accompagner la procession d'une bravade. Cette sorte de manifestation était alors très fréquente en Provence. On discute sur son origine mais il est clair qu'elle répondait surtout aux goûts des provençaux pour les démonstrations bruyantes. La bravade consiste en une escorte composée de jeunes gens et d'hommes vêtus de costumes militaires, les participants expriment leur joie en tirant des coups de fusils en l'air. On trouve dans les archives communales la délibération du conseil de la communauté en date du 24 septembre 1673 qui décida la constitution d'un corps de bravade avec un capitaine assisté d'un enseigne pour, je cite : " faire honnneur à la fête de Saint-Roch". Il est précisé qu'on attribuerait à ce corps de bravade tous les droits de "pelote" et de "charivari" (caraviéus en provençal).  

 Charivari

 

Ces termes nécessitent une explication : autrefois, on appelait "pelotes" le tribu obligatoire que l'on exigeait d'un jeune homme étranger au village et qui venait s'y marier, quant au chariviari, le terme remonte au Moyen-Age, il s'agissait de faire un chahut monstre à l'aide de poëles, chaudrons, crécelles, etc... accompagné des cris, de huées que l'on organisait à l'occasion d'un mariage jugé mal assorti ou inconvenant, par exemple dans les cas de veufs ou de veuves âgées qui se remariaient. Le bruit ne cessait que lorsque les intéressés acceptaient de payer leur contribution.

Les processions et les bravades ont accompagné la fête de la Saint-Roch jusqu'à la Révolution. Des tentatives furent sans doute faites pour reprendre la bravade sous la Restauration. Mais seule la procession a subsisté jusqu'à la fin du XIXe siècle. Les bals ont persisté accompagnés jusqu'à une époque récente par la farandole du premier soir de la fête à laquelle participait toute la population et qui parcourait les rues duvillage précédée par une fantare.

 

Source : D'après un récit de Guillaume Barles enrichi d'explications du Wikitionnaire et de mes propres recherches.

 

Pour voir la vidéo de la danse de la souche filmée l'an dernier lors de la Saint-Roch à Trans en Provence, rendez-vous dans mon blog principal :

http://www.transenprovence.org/article-la-danse-de-la-souche-61946597.html

 

 

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