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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:00

 

Bonsoir à toutes les personnes qui fréquentent mon blog,    

je vous informe que j'ai mis en ligne ma base de données généalogique. Elle est le fruit de 26 ans de recherches. Celle-ci comporte plus de 27.400 personnes à ce jour. Y figure non seulement ma propre généalogie mais aussi celles de mes cousins, cousines. J'y ai ajouté d'autres généalogies que j'ai pu relier à la mienne : ami(e)s, connaissances, et surtout beaucoup de généalogies de familles de Trans en Provence. J'ai masqué les personnes nées il y a moins de 90 ans. Donc, si vous désirez voir si j'ai étudié votre famille, il faut le faire à partir de vos grands-parents ou arrière-grands-parents pour les plus jeunes. Je vous donne l'adresse : http://gw.geneanet.org/nbarret2?lang=fr 

    Je souhaite aux plus curieux d'entre vous de faire de belle découvertes !


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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 00:00

 

Barcelonnette.jpg

 

Vue de Barcelonnette

 

La création, en 1730, d'une filature de soie à Trans a été une conséquence indirecte de la clause du traité d'Utrech (1713) qui réunissait Barcelonette (actuellement dans les Alpes-de-Haute-provence) à la France. Barcelonnette avait déjà fait partie du Comté de Provence depuis le début du XIIIe siècle jusqu'en 1388. Elle passa à cette époque sous la seigneurie d'Amédée VII, duc de Savoie, sur la demande des habitants, à un moment où la Provence était divisée par les luttes des prétendants qui se la disputaient. Le traité d'Utrech fit de Barcelonnette et de sa vallée une terre française qu'un arrêt du Conseil en date du 23 décembre 1714 plaça sous l'administration directe de l'Intendant de Provence. Ce fut pour notre province une terre adjacente de plus. Après cette réunion, la famille Ricaud, qui possédait une importante filature de soie à Turin, jugea bon, sans cependant abandonner cette dernière, d'en créer une en France et, par une préférence dont il faut probablement chercher la raison dans l'existance à Trans d'une bonne situation au point de vue de l'air, de la force motrice et de la main d'oeuvre, elle se fixa dans notre village. La création d'une filature laisse supposer que dès cette époque, il se trouvait à Trans et dans ses environs des mûriers en assez grand nombre pour satisfaire à l'éducation de vers à soie dont la nouvelle filature devait utiliser la récolte de cocons. Les Ricaud ne vinrent pas seuls à Trans. Ils y amenèrent des collaborateurs, ouvriers et ouvrières originaires de leur ville. La mention d'origine de Barcelonnette est fréquente dans les registres des actes d'état-civil du XVIIIe siècle. La famille Ricaud a donc fait souche à Trans et ses descendants y habitent toujours.

Il s'agit de la famille Reynier.

 

Voici un aperçu des recherches que j'ai faites sur cette famille :

RICAUD Charles X MATHERON Magdeleine

vers 1730 à Barcelonnette

RICAUD Antoine X GRAUGNARD Marie Magdeleine

vers 1769 à Barcelonnnette

RICAUD Charles Thomas Pierre X BERNARD Rose Sophie Zoé

le 28 avril 1811 à Trans

RICAUD Emilie Zoé Joséphine X REYNIER Louis Emilien Melchior

le 21 octobre 1838 à Trans

REYNIER Flavie Joséphine Sophie X REYNIER Napoléon Alexandre Camille Edouard  le 8 juin 1863 à Trans

REYNIER Henri Emile Edouard Ferdinand X AMBROGGIO Charlotte Caroline

vers 1885

 REYNIER Emile Louis Henri ° 27 mars 1899 Cannes

d'où descendance actuelle.

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 21:30

  Filature-Usine Garnier 1893

 

Le personnel de la filature Garnier en 1893. De nombreuses Italiennes y étaient employées. Elles logeaient dans un grand bâtiment au fond de la cour de la filature.

 

Filature Garnier-Intérieur

 

Intérieur de la filature

 

La Provence a attiré de longue date les immigrants italiens. Cependant, ce fut entre 1850 et 1960 que l'immigration italienne dans le Var atteignit son apogée. La raison majeure qui poussa ces gens à s'expatrier fut d'ordre économique. Cette immigration alla jusqu'à représenter 15% de la population varoise. A Trans, les Italiens constituaient environ 13% de la population vers 1900. Ils étaient majoritairement d'origine piémontaise et toscane. Lorsqu'on parcourt les registres d'état civil, on trouve citées les localités de Montemale, Ormea, Peveragno, Vignolo, Dronero, Garessio, Boves, Pagliero, Mammola, Schio, Valloriate, Fesoglio, Brossasco, Cuneo, etc... comme étant leurs lieux de naissance. Je ne peux pas les citer tous, mais voici quelques-uns des noms de famille d'Italiens rencontrés au cours de mes recherches dont certains ont toujours des descendants à Trans : Agnese, Ambroggio, Ardoino, Barberis, Barillaro, Beltramo, Bennati, Biale, Borotti, Brondello, Brunengo, Cesana, Chiapello, Dani, Ellena, Faroppa, Ferraris, Ferrero, Garro, Gioffredo, Giraudo, Giusiano, Godano, Lerda, Lequio, Lovera, Mazza, Merlino, Michelis, Minazzo, Ottone, Perugia, Rampini, Sappa, Sciandra, Seno, etc... La plupart des immigrés vivaient dans le village. Les célibataires constituaient un quart de la population italienne. Certains habitaient une chambre chez des parents eux aussi installés à Trans quelques années auparavant et qui était venus "en éclaireurs". D'autres mettaient en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d'enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. Quel accueil la population locale réserva-t-elle à ces étrangers ? Ce fut d'abord de l'hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient "manger leur pain". On les qualifiait de "Piantous" (Piémontais), de "Babis" (crapaud) ou encore de "Macaronis". On les accusait d'être cause de chômage ou d'apporter des maladies contagieuses. Au fil des ans, on s'aperçut que ces Italiens étaient des travailleurs acharnés et qu'ils avaient été contraints de quitter leur patrie pour pouvoir nourrir leur famille. "Ce sont des latins comme nous, leurs ancêtres Romains sont venus chez nous il y a bien longtemps, ils sont chrétiens comme nous et ils vont à la même église. Notre langue provençale leur est familière, surtout chez les Piémontais, ils finiront par prendre nos habitudes". Pendant longtemps, les mariages entre Italiens et Transianes ou Transianes et Italiens furent mal vus. Mais le bon sens finit par triompher et l'intégration se fit petit à petit en douceur.

 Ces immigrants exerçaient des professions modestes. Les femmes étaient le plus souvent journalières, employées dans les bouchonneries, les scieries, la fqbrique de contreplaqué, beaucoup travaillaient à la filature de soie. Les hommes travaillaient comme ouvriers agricoles, journaliers. D'autres étaient bûcherons (bousquetiers), scieurs, maçons, ou salariés dans d'autres secteurs de l'artisanat. Quelques-uns étaient à leur compte, comme agriculteurs, artisans (cordonniers par exemple) et petits commerçants. A la fin du XIXème siècle, l'ascension sociale italienne était encore très modeste. Mais elle s'accrut au cours du XXème et plus encore après 1950 au temps des Trente Glorieuses *. Elle fut facilitée par la proximité des cultures, par la fréquence des mariages franco-italiens, par la facilité de l'obtention de la nationalité française, par l'intégration à l'école de la République, par le rapprochement de la France et de l'Italie après 1945, alors que de 1880 à 1890 et de 1936 à 1945, les relations des deux pays avaient été très mauvaises.

  ****************

* Trente Glorieuses : Les Trente Glorieuses font référence à la période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés. L'expression a été créée par Jean Fourastié en 1979 en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.

 

Je vous donne un lien qui parle de l'immigration italienne à La Seyne-sur-mer :

http://marius.autran.pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome3/cite_cosmopolite.html#ancre6

 

ainsi que le lien du blog de Jean-Marie, un ami généalogiste que je vous recommande :

http://www.geneprovence.com/2006/12/la-provence-t-la-fin-du-xixe-sicle-une.html

 

Bouquetiers-au-cafe-Trans.JPG

  

Bousquetiers Italiens à la terrasse d'un café à Trans.

Au milieu, Monsieur Lieto (le père de Marcelle), à côté, à gauche, Monsieur Agnese (le père de Jeannot).

  

 

Sep119

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:41

 

J'ai découvert ce texte par hasard en surfant sur le net. Je l'ai trouvé fort original, je vous en fais donc profiter. Bonne lecture.

 

*******************

 

Mon tonton, et qui plus est, l’époux de la soeur de ma mère, mais également, le père de mon cousin germain, lequel, néanmoins s’appelle Pierre, prit un jour la mère de ma grand-mère. Et cela sans que ladite grand-mère ne vitupère !
Mon collatéral, donc, avec cette arrière-arrière-grand-mère, quoi de plus normal, sans rien du tout d’immoral, je le jure, mais grâce à la nature, a fait un petit.

Et cela sans que personne ne l’admoneste !
Et la chimie a fait le reste…
Généalogique et primaire alchimie…
L’époux de la soeur de ma mère, donc mon oncle, m’a proposé, un temps après, un petit bout de la mère qui lui venait de ma grand-mère : Un enfant en quelque sorte de la mère de la mère de ma mère.
Je l’adoptai et optai pour un petit fût de chêne…
L’enfant, né grâce à la mère de ma grand-mère, qui est aussi la mère de ma mère à moi, fut sans émoi ni pamoison, donc, épris de vin… rouge !
De cette union, l’enfant de cette mère du vin du fût de chêne, pour perpétuer la chaîne, fut bien avisé d’enfanter une mère…
Rien d’extraordinaire à cette réversible généalogie primaire.
Donc, la fillette gemmaire, née de l’arrière-arrière grand-mère me venant de l’époux de ma mère, mon tonton donc, ainsi clonée, c’est mon cousin Pierre, appelé germain, qui en a hérité.
Il l’a adoptée et il a opté, lui, bon gré mal gré, pour un petit pot de grès… rouge.
Perpétuelle généalogie, venant, qui l’eût cru, d’un vieux cru de vin rouge, dans un petit pot de grès et un petit fût de chêne.
Chaîne culinaire, dont la mère de la mère de ma grand-mère, mère de la mienne est le premier maillon…
Mon oncle a pris un jour la mère de ma grand-mère…
Je lui en sais gré.
Car cela fit vinaigre dans la maison !
Moralité secondaire de ma fable presque indicible et "inapprenable" par cœur :

Si notre vie est éphémère, les fils des mères, épris des crus rouges enfantant les mères de nos mères ou de nos grand-mères, fût-ce même par l’intermédiaire des époux des soeurs ou frères de nos mères, nos oncles donc, sont comme Noël et son Père, éternels, mazette !

 Vivent donc nos tontons et nos vinaigrettes !…

 

Auteur : Jean-Louis Dalès

Texte trouvé sur : http://www.inlibroveritas.net/

 

Vinaigrier.jpg

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:00

 

A Trans comme de partout, dans tous les villages, il était courant de désigner une même famille par un surnom, un sobriquet qui lui était propre et qui pouvait éventuellement se transmettre de génération en génération pour la distinguer d'une famille homonyme. Mais il était aussi courant de donner un surnom particulier à une seule et même personne, généralement à son insu. On le lui attribuait en fonction de son physique, de son caractère, de son origine, d'une action qui lui était propre, etc... Pour vous donner une idée de ces surnoms, j'ai interrogé quelques Transians qui se souviennent, chacun à leur époque, puisqu'ils n'ont pas le même âge, qu'il y avait telle ou telle personne qu'on appelait de telle ou telle façon. Je n'ai choisi aucun ordre particulier pour les citer.

- Parmi les nombreux Orgias, "Mamanca" (Il m'a manqué), "Senso artèou" (Sans orteil), "La Peire" (La poire), La Mekli (parce qu'il avait été déporté en Algérie pour avoir participé en l'insurrection de 1851 contre Louis-Napoléon Bonaparte) etc...

- Edouard Brunengo dit "Tabagras".

- Boyer dit "Buisson".

- Le mari de Jeannette Castellan était surnommé "Traou" parce qu'il était fossoyeur.

- La mère de Gaston Sciandra était appelée " Lucie des petits yeux".

- La mère de Nénette Martin, "Manche d'ombrelle".

- Monsieur Giraud dit "Mange merde" parce qu'il en avait mangé pour une pièce de 5 francs quand il était jeune (un pari entre copains sans doute).

- Madame Pellerud était dite "Tortelle".

- Françoise Roux dite "Chiquinotte".

- Marie Ferrero était "Marie la Nègre".

- Ferdinand Lyon dit "La Visquette".

- Laugier dit "L'agasson".

- Lerda "La Piatte" (village du Piémont dont il était originaire).

- Maurice Brunengo "La Mûle".

- Louis Brunengou dit "Le Préfet" parce qu'il travaillait à la préfecture.

- Pierrot Mireur était "Pilu".

- Monsieur Guiol dit "Gioù cagagne".

- Elisa Andrac dite "La machotte" (La chouette).

- La Matelotte.

- Anna Brunengo dite Ninchotte.

- Jean Ferrero dit "Jean lou bletoun".

- Louise Calès était dite "Saccoche".

- Lucien Chiapello dit "Tercile" était surnommé "Tournus".

- Jauffret le goï (Le boîteux).

- Il y avait aussi Campana surnommé "Quarante et passe poules" parce que c'était une expression qu'il employait.

- La "Bonasse".

- Garcin dit "Chichi panpan".

- Joséphine Laugier épouse Dégenève dite "Fifi piqûre" parce c'était la seule "infirmière" du village et qu'elle a dû piquer toutes les fesses de Trans y compris les miennes... etc.

Il y en a d'autres, je ne les connais pas tous et mes contributeurs non plus. Si d'autres surnoms vous reviennent en mémoire en lisant cet article, vous pouvez toujours me les communiquer. Ils seront les bienvenus.

   

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 22:00

 

Notre-Dame-de-Saint-Victor.JPG

 

Notre-Dame de Saint Victor est une vierge à l'enfant polychrome en noyer qui a été restituée à la paroisse en 1993 par Jean AGNES, un cousin de ma maman qui l'avait conservée dans sa famille. Voici l'histoire de cette statue qui a désormais retrouvé sa place dans l'église paroissiale.

  Je tiens ce récit de Marie-Madeleine AGNES née TESTA, la mère de ce cousin, qui était institutrice. Elle a écrit ses mémoires et m'en a fait cadeau en échange de notre généalogie familiale.

********

"En direction de Draguignan, sur la rive gauche de la rivière, c'est la colline qui borde le Plan, nom que porte la vallée à partir de la presqu'île lorsque les eaux de la Foux rencontrent celles de la Nartuby.
L'après-midi, je vais à Saint-Victor avec ma grand-mère (Magdeleine BERTAND). Saint-Victor, c'est d'abord pour moi "un oratoire" à la bifurcation d'un chemin de la colline avec celui du Peybert. Une peinture naïve réprésente le jeune saint revêtu de la robe blanche des élus. Une auréole atteste sa gloire dans le ciel. Nous l'honorons d'une halte et je renouvelle volontiers, par des scabieuses et des immortelles, les fleurs fanées, oubliées devant son image.

  Oratoire-St-Victor.jpg

 

Oratoire de Saint-Victor actuel (Photo Nadine)

 

Chapelle-St-Victor-de-face-.jpg

 

Chapelle Saint-Victor (Photo Nadine). Tout en faisant partie du patrimoine communal cette chapelle est englobée sur trois côtés dans une propriété privée !

 

A deux kilomètres de là, en lisière des oliviers, une chapelle lui est dédiée. Soldat de la légion romaine, Victor subit le martyre au début du IVe siècle et ses reliques reposent toujours dans la crypte de l'abbaye de Marseille qui porte son nom. Nous ne montons jamais jusqu'à la chapelle pourtant si attirante avec sa façade blanche, son bouquet de pins et le pur élan d'un cyprès. Notre Saint-Victor à nous est beaucoup plus près. A moins de trois cents mètres de l'oratoire. Arpent de colline ensoleillé, aménagé en terrasses par les anciens pour apprivoiser l'olivier, accueillir le figuier et maîtriser le pin sur les hauteurs. Le printemps y renouvelle la sauge et le thym. Août y voit fleurir la sariette qui porte en provençal le joli nom de pèbre d'aï, poivre d'âne. Illuminé par la gloire d'un chêne, l'automne s'y attarde, calme et serein. L'olive y mûrit en décembre et, au fil des saisons, le mistral y respire tout à fait chez lui. L'horizon s'élance à l'ouest vers le haut pays de Montferrat, toujours bleuté dans les lointains. A l'est, au-delà du village, il annonce discrètement la mer. Sur la plus haute terrasse, face au midi, s'élève une petite bâtisse en pierre. Elle regarde la rivière et le Plan. Ses dimensions sont fort modestes : 3 mètres sur 2.50 mètres. Sa toiture, recouverte de tuiles provençales, est inclinée sur une seule pente à l'italienne.
Une étroite fenêtre sans vitre ni volet n'a d'autre protection qu'une branche de chêne en guise de barreau. Un seul luxe : la clé magnifique de sa lourde porte. La petite bâtisse sert d'abri pendant un orage. Grand-mère y range les outils, y rassemble les claies pour sécher les figues. L'hiver elle y dépose les sacs d'olives avant de les transporter au moulin. L'été venu, elle lui confie la "dourgue que gardo fresco l'aigo dou pous" (la cruche qui garde fraîche l'eau du puits). Cependant, contre toute apparence, cet arpent de colline, terre de labours est un Haut Lieu. Et la petite bâtisse aux outils un Sancturaire. Comme autrefois en l'étable de Bethléem, Notre-Dame y a trouvé refuge et y demeure. Sculptée dans du noyer, oeuvre du XVIe siècle, cette vierge couronnée porte l'enfant sur son bras gauche. En robe pourpre et manteau bleu, elle transfigure l'humble bastide provençale où, de sa niche elle regarde paisiblement couler le temps. Sa présence, à la fois mystérieuse et familière, m'attire.
Liée aux évènements de l'Histoire, son arrivée sur la colline est un exploit digne de ceux de "l'armée des ombres" et pourrait figurer sur le livre d'or de la Résistance. Il remonte aux jours cruels de la Révolution et grand-mère, consciente de ma transmettre un héritage me le raconte sans oublier aucun détail.
Son jeune héros appartient à la lignée des Bertrand. Pour m'éclairer, elle précise :
- Ero moun segne grand (c'était mon grand-père)".

 

Nota de Nadine : Jean BERTRAND était le grand-père du grand-père de ma cousine et par là même mon ancêtre puisqu'il nous est commun. Il est né le 22 février 1763 à Draguignan et est décédé le 24 août 1820 à Trans.

 

 "De quoi m'abasourdir ! Comment imaginer un jeune homme vieux car il était vieux puisque c'était un grand-père... Je n'ai pas le temps de résoudre le problème... Grand-mère évoque comment sous l'impulsion de Paris, en vagues terrifiantes, les violences et les profanations ont gagné les campagnes. La statue de la vierge à l'enfant est enlevée de l'église paroissiale et jetée dans le canal des Vignarets. Pour "Elle" vont s'affronter les fils du même village : ceux qui défendent l'honneur de Dieu en dépit de l'injustice des hommes. Et ceux qui défendent la justice au mépris de l'honneur de Dieu. En pleine nuit, bravant les risques et déjouant les rondes, le jeune Jean Bertrand se dirige vers le canal, rampe sur la berge et à tâtons retrouve la statue. Il la dissimule dans un sac et réussit à la transporter sur la colline. Arrivé à la pauvre bâtisse, il l'enfouit sous un tas de foin. le jour suivant pour plus de sécurité, avec une provision de bois d'olivier, il masque le refuge et le rend inaccessible.
Tournent les ans, passe le temps.
A l'abri des révolutions parisiennes et de leurs remous dans les provinces, ignorée de tous, Notre-Dame vécut hors du temps et son souvenir s'effaça de la mémoire des gens du village. Ceux qui avaient participé aux évènements de 1793 s'étaient l'un après l'autre endormis. Grand-mère sait tout cela mais elle ignore qui de son grand-père (Jean BERTRAND) ou de son père (Louis BERTRAND) a pris la décision de libérer la statue et d'aménager le refuge en sanctuaire. Elle ne saurait dire qui a creusé la niche et décoré les murs de fleurs de lys et d'égantines dont je devine encore quelques coroles à demi effacées. Depuis son enfance, elle a toujours vu Notre-Dame régner à la même place et la petite bâtisse rendre les mêmes services qu'aujourd'hui.
Tournent les ans, passe le temps.
A la mort de son père (8.12.1878 Trans), le patriarche aux douze enfants, dans l'émiettement de l'héritage, Magdeleine Bertrand reçoit la terre de la colline. Ses enfants, Julie, Auguste et Fine (Joséphine TESTA née HUGONY sage-femme à Trans et à Draguignan) y cueillent à leur tour les olives et ce sont eux qui renouvellent au pied de Notre-Dame, le bouquet d'immortelles de la Saint-Jean.
Tournent les ans, passe le temps.
Magdeleine Bertrand est devenue ma grand-mère et me voilà aujourd'hui insérée à ma place, dans le cortège des générations".

Récit : Marie-Madeleine AGNES née TESTA (1905-1989)

 

Nota de Nadine : J'arrête là le récit de la cousine Marie-Madeleine. Sachez que par la suite, à la vente de son terrain, elle a emporté la statue de Notre-Dame chez elle à Toulon. Puis, à son décès, ses enfants Jean et Madeleine , ont décidé de restituer la statue à la paroisse de Trans en Provence. Deux cents ans plus tard, en mai 1993, au cours d'une cérémonie à laquelle nous avions été conviés en tant que descendants de Jean BERTRAND, la statue a réintégré sa place dans l'église. Elle porte désormais le nom de Notre-Dame de Saint-Victor. Je suis fière de cet acte de bravoure accompli par mon ancêtre et je ne manque pas de temps à autre moi aussi, de rendre visite à Notre-Dame.

 

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 20:32

 

BAUCHIERE-GERFFROY 

Acte de mariage d'Antoine Bauchière et Honorade Gerffroy (Photo Nadine)

Sous l'Ancien Régime, les registres de catholicité étaient tenus par les curés.
En ce qui concerne les archives de Trans, la totalité des archives communales anciennes a été déposées aux Archives Départementales à Draguignan pour y être conservées. C'est là que je me rends pour effectuer mes recherches généalogiques.
Je vous présente la photo d'un acte de mariage qui figure dans le registre dont je vais vous parler. Il s'agit d'un acte daté du 27 juin 1672. 
C'est l'acte de mariage d'Anthoine Bauchière et Honnorade Gerffroy, deux noms caractéristiques de Trans à cette époque".

Transcription de l'acte que j'ai pris en photo :

 

"Anthoine bauchiere fils de feu bernard et de Marchuanne bittarde de ce lieu de trans a pris pour femme et legitime expouze par le S(aint) sacrement de mariage apres trois publicaons (publications) honorade gerffroy fille a feu jacques et de honnorade giberte tous du mesme lieu pnts (présents) les parans des parties de part et d'autre celebre par nous sousigne le vingt et sept juin mil six cent soixante et douze dans lesglise parochialle de ce lieu aus formes accoustumees et de pnce (présence) de pons orgias tisseur a toille honnore roux mesnager françois guiol aussy tisseur a toille et autres qui ont declaré ne scavoir (savoir) signer a l'exclution dudit pons orgias qui a signe". (Nota : j'ai respecté l'orthographe).

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Ce registre contient les actes de baptêmes, mariages et décès des années 1668 à 1673.

   

Pour cette période, on trouve 271 baptêmes, 198 décès, 66 mariages.

Le nombre des baptêmes présente un excédent de 73 unités sur le nombre des décès.

La moyenne annuelle des mariages est élevée. L'ensemble dénote un état de prospérité remarquable. Si on classe les décès d'après les mois pendant lesquels ils se sont produits, on constate que le nombre des décès est maximum en octobre.

La mortalité enfantine était énorme : elle s'élevait à 44%.

Il existait de 30 ans à 50 ans une période de vitalité remarquable. Fait rare pour être souligné : il a été enregistré à la date du 10 novembre 1668, le décès d'une femme centenaire, Catherine Roux.

Pour la période considérée sur les 198 enfants venant au monde le nombre des survivants devait être : à 5 ans de 111, à 10 ans de 102, à 20 ans de 92, à 30 ans de 75, à 40 ans de 64, à 50 ans de 55, à 60 ans de 28, à 70 ans de 13 et à 80 ans de 2.

Les noms de famille que l'on trouve répétés plus de 5 fois dans les 536 actes de la période étudiée sont les suivants : 43 Blanc, 41 Orgias, 34 Boyer, 39 Guiol, 29 Giraud, 23 Garcin, 23 Geoffroy, 23 Pic, 22 Roux, 20 Augier, 20 Bauchière, 19 Goiran, 16 Taxil, 15 Audemar, 15 Mouret, 15 Bernard, 12 Castellanet, 8 Déous, 7 Clumens, 7 Perrinet, 6 David, 6 Dol, 6 Reynaud.

Les Raphard, très nombreux au XVIe siècle tendaient vers la disparition. Les Pellerud dont une rue portait le nom en 1582, subissaient une éclipse passagère. Les Henry, meuniers venus de Montferrat, commençaient à apparaître. Les Castellanet avaient laissé tomber la particule dont le nom de quelques uns d'entre eux s'ornait au milieu du XVIe siècle. Les familles qui se donnaient alors le titre de "bourgeoises", sont aujourd'hui complètement éteintes. C'étaient les Garcin, les Goiran, les Laurens, les Pic, les Rey, et les Thomé de la Plane.

Ces derniers avaient une situation tout à fait prépondérante : Gaspard de la Plane avait épousé Françoise de Lautarel morte à 72 ans en 1672, et son fils Anthoine était le mari d'Anne de Reymondis.

Il y avait deux famille bourgeoises du nom de Garcin dont les chefs, deux frères, Isnard et Balthazar Garcin étaient tous deux notaires royaux ; et trois familles du nom de Pic.

Les Goiran était toute une légion qui comprenait, outre Messire Charles Goiran docteur en théologie et prieur de Trans, quatre familles pourvues de nombreux enfants : Angelin, notaire royal, puis Antoine, Gaspard et Jean, tous trois grands propriétaires. Immédiatement en dessous de ces apparents, venaient les familles de Maymes Bernard, riche ménager, et de Jean Blanc, maître chirurgien.

 

Source : D'après "Les Archives de Trans en Provence" - Jean Barles - N°22 -

Mars 1932. 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 00:00

 

Pendu.jpg

 

On sait que, sous l'Ancien Régime, le suicide était considéré comme un crime. Le suicide est en effet, un homicide volontaire mais d'une caractère un peu particulier, puisque c'est un homicide de soi-même.

  Dans le courant du mois de janvier 1742, près du village de Trans, on trouva un homme pendu à un olivier. Il s’agissait d’un soldat du régiment de Cambrésis, originaire de Draguignan et nommé Jean PASCAL. Il y avait à l’époque à Trans, une juridiction seigneuriale. Elle comprenait un juge qui était habituellement un avocat ou un gradué en droit de Draguignan. Il était quelquefois remplacé par un lieutenant de juge qui était généralement un bourgeois transian. Enfin, un procureur juridictionnel, généralement lui aussi un bourgeois, représentant le ministère public. Dans le cas de notre pendu, le procureur juridictionnel fit procéder à une enquête, à la suite de laquelle le juge prononça sa décision après avoir pris l’avis de deux gradués en droit.

Voici cette déclaration : "Déclarons Jean Pascal, fils de Jean, soldat au régiment de Cambrésis, atteint et convaincu du cas et crime de s’être deffaict soi meme en se pendant et s’étranglant avec une corde par le col, sur un olivier derrière le village. Pour réparation dudit crime, avons condamné la succession dudit Pascal à cent livres d’amende envers le procureur juridictionnel et le cadavre à être livré entre les mains de l’exécuteur de la haute justice pour le traîner sur une claye (claie) par tous les carrefours de ce lieu et de suite le jeter à la voirie sans sépulture. Mais parce qu’il ne peut être procédé à ladite exécution que de l’autorité de la Cour au siège de Draguignan, ce qui exige trait (sic) de temps, pour obvier à l’infection du cadavre qui pourrait nuire aux habitants, avons ordonné qu’à la poursuite du procureur juridictionnel et aux dépens du Domaine, le cadavre sera incessamment éventré et embaumé, jusqu’à ce qu’il plaise à la cour de statuer sur l’exécution de la présente sentence. Auquel cas, le justaucorps du défunt sera rendu à son capitaine par Pic qui s’en trouve chargé et de la garde du cadavre, lequel en remettant le tout en la force de notre sentence demeurera du tout et valablement déchargé sauf ses frais.

Fait à Trans avant midy, en jugement dans l’auditoire de justice, le 19 janvier 1742".

Le 22 janvier, la Cour prononça un arrêt aux termes duquel elle confirmait la sentence du juge de Trans. Elle y ajoutait que le cadavre resterait pendu par les pieds pendant deux heures à la place publique et ensuite traîné et jeté à la voirie.

Le tout fut exécuté le 26 janvier.


Source : Les Archives de Trans en Provence – N° 1 – Jean Barles

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