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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 20:37

Gagliolo-instituteur   

Vous pouvez cliquer sur l'article pour le voir en grand

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 17:29

 

MM. Perrimond-Troin-Ricord-Daumas-Garcin

 

Cette coupure de journal date sans doute des années 60.
La photo a été prise sur la place de l'Hôtel de Ville.
On voit au fond à gauche l'inscription : Moulin à huile (communal). 
Mais si, regardez mieux...

undefined Voici le texte :

"Notre village n'attire pas seulement les touristes durant la saison estivale. En effet, d'après M. Garcin le sympathique facteur, Les Transians d'origine résidant à Trans se font de plus en plus rares, remplacés par des ouvriers étrangers et même quelques Français rapatriés d'Algérie.
Certes le site de Trans, sa situation géographique privilégiée puisqu'à proximité de Draguignan, des Arcs (la gare la plus importante des environs) et l'entrée de l'autoroute ne sont pas pour arrêter l'arrivée de nouvelles familles au village. De plus, toutes les nouvelles cités alentours, Village neuf et Super Trans attirent par le modernisme de leurs constructions, les candidats au logement de plus en plus nombreux. Ainsi, tout en ayant les avantages de la ville proche (grands magasins, etc...) Trans n'en connaît pas ou presque pas les désagréments et tout le monde se connaissant, on se retrouve volontiers entre amis transians ou non, après le travail, pour la belote et la pétanque.
Aussi, hier soir, sur la place de la Mairie, la réunion improvisée de MM. Perrimond, président de la coopérative vinicole ; Troin, conseiller municipal ; Ricord, retraité ; Daumas, berger, Garcin, agriculteur et son neveu, préposé aux PTT, tous Transians d'origine, méritait l'écho que nous venons de faire sur la nouvelle population implantée dans la cité". 

undefined Les noms de ces messieurs sont cités dans l'article, mais je vous précise qu'il s'agit de (dans l'ordre d'apparition à l'image) :
Joseph Daumas, Alexandre Ricord, Jules Perrimond, Jean-Paul Garcin, Jules Troin et Albert Garcin.
A l'heure actuelle, de tous ceux présents sur cette photo, il ne reste plus que Jean-Paul Garcin qui a la soixantaine passée.
On n'arrête pas la fuite inexorable du temps...
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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 00:33

 

Trans-Chapelle-Notre-Dame-et-cooperative-vinicole.jpg

 

Carte postale des années 70 sur laquelle on voit la coopérative vinicole (le grand bâtiment blanc à droite).

 

Etant en pleine période des vendanges il me semble à propos de vous parler de la dernière assemblée générale de la coopérative vinicole qui eut lieu en 1988. C'est Robert Gerbino qui m'a passé cette coupure de journal et je l'en remercie. La coopérative vinicole de Trans a été détruite en 1990 ou 1991.

 

"Depuis de nombreuses années, la viticulture est en déclin sur notre commune. Le développement de l'immobilier, la spéculation foncière, la rentabilité insuffisante de certains cépages, la concurrence imposée par le marché commun et le peu d'entrain manifesté par les jeunes pour assurer dans ce domaine la relève de leurs aînés ont, en effet, accentué le recul de la vigne, le plus souvent au profit de l'urbanisation. Conséquence de cette évolution, la coopérative vinicole de Trans construite en 1940 dans une période faste pour les vins du terroir, a eu au cours de ces dernières années, devant la diminution des apports et la restriction des débouchés, parfois du mal à gérer excédentairement la production de ses viticulteurs. Ainsi, la constatation d'un manque de rentabilité réitéré entraînant des difficultés de trésorerie, ne remettant cependant nullement en question la qualité des vins produits, ont déterminé le conseil d'administration de la coopérative à prononcer il y a environ un an, la fermeture de celle-ci et à conclure un accord avec la coopérative de Draguignan, afin que cette dernière accueille l'ensemble des cépages Transians. Malgré ce tranfert définitif de responsabilités dès la saison 1987-1988, le conseil d'administration a continué à gérer la récolte 1986-1987 et lundi soir devant une trentaine de coopérateurs, il présentait pour la dernière fois les comptes financiers de l'excercice précité. Après avoir lu et fait approuver à l'unanimité des membres présents le procès verbal de la dernière assemblée générale du 28 août 1986, le président Monsieur Gerbino aidé par son commissaire aux comptes, Monsieur Ballatore, se mit à détailler l'excercice financier de la saison 1986-1987. Durant les vendanges 1986, la coopérative a reçu 733 230 kg de raisin, dont 12 230 kg d'hybrides, qui ont produit 5 871.40 hectolitres de vin parmi lesquels 5 198.40 hectolitres sont constitués de vins marchands. Les recettes d'exploitation portant sur les ventes tous frais déduits et comprenant entre autres les A.O.C., les clairettes, la vente en coopérative, la ventilation de la production et la consommation familiale en vins divers s'élève à 1 803 523.75 F. Ces recettes sont en augmentation par rapport à 1985 qui est essentiellement due à un accroissement substantiel de la production de 1986. Les charges diverses règlées et les subventions diverses enregistrées en trésorerie, on constatera finalement que pour cet excercice le bénéfice s'élève à 1 125 572.78 F. Le compte des coopérateurs présente de son côté un bénéfice de 540 277.28 F. devant être prochainement réparti entre les coopérateurs. Après des éclaircissements apportés par Monsieur Ballatore sur des points comptables, réglementaires et sur la modalité de la fusion contratée avec Draguignan, Monsieur Gerbino clôturait la séance en proposant la distribution dun reliquat de 120 bouteilles de mousseux invendues aux coopérateurs présents.

 

Source : Var-Matin du samedi 13 août 1988.

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:00

 

Bonjour à tous,

J'ai pu récupérer récemment grâce à un ancien du village un article de journal ou plutôt toute une page qui parle du Stade Transian. Il s'agit du Nice-Matin du jeudi 19 juillet 1962 et l'article est intitulé : "Trans-en-Provence vit du souvenir de son glorieux stade transian". Je vous livre donc le texte de cet article et vous verrez que les souvenirs remonteront à la surface.

 

Stade-copie-1

 

"Récemment s'est tenu à Joinville le stage national des entraîneurs de football réunissant cette année quelques 70 candidats retenus parmi lesquels de nombreux internationaux tels Abbés, Domingo, Remetter, Skiba, Strappe et autres Tellechéa ou Stojaspal. Selon la tradition, les grands hebdomadaires sportifs de la capitale ont accordé une large place à ce stage de formation groupant une bonne partie de l'élite du football français. Pour chaque candidat est précisé son lieu de résidence : Reims, Paris, Marseille, St-Etienne, Nancy, Strasbourg, Le Havre, Angers... autant de villes rappelant un glorieux passé footballistique. Parmi tous ces grands centres de ballon rond figure une petite localité inconnue pour beaucoup : Trans-en-Provence. Les gens du Nord (pour les Provençaux, le Nord c'est tout ce qui se trouve au-dessus de Montélimar) peuvent feuilleter toute documentation contemporaine, ils ne trouveront pas Trans, même dans les séries inférieures des championnats de football. Pour la bonne raison qu'aucun club n'est actuellement en activité dans ce charmant village de 1 016 âmes (Nota de Nadine : nous sommes plus de 5 000 habitants au dernier recensement), qui constitue en quelque sorte une grande banlieue du chef-lieu varois distant de 4 km. Mais nous avons oublié de vous dire qui était celui qui a permis à Trans d'avoir le privilège de figurer récemment en bonne place dans les colonnes sportives des journaux de la capitale : il s'agit de Raoul Duflot, domicilié dans cette commune, mais travaillant comme secrétaire administratif à Draguignan. Duflot qui fut dans le passé, moniteur d'éducation physique puis footballeur à Caen, Hyères et au S.C. Dracénois, au sein duquel il aidait Mus l'an dernier dans l'éducation des jeunes. Oui, Trans-en-Provence réputé pour ses cascades, ses truites, son hôtel de ville, ne compte aucune société sportive. Ce qui constitue un paradoxe lorsque l'on sait que cette localité abrite bon nombre de personnalités de diverses disciplines telles que Tricon dit "Le japonais", incontestable vedette nationale du sport bouliste ; la famille Lovero qui en trois ans s'est illustrée dans l'innombrables réunions de kart et dont un des fils (Albert) est d'ailleurs champion de France ; Maître Georges Poulet, ceinture noire et professeur de judo. Sans parler des nombreux footballeurs qui y résident : Guillen, Rocamora, l'entraîneur du Sporting Louis Mus, Célestin (Titin) Corsi entraîneur à Barjols et l'arbitre Jean Benati. Comme on le voit, il y aurait de quoi constituer un club omnisports ne manquant pas de cadres. Nous aurons l'occasion de revenir plus en détails sur ces diverses personnalités sportives. Pour l'instant, arrêtons-nous un instant sur le passé du football transian, car si Trans-en-Provence n'a pas actuellement d'activité footballistique, il y a dans ce domaine une histoire assez longue que les anciens n'ont pas oublié et qui mérite d'être contée.

   Stade-Transian-1911.JPG

 

1911. Le premier match entre le Stade Transian et le SC Dracénois (maillot rayé noir et blanc). Sur cette photo figurent les Transians : François Garcin, Joseph Raynaud, François Chauvet, Ernest Martin, Jules Saurin, Hubert Reynier, Lombard, Célestin Tripoul, Audemard, Lazare et Damiano et les Dracénois Henri Giran, Toucas, Roth et Gailler.

 

La source de cette histoire remonte à 1911. Cette année-là sous l'impulsion de quelques jeunes sportifs de la localité et d'Emile Béraud en particulier fut créé le Stade Transian dont le siège fut fixé au Café du Commerce. Parmi ces pionniers figuraient certains éléments opérant précédemment sous les couleurs du SC Dracénois (créé 7 ans plus tôt) tel François Garcin qui porta le maillot "noir et blanc" aux côtés de Giran, Ragot, etc... et un avant-centre de grande classe : Ernest Martin, sollicité par Sète et l'Olympique de Marseille et dont il fut même question pour la sélection de l'équipe de France. Hélas, la terrible épreuve de 14-18 stoppa dans son élan cette vaillante société dont bon nombre de représentants laissèrent leur jeunesse sur le champ de bataille. Le Stade Transian reprit néanmoins son activité en 1921 sous la présidence de M. Joseph Béraud et d'un bureau constitué de la façon suivante : vice-président : Pierre Mireur, trésorier : Ferdinand Giraud, secrétaire : Emile Deseille, le président d'honneur étant M. Baptistin Jugi. Ce conseil d'administration décida d'instituer des cotisations qui furent fixées à 3 francs par mois pour les dirigeants et joueurs seniors et à 1 franc pour les juniors. Ainsi, à cette époque, fallait-il payer pour jouer au football ! Ce à quoi se soumettaient de bonne grâce les équipiers (qui étaient pour la plupart également dirigeants) et en particulier un certain Alexandre Rubis qui n'hésitait pas tous les dimanches à faire le trajet aller-retour Le Trayas-Trans à bicyclette. Le toujours jeune François Garcin faisait encore partie de l'équipe aux côtés d'Edouard Tornare et des regrettés Joseph Béraud, Deseille, Renoux... Le gardien de but était alors Adrien Lions, qui évoluait déjà dans le style des portiers latins pour la grande joie des spectateurs. Les matches se déroulaient alors sur le terrain de Saint-Vincent, près du lavoir. Malheureusement, des difficultés se présentèrent en raison justement de l'utilisation du champ de jeu et la société contre son gré, dût une nouvelle fois, se mettre en sommeil en 1923. Ce sommeil dura six ans mais un enthousiasme pour le ballon rond bouillonnait au coeur de cette petite cité sportive, à telle enseigne qu'une assemblée générale extraordinaire fut provoquée un soir de décembre 1929. Assemblée tenue devant une affluence record et qui allait décider de l'avenir du Stade Transian. Un avenir qui durant quelques années allait être suffisamment brillant grâce à un effectif nullement dépourvu de qualités et aussi, sur le plan financier, à la manifestation de quelques mécènes tels Eugène Audemard et en particulier Monsieur Fournial qui fit don du terrain actuel (en bordure de la route de Draguignan). Ce nouveau champ permit à l'équipe première (car il y avait un onze "réserve") de s'engager en championnat.

 

Stade-Transian-Annees-30.JPG

 

Le Stade Transian dans les années 30

 

Accédant deux ans plus tard à la Promotion d'Honneur avec comme adversaires, Fréjus, Saint-Maxime, Cogolin... le Stade Transian jouant sous les couleurs jaune et vert connut alors sa "belle époque". Des Arcois (Albert Pellerud, Charles Durando et le gardien Germain Salvestrini) vinrent renforcer l'équipe du cru comprenant Joseph Béraud, Bettroma, Jauffret, Victor et Jean Bolla, Baptistin Jugi, sans oublier l'infatigable François Garcin. Volant de succès en succès, le Stade Transian remportait le 13 mai 1933, la coupe "Grand Sport" en triomphant sur le sol du chef-lieu de l'Olympique Dracénois par 2 but à 1. Quelques jours plus tard, les jaunes et verts rencontraient l'équipe de l'escadre anglaise. Mais l'évènement le plus marquant de cette saison fut la venue, le 6 août, à l'occasion de la fête locale, de l'équipe de division nationale de l'AS Cannes avec toutes ses vedettes (Duteil, Bardot, Clerc, Fecchino, Aitken...) qui avaient remporté la saison précédente, la Coupe de France. Ce fut un très grand jour pour le football transian en dépit de la sévère défaite (17-0) subie par l'équipe locale. Cette période pleine d'intérêt se poursuivit jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. De l'effectif, des jeunes se révélèrent tels les frères Giaccobbacci du Muy, et Victor Bolla, lequel devait faire par la suite une belle carrière au SC Dracénois jusqu'en CFA. Rappelons pour mémoire le comité directeur de cette belle époque pour les anciens : président, Joseph Béraud, vice-président, Joseph Raynaud, trésorier, Paul Blanc, secrétaire, Ernest Jugi. Ce comité directeur fut pendant de nombreuses années la cheville ouvrière du Stade qui comptait alors pas moins de 58 membres actifs. A souligner qu'Ernest Jugi, excellent joueur, fur retenu dans l'équipe de Provence en 1930 et devait s'illustrer par la suite sous les couleurs du SC Dracénois. Pendant la guerre, le football transian fut une nouvelle fois mis en veilleuse. Puis, sous l'impulsion de Jean Benati et sous la présidence de Jean Collomp, le ballon rond revient à la surface en 1947 sous l'appellation de l'Olympique Transian pour opérer en première série avec les frères Giraudo, Louis Césana, Joseph d'Agostini, Louis Crecchi, Gamatte, Paul Roux, Louis Luccerini, Biagini, Weiten et les frères de Laval, dont Louis est l'actuel président du club de supporters du SC Dracénois. Ces supporters du Sporting dont les Transians constituent depuis quelques années une large portion, en tous cas la plus enthousiaste. Car faut-il souligner que la disparition de l'équipe de Trans en 1952 fut en grande partie causée par l'extrême popularité dont parvint à s'entourer le Sporting Club Dracénois dès cette date tant en CFA qu'en Coupe de France. Les Transians, en véritables sportifs, n'en ont éprouvé aucune amertume. Bien au contraire puisqu'ils apportent leurs encouragements sans limite à l'égard du grand club "noir et blanc". Bon nombre d'entre eux d'ailleurs, tels Ernest Jugi se manifestèrent lors de l'assemblée extraordinaire du mois dernier qui décida de l'avenir du Sporting. Sur le vieux terrain bordant la route nationale, de nombreux jeunes Transians continuent à s'entraîner régulièrement. Ces jeunes Transians, dont plusieurs opèrent dans diverses catégories au SC Dracénois sous les conseils de Mus et Raoul Duflot. Quelques-uns d'entre eux ne manquent pas de qualités. Feront-ils dans un proche avenir, comme certains de leurs aînés, les beaux jours du Sporting ? C'est bien possible, comme il est possible aussi qu'un beau jour le Stade ou l'Olympique reparte d'un nouveau pied. Un commerçant récemment installé s'est d'ailleurs offert pour aider financièrement le cas échéant, une telle entreprise qui permettrait aux couleurs "jaune et vert" du pays des cascades de réapparaître sur la scène du football varois.

 

Auteur de cet article : Elie Ghorda. Var Matin 19 juillet 1962.

 

Stade-Transian-Annees-60.JPG

 

Années 50. De gauche à droite : Célestin (Titin) Corsi, Louis (Loulou) Césana, ?, Laurent Giraudo, Roger Giordano, Francis Pipino, Laurent Giraudo.

Accroupis : Marius Lerda, Joseph D'Agostini, Louis (Loulou) Luccerini, Mathieu Manchia, André (Dédé) Guiol, Raoul Duflot.

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 16:58

 

Marius-Lambert.jpg

 

Marius-LAMBERT-Gd.jpg

 

Je n'ai pas la date exacte de la publication de cet article car la personne qui me l'a confié n'a pas pris soin de la noter dans un coin. Mais enfin si on lit bien l'article, il est spécifié que Monsieur Marius Lambert est né à Trans en 1875. Le journaliste écrit qu'il a 94 ans aujourd'hui. Donc, cet article date de 1969.
Qui se souvient de Marius Lambert qui allait à Draguignan sur sa wagonnette en la faisaint avancer avec le pied ? 
Une chose est sûre, à l'époque il y avait moins de circulation qu'à l'heure actuelle !

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Je vous livre le récit de l'article du journal (j'ai rajouté mes propres annotations en bleu pour les distinguer du texte).

Il est mince comme un ceps de vigne, ses yeux bleus semblent regarder vers le passé pour y retrouver les images qui lui furent familières, celles du vieux Trans où il est né en 1875 (en fait le 3 avril 1876) à l'impasse du Parterre. Il regarde les transformations avec philosophie et il continue à 94 ans à cultiver son jardin et à circuler sur sa "wagonnette". C'est une curieuse machine sur quatre roues, en fer, avec un banc sur lequel il s'installe lui et ses outils et qu'il fait avancer avec un pied (je précise que ces fameuses "wagonnettes" tout le monde en avait dans le village, elles servaient à transporter tout ce qui était transportable, les ménagères l'utilisaient pour porter leur linge au lavoir ou pour aller vendre leurs légumes au marché à Draguignan, ce n'était pas un moyen de locomotion. De nos jours, certaines personnes possèdent toujours ces "wagonnettes" et elles servent par exemple pour porter les vases au cimetière pour la Toussaint. Dans d'autres villages alentour, ces "wagonnettes" étaient appelées "roulottes" à La Motte ou au Muy par exemple. Peut-être qu'ailleurs, elles portaient encore un autre nom, je compte sur vous pour me le dire...).

Monsieur Marius Lambert ou "Pépé" Lambert pour tout le village est le doyen de Trans et sans doute le personnage le plus populaire.
Lorsqu'on le voit avancer sur son engin route de la Motte, tous les automobilistes se rangent ou bien s'arrêtent et le saluent comme un champion du Tour de France.

Monsieur Marius Lambert est le beau-père de Monsieur Vidal, l'adjoint au maire qui a la passion du vieux Trans et de son histoire. il possède d'ailleurs des archives sur la ville ancienne auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux.

Nous avons rencontré Marius Lambert en famille, dans sa maison près du pont de la Motte, ombragée par un magnifique mûrier plus de trois fois centenaire puisqu'il a été planté sous Henri IV... (ce mûrier n'existe plus de nos jours).

"Pépé" Lambert venait de faire sa sieste et s'apprêtait à se rendre à son jardin à bord de son coursier original, il a volontiers laissé couler les souvenirs...

Pont-de-la-Motte.jpg

 

Le pont de la Motte

Nota personnel de Nadine : Le troisième monsieur au fond avec le plastron blanc est mon arrière-grand-père Jules Rambaud, le grand-père paternel de ma maman. La grand-mère de maman (côté maternel) Thérèse Vincent est passée sur le pont de la Motte alors qu'il était en constuction avec un fagot de bois sur la tête, bois qu'elle était allée chercher dans la colline (dans les années 1880).

 

 Reprise du récit de Marius Lambert :

"Voyez-vous ce pont de la Motte, j'ai assisté au début de sa construction, c'était en 1899. A ce moment là, ici, c'était la campagne et la paysage depuis a bien
changé" (quand il n'y avait pas encore le pont, pour aller vers La Motte, Le Muy, etc, il fallait passer par le chemin de Trans à La Motte, aujourd'hui chemin des Clauses).

"Il y avait 5 moulins à farine à Trans, 21 moulins à huile et 3 filatures de soie, plus une grande bouchonnerie. On faisait 20 km à cheval pour transporter des fûts de plus de 500 litres d'huile qui partaient après à Marseille et à Nice. Nos moulins fabriquaient de l'huile renommée dans toute la région. De l'huile vierge dont on a perdu l'habitude". (A l'époque, Trans était un village florissant et prospère avec toutes ses industries... Je ferai un article sur le sujet).

C'est une campagne virgilienne que nous décrit "Pépé" Lambert où poussaient l'olivier et le mûrier sur les collines et dans la bordure de la Nartuby. Il y avait peu de vignes. Les mûriers nourrissaient les vers à soie. Toutes les familles de Trans cultivaient les "graines" de vers à soie. Les cocons étaient traités dans les filatures et de nombreuses femmes venaient d'Italie pour y travailler. La soie, par longues tresses, partait pour Paris et Marseille (cela aussi je vous le raconterai...).

Partie-de-campagne.jpg

 

Voilà la fameuse "Clairette de Trans" dont parle Marius Lambert ci-dessous.
Je vous cite les noms de ces demoiselles : De gauche à droite : Yvette Michelis,
Maryse Gasca, Simone Lambert, Simone Michelis, Jacqueline Lambert, Jeanine Michelis (qui tient la bouteille de "Clairette" entre ses pieds), Liliane Chiambrino et Alberte Pourchier.


Ah, la "Clairette de Trans" Marius Lambert en parle avec émotion. Retenue par des murs (restanques) la vigne poussait sur les collines. On la soignait avec du soufre. Elle produisait un raisin nommé la "Clairette" que l'on pouvait même déguster à Pâques en le conservant dans un endroit sec (au grenier sur des claies appelées canisses).
Dans ces bucoliques rivages "Pépé" Lambert, commença à travailler dans une scierie à 25 sous par jour en 1888. "Ce n'était pas facile mais il y avait le jardin..."
Ce jardin, pour Marius Lambert, comme pour le "candide" de Voltaire, c'est toute une philosophie. Bêcher, arroser, arracher les mauvaises herbes, fut pour le doyen de Trans, un véritable deuxième métier, qu'il n'a d'ailleurs jamais abandonné.
A 94 ans, la terre reste son grand souci en bon provençal qui se respecte.
Son secret de longévité ? Une vie saine... et cultiver son jardin. Avis à ceux qui veulent devenir centenaires, tout en conservant, comme Marius Lambert, une lucidité remarquable quant à l'esprit et une agilité du corps qui lui permet de se mouvoir sur son étonnante "wagonnette".
Dans le passé, dit-il, j'allais ainsi à Draguignan (à 5 km de Trans) faire mon marché, j'entassais mes provisions et je revenais chez moi.
Les chauffeurs de car avaient l'habitude de rencontrer sur la route "Pépé" Lambert et sa "wagonnette". Ils le saluaient au passage.
Aujourd'hui, cet ancien de Provence, prend un malin plaisir à gagner au jeu de cartes, à aider les plantes à éclore, à consolider le vénérable mûrier tricentenaire et à voir grandir une petite Laurence de neuf mois dont il est le trisaïeul !

Nota : Je vous précise de Monsieur Marius Lambert est décédé en 1971.
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