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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:00

    Armoiries de Trans

 

On ne trouve aucune mention d'armoiries communales avant la fin du XVIIe siècle. Elles apparaissent en fait en 1696 à la suite d'une réglementation édictée à la fin du règne de Louis XIV. A cette époque, le gouvernement royal avait de grands besoins d'argent provoqués notamment par les dépenses des guerres. Pour se procurer les ressources nécessaires, le gouvernement eut finalement recours à toutes sortes d'expédients dont on a souvent souligné le caractère parfois ridicule : par exemple, la création des offices de jurés mesureurs de charbon et celle de jurés crieurs d'enterrements. C'est ainsi qu'en 1696, obligation fut faite à toutes les communes de posséder des armoiries et de les faire enregistrer dans le grand Armorial général de France, ce qui devait entraîner évidemment le paiement d'une taxe. On pensait que le fait de posséder des armoiries flatterait la vanité des communes qui n'en avaient pas encore. Ce calcul ne se révéla pas toujours exact. En particulier le Conseil communal de Trans, dans sa séance en date du 2 juin 1697 répondit : "La Communauté n'a pas besoin d'armoiries et ne prétend n'en avoir aucune dans la suite, surtout à cause de la grande pauvreté". Evidemment, la commune dut s'incliner et se choisir des armoiries qui furent celles de la famille seigneuriale de Trans : les de Villeneuve. Elles furent enregistrées au grand Armorial général de France avec la description suivante : "De gueule, fretté de six lances d'or, entre-semé de petits écussons de même, et sur le tout, en coeur, un écusson d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or". A la fin de l'Ancien Régime, apparaissent d'autres armoiries qui sont mentionnées dans le dictionnaire d'Achard publié en 1785 et qui sont ainsi décrites : "D'azur, à un pont à deux arches d'or, avec trois fleurs de lys du même en chef ; l'écusson surmonté d'une couronne de marquis". Il n'est pas possible de fixer l'origine de ces nouvelles armoiries, ni la date de leur apparition. Faut-il y voir le désir de différencier les armoiries de la commune de celles du Seigneur ? Ce n'est pas impossible mais ce n'est pas certain. Ces nouvelles armoiries paraissent avoir été adoptées par la commune. En effet, lorsqu'un décrêt du 17 mai 1809 prescrivit qu'aucune commune ne pourrait prendre d'armoiries avant d'en avoir obtenu l'autorisation de l'Empereur Napoléon Bonaparte, une délibération du Conseil municipal de Trans, du 26 novembre 1809 demanda "que les armoiries particulières de cette commune fussent composées d'un écusson d'azur au pont à deux arches d'or ; et d'un chef de gueule au lion passant aussi d'or, et que cet écusson fut ceint et entouré de branches de laurier, le pont composant les anciennes armes". On voit que le lion devait remplacer les fleurs de lys. Mais il semble que cette demande n'ait jamais eu de suite. Depuis lors, Trans a toujours utilisé ses doubles armoiries, l'une inscrite au grand Armorial de France et l'autre au dictionnaire Achard.

 

Source : D'après un texte de Guillaume Barles

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:30


Le village de Trans est très bien bâti. La Nartubie (de nos jours, l'orthographe est Nartuby) baigne ses murs. Cette rivière vient quelquefois si grosse, qu'elle inonde les rues et menace d'entraîner les habitations (voir mon article sur l'inondation de 1827 : cliquez ICI).
 


   Les eaux passent habituellement sous trois ponts peu distants les uns des autres, et se précipitent dans un gouffre profond, formé par d'énormes rochers de tuf (ce sont : le pont Bertrand, le Pont-Vieux et le Grand pont, le pont de la Motte n'a été érigé qu'à la fin du XIXe siècle). Les belles cascades de Trans, quoique au bord de la route, sont presque ignorées, parce qu'elles n'ont pas eu un Vernet pour les peindre, ni un Pétrarque pour les chanter. Cependant, elles sont dignes du pinceau de l'un et de la plume de l'autre.
   

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Le climat de Trans est tempéré et l'air très sain. Il y avait autrefois dans le pays des moulins à foulon*, une belle filature pour la soie, et une fabrique d'organsin**, la première qui ait été connue en Provence. On n'y voit plus aujourd'hui qu'une filature à soie, des moulins à huile et à farine, un tournant*** (tournaou en provençal) qui servait aux taillandiers**** du pays, des scieries à planches, et une scierie à marbre qui vient d'être convertie en scierie à bois pour plaquage et marquetterie, qui doit fournir à tous les ébénistes de la Provence. On est étonné que le commerce de Draguignan n'ait pas encore songé à établir dans ce village une papeterie et même une filature pour le coton ; car, quoique Trans soit une commune particulière, il peut être considéré comme un faubourg du chef-lieu. Ces deux établissements augmenteraient l'habitation d'un tiers, et procureraient une nouvelle aisance qui n'est point à dédaigner.
La plaine de Trans est fertilisée par les eaux de la Foux de Draguignan qui nourrit de bonnes truites ; celles du ruisseau de Vallauris sont favorables aux écrevisses (les écrevisses ont hélas disparu de nos jours). Le territoire produit du blé, du vin, des légumes, du chanvre, des plantes potagères et surtout de l'huile d'olive. Il y a de belles pépinières de toutes sortes d'arbres fruitiers et d'agrément. Le pays est renommé pour sa bonne clarette, sorte de vin blanc très agréable au goût, mais un peu capiteux (j'en ai parlé dans mon article sur Marius Lambert, cliquez ICI). On y fabriquait de l'excellent ratafia, qui était recherché dans les environs. Les distillateurs sont trop riches aujourd'hui pour continuer une industrie à laquelle ils doivent leur fortune. Population : 1300 habitants (je vous laisse apprécier ce chiffre, aujourd'hui nous sommes quelques 5000 habitants).

    Notes de Nadine : 

- Je vous rappelle que ce texte a été écrit en 1835.
- Ce qui est entre parenthèses dans le texte a été rajouté par moi-même ainsi que les renseignements que je donne ci-dessous pour une meilleure compréhension de cet article.
* Tournaou : L'eau de la rivière servait à actionner une meule solidaire d'une roue à aubes, qui servait à émoudre et affûter les outils. Le tournaou est un élément rare de l'organisation sociale d'une commune (voir mon article sur le Chemin de l'eau à Ampus, où vous pourrez voir un tournaou, cliquez ICI).
** Organsin : Fil formé de deux fils de soie grège tordus séparément dans un sens puis ensemble en sens inverse et destiné à servir de fil de chaîne. 
*** La solidité du drap de laine est obtenue par le foulage qui lui donne sa texture consistante. L’étoffe tissée, peignée, est soumise à la pression mécanique de pilons et arrosée d’une solution alcaline dans des auges. Autrefois le foulage était réalisé dans des moulins à foulons sur les rivières parce qu'il exigeait une grande force motrice. 
**** Taillandiers : Forgerons qui fabriquaient et réparaient les outils agricoles tels que bêches, sarcloirs, râteaux, faucilles, haches, etc...

   

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 16:10

 

Le village actuel pris le nom deTrans, à cause de sa position en-delà de la rivière.
Il devint bientôt un lieu considérable. La baronnie de Trans ainsi que les terres des Arcs, de la Motte, d'Esclans et autres, furent inféodées, en octobre 1200, à Géraud 1er de Villeneuve, par Ildefonse II comte de Provence, "pour les bons et loyaux services que Géraud avait fait tant au roi d'Aragon son père qu'à lui, en plusieurs diverses et importantes occasions de paix et de guerre, et le beau et honorable train qu'il avait toujours tenu auprès de leurs personnes, avec beaucoup de prudence et de sagesse".

 


Louis XII

 

Trois siècles plus tard, Louis XII, voulant aussi récompenser les anciens services d'un descendant de Géraud, Louis 1er de Villeneuve, baron des Arcs et de Trans, chambellan du roi Charles VIII, commandant son armée navale, ambassadeur à Rome, érigea, par lettres patentes données à Blois en 1505, la baronnie de Trans en marquisat, titre qui n'existait point encore en ce royaume*. Aussi Louis de Villeneuve et ses héritiers investis du même droit, s'appellèrent-ils premiers marquis de France... Vingt-trois terres ou châteaux dépendaient de ce marquisat. Louis de Villeneuve, à qui Charles VIII avait donné la principauté d'Avélino près de Naples, était surnommé riche d'honneur. Son fils unique, fut tué en juillet 1516, à côté de François 1er. Bayard et Gaston de Foix répandirent des larmes amères sur la tombe de leur digne ami. 
Le château seigneurial de Trans, un des plus forts de la contrée, était près de l'endroit où se trouve la maison commune. En 1579, le seigneur d'Estoublon, à la tête d'une troupe de razats, vint l'assiéger ; et le 23 mai, il l'enleva d'assaut, malgré les prompts secours que la baron de Vins lui apporta, et malgré la bravoure du seigneur du lieu, et le courage héroïque de sa femme, qui était fille du comte de Carcès. Cette dernière fut sauvée du carnage par le baron des Arcs qui la couvrit de son manteau. Le plus jeune de ses enfants, encore à la mamelle, fut abandonné à la fureur des vainqueurs. Au moment où il allait être poignardé, un soldat d'Estoublon, tout razat qu'il était, en eut pitié et l'acheta sept sous et demi et le confia aux soins d'un muletier de Draguignan, nommé Trabaud, qui en eut grand soin ; à telle enseigne qu'il devint commandeur de l'ordre de Saint-Jean-de Jérusalem. Les autres enfants furent faits prisonniers ; mais le baron de Trans, Claude 1er de Villeneuve, et plus de six cents de ses défenseurs furent passés au fil de l'épée. Le château fut détruit ce jour-là.  Il n'en reste d'autre vestige que le bas d'une tour.

Source : Extrait du Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne et moderne - Etienne garcin - 1835.


Notes de Nadine :

- Le village de Trans est devenu le premier marquisat de France en 1505, il faut tout de même le souligner.

     

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 15:27

 

Trans : Joli village à une lieue de Draguignan son chef-lieu d'arrondissement et de canton. C'était autrefois une dépendance de cette ville. L'ancien village était appelé Infré, du latin infra parce qu'il était bâti en-deçà de la Nartubie, c'est-à-dire, du côté de Draguignan. On en découvre quelquefois des vestiges au quartier de Saint-Victor et près de la chapelle de ce nom.
La voie romaine qui de Fréjus allait à Riez, suivait la rive gauche de la Nartubie depuis vis-à-vis le village de La Motte jusqu'à Draguignan, à peu près au même endroit où se trouve ce qu'on appelle encore le vieux chemin de la Motte. Vers le milieu du siècle dernier, on découvrit une pierre milliaire en face de la terre de Valbourgès ; en octobre 1834, j'en ai reconnu une moi-même près de la chapelle Notre-Dame de Vallauris, trouvée depuis peu dans la terre ; elle est en granit foncé, et porte une inscription assez dégradée pour en rendre la traduction difficile. 

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A ce même quartier, on a découvert à différentes époques, plusieurs pièces d'antiquité qui n'étaient pas sans intérêt. J'y ai reconnu plusieurs tombeaux en briques, des lacrymatoires*, des lampes sépulcrales, des amphores en verre bleu, un dessus de tombeau en calcaire, ayant aux deux angles de devant une tête d'enfant, et sur la face la figure d'un animal fabuleux. Dans ces différents tombeaux, il y avait des médailles à l'effigie de Trajan ; et ailleurs d'autres médailles à l'effigie de César-Auguste, d'Agrippa, de Germanicus, de Maxime et d'autres indéchiffrables. On y voit encore plusieurs pierres de granit qui ont dû appartenir à un édifice romain ; quatre sont rondes comme le fût d'une colonne. En ce même endroit, il y a dans la terre cinq bassins en amphithéâtre, élevés en gradins chacun de neuf pouces en sus de celui qui vient après. Ils donnaient de l'eau à un plus grand bassin ; ils sont tous en mastic très solide et bien conservé. Il paraît que la petite source qui vient grossir le ruisseau en-dessous de la chapelle alimentait ces bassins ; mais qu'une révolution ou une obstruction dans le canal lui a fait changer son cours. Dans le grand bassin, j'y ai trouvé des écailles d'huîtres de l'Océan, preuve incontestable que près de là se trouvait une belle villa ou maison de campagne, appartenant à une famille romaine très opulente.
En février 1833, on a trouvé au quartier du Gabre plusieurs médailles en bronze, dont les mieux conservées sont, une d'Adrien, une d'Agrippa et une de Julia Marsa Augusta ; elles étaient près d'une belle urne cinéraire intacte, renfermée dans un vase de grès avec son couvercle.

Notes de Nadine :

- Plusieurs des vestiges cités, notamment la borne milliaire se trouvent aujourd'hui conservés au musée municipal de Draguignan. Je vous conseille vivement d'aller visiter ce musée qui rassemble des collections très intéressantes. Voir ce lien :
http://www.gralon.net/tourisme/musee-musee-municipal-228.htm
- La voie romaine qui allait de Fréjus à Riez était la voie aurélienne. Elle fut construite en 242 avant J.C par les Romains. Elle pénétrait dans les Gaules par le littoral méditerranéen, passait au Muy, puis un embranchement partait vers Riez, traversait le territoire de Draguignan par le chemin actuel de Montferrat et le quartier de la Clape(clape = clapier = amas de pierres).
- La chapelle Notre-Dame de Vallauris existe toujours. Elle se trouve dans une propriété privée. On la voit de la route à travers les arbres quand on est au quartier de Vallauris. Elle est face à la route qui vient de Trans à l'intersection au-dessus dans la colline.
- * Lacrymatoire :
 Petit vase de terre cuite ou de verre, déposé dans la plupart des tombeaux, et qui, selon toute apparence, contenait les huiles odorantes dont ont parfumait le bûcher avant de l'allumer. On a cru longtemps que des lacrymatoires servaient à recueillir les larmes répandues aux funérailles des morts.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 00:00

 

Trans-Desciption

 

Trans1

   Trans2

 

Trans3-copie-1.jpg

 

 Je vous propose une description de mon village : Trans-en-Provence, dans le beau département du Var. Pour mieux lire les textes, il vous suffit de cliquer sur les photos pour les agrandir, vous pouvez même les enregistrer. La description a été faite par Claude-François Achard, auteur du Dictionnaire de la Provence et du Comtat Venaissin. A l'époque où ce dictionnaire est paru (1788), les "s" étaient remplacés par des "f" en imprimerie, c'est la seule difficulté de la lecture. J'ai réalisé les photographies de ces pages aux Archives départementales du Var à Draguignan où j'ai l'habitude de me rendre depuis quelques 24 ans que j'ai entrepris de faire ma généalogie. Je vous précise puisque c'est le titre de cet article que Trans a pris le nom de Trans-en-Provence en 1920 pour le distinguer des autres Trans qui existent en France.

 

Trans-Place-de-la-mairie.jpg

 

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