Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 20:40

 

Moulin à huile communal

 

Devant le moulin à huile

 

C'était le temps des copains, des réunions entre amis au moulin à huile communal

converti à présent en médiathèque. Je situe la photo à la fin des années 50-début des années 60.

Je site quelques-uns des messieurs présents : Jean-Marie LERDA, Jean-Claude SAPPA, Jacky PERRIMOND, Joseph WEITEN, Robert GARCIN, Albert BENATI, Bruno GASCA, Louis CESANA, Jean-Paul GARCIN, Louis LUCCERINI, Antoine BRONDELLO, etc... sans oublier la wagonette à gauche. Cliquez sur la photo si vous voulez la télécharger. Si je pouvais par l'intermédiaire d'un transian ou d'une transianne qui regarde mon blog, avoir le nom des autres personnes, ce serait sympa de sa part.

 

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 00:01

 

Il existe à Trans en Provence un quartier qui porte le nom de quartier du Bois Rout ou des Bois Routs. Ce quartier comporte une carraire. Je vais d'abord vous donner l'explication de l'étymologie de ce quartier et ensuite quelques renseignements sur les carraires.

Pourquoi le Bois Rout ? Au sortir des guerres de Religion, la situation financière de Trans était catastrophique. On évaluait le montant total des dettes de la Communauté à 20.000 écus, ce qui représentait à peu près la valeur totale de l'ensemble des propriétés privées du terroir. Pour éteindre ce passif qui s'accroissait sans cesse d'intérêts et de frais de prodédure, l'impôt n'était pas suffisant. Il fallait créer des ressources extraordinaires. Après avoir envisagé plusieurs solutions, on décida d'affermer une partie de la forêt communale en vue de son défrichement. La commune de Trans était propriétaire d'un vaste domaine boisé qui comprenait la forêt de la Darboussière (endroit planté d'arbousiers) ainsi que le quartier rural contigu, que l'on appelle actuellement le Bois Rout. Cette dernière partie de la forêt communale se dénommait alors l'Euzière (endroit planté de chênes) ou encore le Gros Bois. On décida de la louer par lots, avec obligation pour les locataires de défricher et de semer du blé, le tout moyennant une redevance destinée au paiement des créanciers de la commune. L'opération fut réalisée en 1604. Elle eut pour conséquence le défrichement de cette partie du terroir, que l'on ne tarda pas à appeler le Bois Rout, c'est-à-dire, le bois rompu, ce qui voulait dire en provençal de l'époque, le bois défriché.

 

Source : D'après Trans en Provence de Guillaume Barles 1982.

 

Les carraires

 

  Du provençal carrairo. A désigné d'abord la voie carrossable. Tombé en désuétude dans le sens de chemin-route, il a été conservé en provençal pour désigner les voies de transhumance. Ces voies ont, depuis toujours, été cause de conflits entre les riverains (propriétaires terriens) et les utilisateurs (bergers transhumants). Sans doute, l'antique rivalité entre nomades et sédentaires, mais aussi des torts réciproques : dégâts causés par ces migrations, d'un coté, et empiétement et restriction de la carraire, de l'autre. Les archives des parlements (celui d'Aix en particulier) sont pleines de relations de procès, d'ordonnances, de droits de passage accordés puis refusés, de taxes diverses dont une de "pulvérage" (de poussière) relatifs à ces conflits. Jusqu'à une époque que l'on peut situer au milieu du XIXe siècle, les éleveurs groupaient leurs troupeaux jusqu'à en arriver à des effectifs de 50 à 70.000 têtes divisés en troupeaux (scabots) de 4 à 6.000 têtes se suivant à peu de distance. Le tout, encadré par plus d'une centaine de bergers, formait une force capable de se frayer un passage partout où cela était nécessaire. Car les riverains empiétaient peu à peu sur ces voies lorsqu'elles empruntaient des zones cultivables. Ceci devait aller en s'accentuant, avec l'amélioration des techniques culturales et le développement démographique. Au début du XXe siècle, il ne subsistait des carraires que quelques tronçons dans les garrigues ou les rochers. Le réseau routier prenait alors le relais. Puis, à partir des années 30, commencèrent les déplacements par voie ferrée. Ils furent stoppés durant les années de guerre. D'ailleurs, le rail ne résolvait pas entièrement le problème car les gares terminus étaient parfois encore à plusieurs jours de marche des pâturages. Les transports par camions se sont maintenant généralisés ; ces camions, d'une contenance de 400 à 500 bêtes peuvent faire le trajet entre 4 et 8 heures.

 

Source : benjamin.lisan.free.fr/bergersdefrance

 

transhumance.jpg

 

Les carraires sont issues de coutumes remontant au XIIe et XIVe siècle instaurées par

les Comtes de Provence. Les seigneurs donnèrent le droit de passage pour permettre le passage des troupeaux de moutons partant de la basse Provence (Bouches du Rhône, Var) vers la haute Provence, lors de la transhumance.

Il y avait, semble-t-il les petites carraires qui servaient à faire circuler les troupeaux dans l’aire de la communauté et les grandes carraires qui servaient à traverser toute la

Provence. L’assiette de ces passages n’était pas fixe et dépendait des cultures. Les

propriétaires n’étaient pas dépossédés du sol sur lequel elles étaient tracées. Alors que les carraires étaient tombées quelque peu en désuétude, un arrêté du parlement de l’ancienne province de Provence du 21 juillet 1783 imposa leur rétablissement. Il les soumit à un régime spécial qui prévoyait la détermination de leur assiette et de leur largeur ainsi que des dates annuelles avant lesquelles elles devaient être fixées. D’autres arrêtés ont prescrit à nouveau leur rétablissement et les mesures pour constater leur existence, leur maintien ou leur suppression.

 

Nature juridique de la carraire :

 

La carraire est une servitude d’utilité publique au profit d’un usage particulier : la transhumance. Si anciens que soient ces chemins, les propriétaires ont le droit de

s’opposer à leur utilisation par des tiers pour un usage autre que le passage des

troupeaux. Aujourd’hui, avec l’abandon des transhumances, les carraires auraient dû disparaître. Seule la commune pourrait décider de la reconstitution d'une carraire en fonction des besoins de transhumance.

Sur certains plans cadastraux il est fait mention de carraires. Certaines communes en ont même fait des chemins ruraux, propriété de la commune. Les propriétaires à qui on impose ce passage sont en droit de le contester, en démontrant par titres, plans, archives et rapports d’expertise qu’il s’agit d’une carraire.

 

Source : “La Circulation en forêt” - Edition L’Harmattan -

**********************

J'ai trouvé un sujet sur les carraires sur France3 avec une vidéo :

http://cote-d-azur.france3.fr/info/var--polemique-autour-des-chemins-de-carraire-67488735.html

 

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 18:31

 

En 1998, les éditions Yves Ducourtioux ont édité des cartes postales de Trans en Provence. Il s'agit de dessins et non pas de photos. J'ai réussi à les retrouver et je vous propose même la version colorisée de ces cartes. Elles représentent : l'Eglise, l'Hôtel de ville, le Pont Vieux et le Puits aérien.Ducourtioux-Eglise

 

Ducourtioux-Eglise Couleur

 

 Ducourtioux-Hotel de ville

 

 Ducourtioux-Hôtel de ville Couleur

 

 Ducourtioux-Pont

Ducourtioux-Pont Couleur 

 Ducourtioux-Puits aérien

 Ducourtioux-Puits aérien Couleur

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 16:04

 

Albert Perrimond et Roger Duhâa

 

Julienne Duhâa-et-Augusta Perrimond

 

 Ces deux photos ont du être prises dans les années 30.

Maris et femmes à moto.

Albert Perrimond et Roger Duhâa. Julienne Duhâa et Augusta Perrimond.

 

barre-fleur13-1.gif

Partager cet article
Repost0
30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 00:00

 

Au début du XVIe siècle, à une époque où aucune restriction n'avait été apportée au droit de chasse, tout le terrain compris entre les Croisières, au haut de la montée de la route des Arcs et la fontaine appelée Font-Cabrette, au quartier de Saint-Vincent, était entièrement boisé. Cet endroit était appelé indifféremment Bosquet, Bousquet ou encore Gardiole. L'appelation de Bosquet qui ne s'applique plus de nos jours qu'au bosquet situé entre l'agglomération et la route du Muy, était la plus usitée. Cet immense terrain, dans lequel les habitants du pays faisaient paître le bétail était "il y a cinquante ans, écrit-on en 1573 dans les archives, fort peuplé d'arbres, tant en yeuses (chênes verts), cades (ou genévriers cades), lentisques (ou pistachiers) et autres et en si grande quantité que, lorsqu'on était dans le dit bois, à peine se voyait le soleil pour la raison de la grande affluence et abondance des dits arbres. Les conilhes ou conils (les lapins) y étaient en si grand nombre qu'ils venaient courir en troupes sur le chemin". (Nota de Nadine : tout cela a bien changé aujourd'hui quand on sait que la double voie traverse ce quartier).

 

Vue générale du village

 

La terre de l'Escaillon était une portion de Trans hors les murs comprise entre la chapelle Notre-Dame de Pitié, l'actuelle rue Nationale, l'actuelle rue des Moulins et le quartier du Bosquet. Ce fut une terre seigneuriale jusqu'à la Révolution. D'après un procès verbal en date du 12 novembre 1695, elle était alors complantée en oliviers et en restouble (on y faisait du blé). (Restouble : du provençal estoublo "terre en chaume"; dérivés estoubloun "chaume"; restoubla "remblaver sur le même terrain, recommencer" ; restouble "champ en chaume" Cf. Dictionnaire provençal). Cette terre était complantée en vigne, au temps du marquis Jean de Villeneuve jusqu'en 1625. La vigne avait dépéri de vieillesse au moment de l'entrée en jouissance d'Antoine de Villeneuve vers 1630, on ne la remplaça pas, la culture oliviers-blé étant plus rémunératrice. Le rapport de 1695 dit encore : "La vigne n'est pas bonne parmi les oliviers, n'ayant besoin que de son ombre". Il ajoute : "On a fait de cette terre une petite ferrage (Du provençal ferrayo : terre à blé extrêmement fertile et située aux alentours d'une commune Cf. Dictionnaire provençal) arrosable en amenant des eaux qu'on a fait venir de la propriété seigneuriale du Claus au moyen d'un fossé large et profond creusé du temps d'Antoine de Villeneuve (entre 1629 et 1672) qui donnait également de l'eau aux terres du Gabre et à beaucoup de propriétés des habitants". Nota : A préciser que cette propriété du Claus est devenue plus tard vers 1760, le parc du nouveau château (ce parc a été transformé en plusieurs jardins potagers au fil du temps, puis il y a quelques années en parking de 150 places sous l'actuelle municipalité) ; (Claus, Claux, Clausas, Clausis, Clauzis viennent de l'occitan et désigne un lieu clos, fermé, du latin Clausum pour fermé Cf. Dictionnaire provençal). "Cette irrigation donc, était doublement profitable pour la ferrage : elle faisait produire davantage aux terres et donnait une valeur plus grande aux propriétés des particuliers, elle procurait en cas de vente, un droit de lods plus élevé". (Droit de lods et ventes : droit casuel consistant en des taxes seigneuriales prélevées à chaque fois qu'une terre censive était vendue. Ce sont les droits de mutation perçus par le seigneur lors de la vente ou de l'échange d'un terre roturière par un censitaire. Cf. Wikipédia).

 

Source : Les Archives de Trans - Jean Barles - agrémenté de mes propres recherches.

 

 

Partager cet article
Repost0
23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:00

 

Bonjour à tous,

J'ai pu récupérer récemment grâce à un ancien du village un article de journal ou plutôt toute une page qui parle du Stade Transian. Il s'agit du Nice-Matin du jeudi 19 juillet 1962 et l'article est intitulé : "Trans-en-Provence vit du souvenir de son glorieux stade transian". Je vous livre donc le texte de cet article et vous verrez que les souvenirs remonteront à la surface.

 

Stade-copie-1

 

"Récemment s'est tenu à Joinville le stage national des entraîneurs de football réunissant cette année quelques 70 candidats retenus parmi lesquels de nombreux internationaux tels Abbés, Domingo, Remetter, Skiba, Strappe et autres Tellechéa ou Stojaspal. Selon la tradition, les grands hebdomadaires sportifs de la capitale ont accordé une large place à ce stage de formation groupant une bonne partie de l'élite du football français. Pour chaque candidat est précisé son lieu de résidence : Reims, Paris, Marseille, St-Etienne, Nancy, Strasbourg, Le Havre, Angers... autant de villes rappelant un glorieux passé footballistique. Parmi tous ces grands centres de ballon rond figure une petite localité inconnue pour beaucoup : Trans-en-Provence. Les gens du Nord (pour les Provençaux, le Nord c'est tout ce qui se trouve au-dessus de Montélimar) peuvent feuilleter toute documentation contemporaine, ils ne trouveront pas Trans, même dans les séries inférieures des championnats de football. Pour la bonne raison qu'aucun club n'est actuellement en activité dans ce charmant village de 1 016 âmes (Nota de Nadine : nous sommes plus de 5 000 habitants au dernier recensement), qui constitue en quelque sorte une grande banlieue du chef-lieu varois distant de 4 km. Mais nous avons oublié de vous dire qui était celui qui a permis à Trans d'avoir le privilège de figurer récemment en bonne place dans les colonnes sportives des journaux de la capitale : il s'agit de Raoul Duflot, domicilié dans cette commune, mais travaillant comme secrétaire administratif à Draguignan. Duflot qui fut dans le passé, moniteur d'éducation physique puis footballeur à Caen, Hyères et au S.C. Dracénois, au sein duquel il aidait Mus l'an dernier dans l'éducation des jeunes. Oui, Trans-en-Provence réputé pour ses cascades, ses truites, son hôtel de ville, ne compte aucune société sportive. Ce qui constitue un paradoxe lorsque l'on sait que cette localité abrite bon nombre de personnalités de diverses disciplines telles que Tricon dit "Le japonais", incontestable vedette nationale du sport bouliste ; la famille Lovero qui en trois ans s'est illustrée dans l'innombrables réunions de kart et dont un des fils (Albert) est d'ailleurs champion de France ; Maître Georges Poulet, ceinture noire et professeur de judo. Sans parler des nombreux footballeurs qui y résident : Guillen, Rocamora, l'entraîneur du Sporting Louis Mus, Célestin (Titin) Corsi entraîneur à Barjols et l'arbitre Jean Benati. Comme on le voit, il y aurait de quoi constituer un club omnisports ne manquant pas de cadres. Nous aurons l'occasion de revenir plus en détails sur ces diverses personnalités sportives. Pour l'instant, arrêtons-nous un instant sur le passé du football transian, car si Trans-en-Provence n'a pas actuellement d'activité footballistique, il y a dans ce domaine une histoire assez longue que les anciens n'ont pas oublié et qui mérite d'être contée.

   Stade-Transian-1911.JPG

 

1911. Le premier match entre le Stade Transian et le SC Dracénois (maillot rayé noir et blanc). Sur cette photo figurent les Transians : François Garcin, Joseph Raynaud, François Chauvet, Ernest Martin, Jules Saurin, Hubert Reynier, Lombard, Célestin Tripoul, Audemard, Lazare et Damiano et les Dracénois Henri Giran, Toucas, Roth et Gailler.

 

La source de cette histoire remonte à 1911. Cette année-là sous l'impulsion de quelques jeunes sportifs de la localité et d'Emile Béraud en particulier fut créé le Stade Transian dont le siège fut fixé au Café du Commerce. Parmi ces pionniers figuraient certains éléments opérant précédemment sous les couleurs du SC Dracénois (créé 7 ans plus tôt) tel François Garcin qui porta le maillot "noir et blanc" aux côtés de Giran, Ragot, etc... et un avant-centre de grande classe : Ernest Martin, sollicité par Sète et l'Olympique de Marseille et dont il fut même question pour la sélection de l'équipe de France. Hélas, la terrible épreuve de 14-18 stoppa dans son élan cette vaillante société dont bon nombre de représentants laissèrent leur jeunesse sur le champ de bataille. Le Stade Transian reprit néanmoins son activité en 1921 sous la présidence de M. Joseph Béraud et d'un bureau constitué de la façon suivante : vice-président : Pierre Mireur, trésorier : Ferdinand Giraud, secrétaire : Emile Deseille, le président d'honneur étant M. Baptistin Jugi. Ce conseil d'administration décida d'instituer des cotisations qui furent fixées à 3 francs par mois pour les dirigeants et joueurs seniors et à 1 franc pour les juniors. Ainsi, à cette époque, fallait-il payer pour jouer au football ! Ce à quoi se soumettaient de bonne grâce les équipiers (qui étaient pour la plupart également dirigeants) et en particulier un certain Alexandre Rubis qui n'hésitait pas tous les dimanches à faire le trajet aller-retour Le Trayas-Trans à bicyclette. Le toujours jeune François Garcin faisait encore partie de l'équipe aux côtés d'Edouard Tornare et des regrettés Joseph Béraud, Deseille, Renoux... Le gardien de but était alors Adrien Lions, qui évoluait déjà dans le style des portiers latins pour la grande joie des spectateurs. Les matches se déroulaient alors sur le terrain de Saint-Vincent, près du lavoir. Malheureusement, des difficultés se présentèrent en raison justement de l'utilisation du champ de jeu et la société contre son gré, dût une nouvelle fois, se mettre en sommeil en 1923. Ce sommeil dura six ans mais un enthousiasme pour le ballon rond bouillonnait au coeur de cette petite cité sportive, à telle enseigne qu'une assemblée générale extraordinaire fut provoquée un soir de décembre 1929. Assemblée tenue devant une affluence record et qui allait décider de l'avenir du Stade Transian. Un avenir qui durant quelques années allait être suffisamment brillant grâce à un effectif nullement dépourvu de qualités et aussi, sur le plan financier, à la manifestation de quelques mécènes tels Eugène Audemard et en particulier Monsieur Fournial qui fit don du terrain actuel (en bordure de la route de Draguignan). Ce nouveau champ permit à l'équipe première (car il y avait un onze "réserve") de s'engager en championnat.

 

Stade-Transian-Annees-30.JPG

 

Le Stade Transian dans les années 30

 

Accédant deux ans plus tard à la Promotion d'Honneur avec comme adversaires, Fréjus, Saint-Maxime, Cogolin... le Stade Transian jouant sous les couleurs jaune et vert connut alors sa "belle époque". Des Arcois (Albert Pellerud, Charles Durando et le gardien Germain Salvestrini) vinrent renforcer l'équipe du cru comprenant Joseph Béraud, Bettroma, Jauffret, Victor et Jean Bolla, Baptistin Jugi, sans oublier l'infatigable François Garcin. Volant de succès en succès, le Stade Transian remportait le 13 mai 1933, la coupe "Grand Sport" en triomphant sur le sol du chef-lieu de l'Olympique Dracénois par 2 but à 1. Quelques jours plus tard, les jaunes et verts rencontraient l'équipe de l'escadre anglaise. Mais l'évènement le plus marquant de cette saison fut la venue, le 6 août, à l'occasion de la fête locale, de l'équipe de division nationale de l'AS Cannes avec toutes ses vedettes (Duteil, Bardot, Clerc, Fecchino, Aitken...) qui avaient remporté la saison précédente, la Coupe de France. Ce fut un très grand jour pour le football transian en dépit de la sévère défaite (17-0) subie par l'équipe locale. Cette période pleine d'intérêt se poursuivit jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. De l'effectif, des jeunes se révélèrent tels les frères Giaccobbacci du Muy, et Victor Bolla, lequel devait faire par la suite une belle carrière au SC Dracénois jusqu'en CFA. Rappelons pour mémoire le comité directeur de cette belle époque pour les anciens : président, Joseph Béraud, vice-président, Joseph Raynaud, trésorier, Paul Blanc, secrétaire, Ernest Jugi. Ce comité directeur fut pendant de nombreuses années la cheville ouvrière du Stade qui comptait alors pas moins de 58 membres actifs. A souligner qu'Ernest Jugi, excellent joueur, fur retenu dans l'équipe de Provence en 1930 et devait s'illustrer par la suite sous les couleurs du SC Dracénois. Pendant la guerre, le football transian fut une nouvelle fois mis en veilleuse. Puis, sous l'impulsion de Jean Benati et sous la présidence de Jean Collomp, le ballon rond revient à la surface en 1947 sous l'appellation de l'Olympique Transian pour opérer en première série avec les frères Giraudo, Louis Césana, Joseph d'Agostini, Louis Crecchi, Gamatte, Paul Roux, Louis Luccerini, Biagini, Weiten et les frères de Laval, dont Louis est l'actuel président du club de supporters du SC Dracénois. Ces supporters du Sporting dont les Transians constituent depuis quelques années une large portion, en tous cas la plus enthousiaste. Car faut-il souligner que la disparition de l'équipe de Trans en 1952 fut en grande partie causée par l'extrême popularité dont parvint à s'entourer le Sporting Club Dracénois dès cette date tant en CFA qu'en Coupe de France. Les Transians, en véritables sportifs, n'en ont éprouvé aucune amertume. Bien au contraire puisqu'ils apportent leurs encouragements sans limite à l'égard du grand club "noir et blanc". Bon nombre d'entre eux d'ailleurs, tels Ernest Jugi se manifestèrent lors de l'assemblée extraordinaire du mois dernier qui décida de l'avenir du Sporting. Sur le vieux terrain bordant la route nationale, de nombreux jeunes Transians continuent à s'entraîner régulièrement. Ces jeunes Transians, dont plusieurs opèrent dans diverses catégories au SC Dracénois sous les conseils de Mus et Raoul Duflot. Quelques-uns d'entre eux ne manquent pas de qualités. Feront-ils dans un proche avenir, comme certains de leurs aînés, les beaux jours du Sporting ? C'est bien possible, comme il est possible aussi qu'un beau jour le Stade ou l'Olympique reparte d'un nouveau pied. Un commerçant récemment installé s'est d'ailleurs offert pour aider financièrement le cas échéant, une telle entreprise qui permettrait aux couleurs "jaune et vert" du pays des cascades de réapparaître sur la scène du football varois.

 

Auteur de cet article : Elie Ghorda. Var Matin 19 juillet 1962.

 

Stade-Transian-Annees-60.JPG

 

Années 50. De gauche à droite : Célestin (Titin) Corsi, Louis (Loulou) Césana, ?, Laurent Giraudo, Roger Giordano, Francis Pipino, Laurent Giraudo.

Accroupis : Marius Lerda, Joseph D'Agostini, Louis (Loulou) Luccerini, Mathieu Manchia, André (Dédé) Guiol, Raoul Duflot.

 

*********************

 

Partager cet article
Repost0
20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 16:52

 

  Vieux-pont.jpg

 

Nous trouvons l'information suivante dans le "Journal du département du Var"
du 8 prairial an IX (28 mai 1801).

"Il s'est commis un crime affreux dans la commune de Trans. Les dames Félix, mère et fille, l'une âgée de 80 ans et l'autre de 50 ans et leur servante de l'âge de 29 ans, ont été assassinées dans la nuit du 29 au 30 floréal dernier. La profondeur et le genre des blessures font présumer qu'elles ont été massacrées à coup de hâche. Ces trois malheureuses femmes habitaient seules une maison qui n'est séparée du village que par un pont. Personne ne les voyant paraître dans la journée du 30, quelqu'un s'approcha de leur maison, étonné d'en trouver le porte fermée et le clef en dedans ; il poussa une fenêtre et laissa voir des traces de sang. La porte fut enfoncée et l'on trouva les trois cadavres dont l'un avait conservé un reste de chaleur. Le juge de paix s'y porta dans la nuit. Il lui parut que l'on n'avait volé que quelques couverts d'argent. Les hardes (habits), des pièces de mousseline et le linge étaient dispersés confusément sur le plancher. La justice s'occupe de la recherche des coupables".

Nous tenons du témoignage d'une personnne très âgée que la jeune servante était allée passer la veillée dans une maison voisine à regret et qu'elle dût parvenir à la maison du crime après le meutre des deux dames. On pensait qu'elle avait dû être abattue à coups de hâche comme l'avaient été ses maîtresses, au moment même où elle venait de rentrer.
Ce crime présente des points mystérieux.

Source : Les Archives de Trans en Provence - Jean Barles - N°39 - Janvier 1935.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 16:58

 

Marius-Lambert.jpg

 

Marius-LAMBERT-Gd.jpg

 

Je n'ai pas la date exacte de la publication de cet article car la personne qui me l'a confié n'a pas pris soin de la noter dans un coin. Mais enfin si on lit bien l'article, il est spécifié que Monsieur Marius Lambert est né à Trans en 1875. Le journaliste écrit qu'il a 94 ans aujourd'hui. Donc, cet article date de 1969.
Qui se souvient de Marius Lambert qui allait à Draguignan sur sa wagonnette en la faisaint avancer avec le pied ? 
Une chose est sûre, à l'époque il y avait moins de circulation qu'à l'heure actuelle !

undefined  
Je vous livre le récit de l'article du journal (j'ai rajouté mes propres annotations en bleu pour les distinguer du texte).

Il est mince comme un ceps de vigne, ses yeux bleus semblent regarder vers le passé pour y retrouver les images qui lui furent familières, celles du vieux Trans où il est né en 1875 (en fait le 3 avril 1876) à l'impasse du Parterre. Il regarde les transformations avec philosophie et il continue à 94 ans à cultiver son jardin et à circuler sur sa "wagonnette". C'est une curieuse machine sur quatre roues, en fer, avec un banc sur lequel il s'installe lui et ses outils et qu'il fait avancer avec un pied (je précise que ces fameuses "wagonnettes" tout le monde en avait dans le village, elles servaient à transporter tout ce qui était transportable, les ménagères l'utilisaient pour porter leur linge au lavoir ou pour aller vendre leurs légumes au marché à Draguignan, ce n'était pas un moyen de locomotion. De nos jours, certaines personnes possèdent toujours ces "wagonnettes" et elles servent par exemple pour porter les vases au cimetière pour la Toussaint. Dans d'autres villages alentour, ces "wagonnettes" étaient appelées "roulottes" à La Motte ou au Muy par exemple. Peut-être qu'ailleurs, elles portaient encore un autre nom, je compte sur vous pour me le dire...).

Monsieur Marius Lambert ou "Pépé" Lambert pour tout le village est le doyen de Trans et sans doute le personnage le plus populaire.
Lorsqu'on le voit avancer sur son engin route de la Motte, tous les automobilistes se rangent ou bien s'arrêtent et le saluent comme un champion du Tour de France.

Monsieur Marius Lambert est le beau-père de Monsieur Vidal, l'adjoint au maire qui a la passion du vieux Trans et de son histoire. il possède d'ailleurs des archives sur la ville ancienne auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux.

Nous avons rencontré Marius Lambert en famille, dans sa maison près du pont de la Motte, ombragée par un magnifique mûrier plus de trois fois centenaire puisqu'il a été planté sous Henri IV... (ce mûrier n'existe plus de nos jours).

"Pépé" Lambert venait de faire sa sieste et s'apprêtait à se rendre à son jardin à bord de son coursier original, il a volontiers laissé couler les souvenirs...

Pont-de-la-Motte.jpg

 

Le pont de la Motte

Nota personnel de Nadine : Le troisième monsieur au fond avec le plastron blanc est mon arrière-grand-père Jules Rambaud, le grand-père paternel de ma maman. La grand-mère de maman (côté maternel) Thérèse Vincent est passée sur le pont de la Motte alors qu'il était en constuction avec un fagot de bois sur la tête, bois qu'elle était allée chercher dans la colline (dans les années 1880).

 

 Reprise du récit de Marius Lambert :

"Voyez-vous ce pont de la Motte, j'ai assisté au début de sa construction, c'était en 1899. A ce moment là, ici, c'était la campagne et la paysage depuis a bien
changé" (quand il n'y avait pas encore le pont, pour aller vers La Motte, Le Muy, etc, il fallait passer par le chemin de Trans à La Motte, aujourd'hui chemin des Clauses).

"Il y avait 5 moulins à farine à Trans, 21 moulins à huile et 3 filatures de soie, plus une grande bouchonnerie. On faisait 20 km à cheval pour transporter des fûts de plus de 500 litres d'huile qui partaient après à Marseille et à Nice. Nos moulins fabriquaient de l'huile renommée dans toute la région. De l'huile vierge dont on a perdu l'habitude". (A l'époque, Trans était un village florissant et prospère avec toutes ses industries... Je ferai un article sur le sujet).

C'est une campagne virgilienne que nous décrit "Pépé" Lambert où poussaient l'olivier et le mûrier sur les collines et dans la bordure de la Nartuby. Il y avait peu de vignes. Les mûriers nourrissaient les vers à soie. Toutes les familles de Trans cultivaient les "graines" de vers à soie. Les cocons étaient traités dans les filatures et de nombreuses femmes venaient d'Italie pour y travailler. La soie, par longues tresses, partait pour Paris et Marseille (cela aussi je vous le raconterai...).

Partie-de-campagne.jpg

 

Voilà la fameuse "Clairette de Trans" dont parle Marius Lambert ci-dessous.
Je vous cite les noms de ces demoiselles : De gauche à droite : Yvette Michelis,
Maryse Gasca, Simone Lambert, Simone Michelis, Jacqueline Lambert, Jeanine Michelis (qui tient la bouteille de "Clairette" entre ses pieds), Liliane Chiambrino et Alberte Pourchier.


Ah, la "Clairette de Trans" Marius Lambert en parle avec émotion. Retenue par des murs (restanques) la vigne poussait sur les collines. On la soignait avec du soufre. Elle produisait un raisin nommé la "Clairette" que l'on pouvait même déguster à Pâques en le conservant dans un endroit sec (au grenier sur des claies appelées canisses).
Dans ces bucoliques rivages "Pépé" Lambert, commença à travailler dans une scierie à 25 sous par jour en 1888. "Ce n'était pas facile mais il y avait le jardin..."
Ce jardin, pour Marius Lambert, comme pour le "candide" de Voltaire, c'est toute une philosophie. Bêcher, arroser, arracher les mauvaises herbes, fut pour le doyen de Trans, un véritable deuxième métier, qu'il n'a d'ailleurs jamais abandonné.
A 94 ans, la terre reste son grand souci en bon provençal qui se respecte.
Son secret de longévité ? Une vie saine... et cultiver son jardin. Avis à ceux qui veulent devenir centenaires, tout en conservant, comme Marius Lambert, une lucidité remarquable quant à l'esprit et une agilité du corps qui lui permet de se mouvoir sur son étonnante "wagonnette".
Dans le passé, dit-il, j'allais ainsi à Draguignan (à 5 km de Trans) faire mon marché, j'entassais mes provisions et je revenais chez moi.
Les chauffeurs de car avaient l'habitude de rencontrer sur la route "Pépé" Lambert et sa "wagonnette". Ils le saluaient au passage.
Aujourd'hui, cet ancien de Provence, prend un malin plaisir à gagner au jeu de cartes, à aider les plantes à éclore, à consolider le vénérable mûrier tricentenaire et à voir grandir une petite Laurence de neuf mois dont il est le trisaïeul !

Nota : Je vous précise de Monsieur Marius Lambert est décédé en 1971.
  undefined

 

Partager cet article
Repost0
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 00:00

 

Capture01.jpg

 

On constate souvent que l'on rencontre dans les cadastres modernes, c'est-à-dire ceux mis en place à partir du XIXe siècle, des erreurs commises dans la transciption de certains noms de lieux par le scribe d'alors. Il semble que dans la plupart des cas, ces erreurs soient dues au fait que les rédacteurs du cadastres étaient parfois étrangers à la Provence (ceci est valable pour les autres régions de France d'ailleurs) et que de ce fait ils ignoraient le sens des mots qu'ils transcrivaient. C'est ainsi par exemple que l'on peut citer une bévue relativement fréquente dans le cadastre de Draguignan, qui a fait transformer le quartier ou le chemin des ARENIERS (désigne des lieux sabloneux) en quartier ou chemin des ARAIGNEES (ce qui n'a rien à voir avec ces charmantes petites bestioles).

C'est ainsi que l'on peut citer le cas d'un quartier rural de Trans qui est identifié dans le cadastre sous le nom de "les EYSSARES". On se demande quelle peut être la signification de ce nom et on pense au mot français ESSART (désigne une terre que l'on a déboisée pour la défricher). Or, il n'en est rien. Le quartier dont il s'agit s'appelle depuis le Moyen-Age : LES SALLES. C'est sous cette forme qu'il figure dans les livres terriers (ancêtres des cadastres) depuis le XVIe siècle. Nota : A préciser qu'à Trans, le plus ancien livre terrier remonte à 1530. Ce noms des SALLES désignait simplement des maisons ou des bâtiments. Il existe dans le Haut-Var le village des Salles sur Verdon.

A Trans, donc, lorsqu'on allait aux Salles, on disait en provençal "ANA EIS SALLOS" "aller aux Salles" avec la tendance à donner à L un son intermédiaire entre L et R. Ce que le rédacteur du cadastre du XIXe siècle n'étant pas provençal a transcrit par les EYSSARES.

 

Sources : D'après un article paru dans la revue provençale Lou Terraire sous le titre : Une bévue du cadastre Transian : les Eyssares - Auteur : Guillaume Barles.

  barre-fleur13-1

Partager cet article
Repost0
5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 00:16

 

L'Eglise saint Victor

 

Les habitants du lieu de Trans voyant leur chef-lieu de viguerie, Draguignan, doté, depuis longtemps d'une horloge, voulurent, à leur tour, en avoir une. Pour une localité industrielle comme l'était déjà Trans en 1538, ce n'était pas seulement du luxe, c'était une nécessité. Aussi, en sa séance de janvier de cette année là, le conseil nomme deux délégués : un conseiller et un lieutenant de juge, pour "cueilly tout ce que porran trobar per fayre ung relloge" (pour recueillir tout ce qu'ils pourront trouver pour faire une horloge). Qu'est-ce qu'il pouvait bien chercher et recueillir dans le vieux "massaquin" (magasin) de la communauté ? Ce garde-meuble était-il riche en ferrailles ? Et voulait-on les donner en échange de l'horloge tant convoitée ? Les archives n'en disent rien, mais il est à croire que ni le fer, ni l'argent n'abondaient dans les coffres communaux, puisqu'il n'est plus question d'horloge dans les délibérations communales jusqu'en 1543. En cette année, le conseil délibère de nouveau de faire fabriquer "ung reloge" et, comme on la désire toute pareille à celle de Draguignan, dans la même séance, un délégué est nommé à qui l'on vote quatre gros (monnaie de l'époque) pour ses dépenses "per anar mesurar lou reloge de Draguignan" (pour aller mesurer l'horloge de Draguignan).
Il paraît que ces Messieurs du conseil étaient pressés d'entendre sonner les heures du haut de la tour de leur église ; car immédiatement après ils décident de prendre la "campana devers Saint-Esprit et la mettre au reloge pour le service de la villo" (Nota de Nadine : ils décident de prendre la cloche qui était à Saint-Esprit : la maison de Saint-Esprit était la maison de ville ou maison commune et de la mettre à l'horloge pour le service de la ville), à condition de fondre "ung altre campana" (une autre cloche) de même poids et dimensions. Dans une séance postérieure, le conseil, craignant, sans doute, de ne pas trouver à Draguignan ce qui était nécessaire, envoie un de ses membres à Aix, "per ana compra de matieres per fare la campana, so es jusqu'à la somme de huit quintaulx" (pour aller acheter des matériaux pour faire la cloche et ce jusqu'à la somme de huit quintaux), et vote 140 florins 4 gros pour la facture de "l'oreloge" (l'horloge) et une taille de 100 florins pour payer le "methal" de la cloche.
Malgré les 100 florins votés, on n'eut pas assez de matière pour fondre une cloche pareille à celle de Saint-Esprit. Aussi le conseil ordonne que "le methal de la campana sio creyssut... de ce que sera necessari" (le métal de la cloche soit accru... de ce qui sera nécessaire).
Cette fois, il ne fut pas besoin de députer jusqu'à Aix pour cet accroissement, ce fut Brignoles qui eut l'honneur de la fournir, et le trésorier dut compter 16 florins "a un merchant" (à un marchand) de cette ville pour solde du "methal" (métal) de la cloche.
Enfin, l'horloge fut placée sur la tour de l'église ; on avait acheté une corde pour les poids, du prix de 12 sols. Vous croyez qu'on va confier le soin de la règler, soit à un horloger, soit, au moins, comme on fait aujourd'hui dans la plupart de nos villages, ou il serait trop onéreux d'en appeler un de la ville, ou bien au "fabre" (forgeron) ou au serrurier ? Détrompez-vous ; c'est à "dono Honnorado Piquesse" (dame Honnorade Piquesse, nous avons là l'exemple d'un nom de famille féminisé comme je vous l'ai expliqué dans mon article sur l'étude de noms de famille de la Garde Freinet ; Piquesse = Pic), à laquelle on alloue 6 florins par an, "per ses gages dau reloge" (pour ses gages pour l'horloge).
En 1565, Dono Piquesse est remplacée par un "gouverneur" de l'horloge et le conseil lui vote 12 florins "per lous gages de governa lou reloge" (pour les gages pour s'occuper de l'horloge). C'est toujours 12 florins que vote le conseil de la communauté, en 1570, "per governa et condurre lou relloge" (pour gouverner et conduire l'horloge) ; en 1538, pour "le governement du reloge" (pour le gouvernement de l'horloge).
Mais tous ces gouverneurs, conducteurs, pas plus que dono Piquesse ne parvenait à la conduire et à la gouverner d'une manière régulière, on pouvait dire à la lettre qu'elle marchait comme "les affayres de la vilho" (les affaires de la ville) qui ruinée par les Impériaux en 1530, saccagée par les assiégeants du château en 1579, était encore menacée par les Piémontais en 1635. Le conseil décida, à cette date, de charger le prieur de la surveillance et de la direction de l'horloge.

Marcha-t-elle mieux ? La question reste posée...

Auteur : Marius Sivan - Revue de Cannes et du littoral

 

Explication du mot "viguerie" : Juridiction administrative médiévale apparue à l'époque carolingienne. Cependant, avec le déclin du pouvoir central, la viguerie est devenue au fil du temps la juridiction la plus petite, s'occupant des affaires courantes. Elle est administrée par un viguier. Les vigueries ont disparu en grande majorité en 1749 suite à un édit supprimant les petites juridictions, à l'exception de la Provence où elles ont survécu jusqu'à la Révolution. 

 

 

Le clocher de Trans et son campanile (Photo Nadine)

 

Partager cet article
Repost0