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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 18:33

 

Hotel-Dieu.jpg

 

Linteau de la porte de l'ancien hôpital portant l'inscription :

Hôtel Dieu (photo Nadine)


L'hôpital Saint-Jacques de Trans sur lequel l'hôpital Saint-Jacques d'Aix avait des droits, ce qui indique une relation ancienne entre ces deux établissements, recevait des malades et hébergeait les pauvres passants. Il était situé dans une maison qui touchait à la porte Saint-Roch. Des piliers, vestiges de cette porte se voient encore sur la façade des maisons numéros 15 et 17 de l'avenue de la Gare.
La maison de l'hôpital était celle qui porte le numéro 11 de la même avenue (voir photo). L'hôpital Saint-Jacques d'Aix avait été fondé en 1519 par Jacques de Laroque.
Son acte de fondation contient une disposition remarquable : Il y est prescrit d'admettre "tout homme souffrant, quelle que soit sa croyance, etiam diabolus (même le diable)", et d'exclure, du nombre des administrateurs "tout écclésiastique, quelques rang qu'il ait dans l'église, etiam Papa (même la Pape)". Cette disposition est vraiment curieuse pour l'époque (1519) !

Source : Les Archives de Trans en Provence - Jean Barles - N°33 janvier 1934

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:00

 

Les cascades

 

A l’origine du village, les Transians prenaient l’eau dont ils avaient besoin dans la Nartuby toute proche, quoi de plus naturel ? Mais très rapidement toutefois, les eaux usées de Draguignan qui se jetaient dans la rivière rendirent cette eau impropre à la consommation. C’est ainsi qu’au Moyen Age, les habitants (ils étaient alors environ 200 au XIIème siècle) puisèrent l’eau à diverses sources, dont l’une était connue sous le nom de Fouant de Monseignour et l’autre Fouant du Fabrégon (cette dernière est obstruée depuis des siècles).

Au XVIIème siècle, des travaux de recherche furent exécutés car le nombre des habitants augmentait et le besoin d’eau potable se faisait de plus en plus sentir. Les Transians la réclamait avec insistance auprès des consuls de la communauté. On peut d’ailleurs citer les archives à ce sujet. Dans les délibérations communales de 1731 on lit : "Les eaux de la rivière Nartuby, pernicieuses à boire tant des gens que des bêtes, à cause des immondices qui s’y jettent venant de la ville de Draguignan et étant d’ailleurs rudes et pesantes, les habitants sont obligés d’en aller prendre à quelques sources qui sont le long de la rivière, dans les précipices et au-dessous du village… ".

Durant ces deux siècles, disons de 1550 à 1750, on alla quérir tous les sourciers ou chercheurs d’eau du pays, mais aucun ne trouva le précieux liquide sur les terrains proches du village. En 1755, on réalisa enfin une adduction d’eau qui a duré jusqu’à notre époque à partir d’une source trouvée au quartier des Escombes. On capta l’eau et par canalisation on l’amena à une fontaine près de l’église (qui n’est pas la fontaine qui s’y trouve actuellement puisqu’elle fut construite plus tard et qu’elle reçoit l’eau de la rivière). Mais bien vite cela fut insuffisant et on chercha à nouveau à augmenter le débit de l’eau. En 1804, un énorme progrès fut accompli : on aménagea contre le mur sud de l’élise paroissiale une citerne publique. Cette citerne était alimentée par l’eau provenant de la source des Escombes et par l’eau de pluie récupérée du toit de l’église. Pour puiser l’eau à cette citerne, les Transians sont alors obligés d’actionner une pompe, pour cela  il faut tourner une roue, c’est long et pénible. Les gens font la queue et attendent leur tour, chacun porte un ou plusieurs récipients pour collecter la seule eau potable de la commune.

 

La citerne publique

 

Cela va durer jusqu’en… 1928. A cette date, la municipalité dirigée par Monsieur Jules Saurin, réalise la première vraie adduction d’eau et de tout-à-l’égout. Trans compte alors 1100 habitants. C’est grâce au travail de Monsieur Laponche, un ingénieur en hydraulique qui a trouvé une nappe d’eau au quartier des Incapis que les ménagères ont enfin l’eau à la pile (à l’évier). Cet ingénieur crée alors "La société des eaux du littoral varois" en 1930 et une convention est signée avec la municipalité. Elle assure pour Trans un débit de 5 litre/seconde. Cette eau avant d’être distribuée est remontée par pompage à un bassin au quartier de la Bouissière (anciennement Buissière) et de là, les canalisations filent vers le village. En 1967, une autre convention est passée entre Trans et Draguignan. Trans cède ses droits sur la nappe des Incapis et Draguignan s’engage à fournir à Trans en échange 5 litres d’eau/seconde, plus de 20% de ce que prendrait cette ville. Avec prise en charge du château d’eau par Draguignan créé aux lieu-dit les Demoiselles. Un réservoir se fait au quartier Saint-Victor où la côte est l’une des plus élevée de la commune, ce qui permet le développement du réseau d’eau potable. Dans les années 1970, où Trans est passé de 1100 habitants à 3500, les besoins en eau augmentent. A la suite de nouvelles recherches, on découvre une nappe très importante au quartier du Puits de Maurin. Un premier forage en 1979, à 50 mètres permet d’y pomper 30 m3/heure. Un réservoir de 500 m3 est créé à la côte 222, qui domine tout le village. En 1980, un deuxième forage, à 50 mètres, permet de pomper 100 m3/heure et on construit un deuxième bassin. Le tout est accompagné d’un effort important de la commune qui remplace le réseau ancien et étend de nouvelles canalisations.

A côté de cela, il ne faut oublier de parler des quatre fontaines d’eau non potable du village. Sans oublier de parler également des lavoirs qui ne sont plus utilisés de nos jours et qui sont à sec : celui de Saint-Vincent et celui du Bassin Neuf. Celui qui était à Vallaury a été démoli quand on a fait la "route militaire". Celui de la Placette à laquelle était attenante une fontaine en demi-cercle ainsi qu’une mastre a été démoli dans les années 1965-1966. De toutes les bornes-fontaines qui avaient étaient installées sous le mandant du maire Monsieur Saurin (une quinzaine je pense), seule subsiste celle qui est à côté de la fontaine de la place de l’hôtel de ville, mais elle ne fonctionne plus car elle était alimentée par l'eau de la ville et les gens venaient se servir en permanence. C’est Monsieur Fournial, industriel Transian, qui avait fait installer à ses frais, trois fontaines à l’ancien cimetière. Une seule subsiste encore de nos jours.

 

La façade latérale de l'église dédiée à saint Victor

 

Témoignage de ma maman : "La citerne derrière l’église était alimentée par la source des Escombes. C’était la seule fontaine du village. Elle était ronde et fermée par une plaque en fer et aboutissait à la pompe qui était contre le mur de l’église. Tout le monde venait se servir à cette citerne. Le sol était en terre battue et ainsi l’eau restait fraîche. Dans les années 50, Monsieur Joseph Béraud, le maire de l’époque avait fait faire un entourage pour protéger cette citerne avec des piliers et du grillage. Puis par la suite, quand cela a été goudronné, l’eau s’est gâtée (le goudron chauffait et l’eau est devenue impropre à la consommation). On s’est servi de cette citerne jusqu’après la guerre car tout les habitants n’avaient pas fait mettre l’eau dès que la première adduction avait été réalisée en 1928. Les gens n’étaient pas très argentés et de plus, ils étaient parfois réticents au progrès. Les habitudes avaient la peau dure !

 

Source : Article fait à partir de coupures de jounaux parus dans les années 80 et de mes propres connaissances.

 

Les cascades sur la Nartuby

 

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:41

 

J'ai découvert ce texte par hasard en surfant sur le net. Je l'ai trouvé fort original, je vous en fais donc profiter. Bonne lecture.

 

*******************

 

Mon tonton, et qui plus est, l’époux de la soeur de ma mère, mais également, le père de mon cousin germain, lequel, néanmoins s’appelle Pierre, prit un jour la mère de ma grand-mère. Et cela sans que ladite grand-mère ne vitupère !
Mon collatéral, donc, avec cette arrière-arrière-grand-mère, quoi de plus normal, sans rien du tout d’immoral, je le jure, mais grâce à la nature, a fait un petit.

Et cela sans que personne ne l’admoneste !
Et la chimie a fait le reste…
Généalogique et primaire alchimie…
L’époux de la soeur de ma mère, donc mon oncle, m’a proposé, un temps après, un petit bout de la mère qui lui venait de ma grand-mère : Un enfant en quelque sorte de la mère de la mère de ma mère.
Je l’adoptai et optai pour un petit fût de chêne…
L’enfant, né grâce à la mère de ma grand-mère, qui est aussi la mère de ma mère à moi, fut sans émoi ni pamoison, donc, épris de vin… rouge !
De cette union, l’enfant de cette mère du vin du fût de chêne, pour perpétuer la chaîne, fut bien avisé d’enfanter une mère…
Rien d’extraordinaire à cette réversible généalogie primaire.
Donc, la fillette gemmaire, née de l’arrière-arrière grand-mère me venant de l’époux de ma mère, mon tonton donc, ainsi clonée, c’est mon cousin Pierre, appelé germain, qui en a hérité.
Il l’a adoptée et il a opté, lui, bon gré mal gré, pour un petit pot de grès… rouge.
Perpétuelle généalogie, venant, qui l’eût cru, d’un vieux cru de vin rouge, dans un petit pot de grès et un petit fût de chêne.
Chaîne culinaire, dont la mère de la mère de ma grand-mère, mère de la mienne est le premier maillon…
Mon oncle a pris un jour la mère de ma grand-mère…
Je lui en sais gré.
Car cela fit vinaigre dans la maison !
Moralité secondaire de ma fable presque indicible et "inapprenable" par cœur :

Si notre vie est éphémère, les fils des mères, épris des crus rouges enfantant les mères de nos mères ou de nos grand-mères, fût-ce même par l’intermédiaire des époux des soeurs ou frères de nos mères, nos oncles donc, sont comme Noël et son Père, éternels, mazette !

 Vivent donc nos tontons et nos vinaigrettes !…

 

Auteur : Jean-Louis Dalès

Texte trouvé sur : http://www.inlibroveritas.net/

 

Vinaigrier.jpg

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 00:00

 

A Trans comme de partout, dans tous les villages, il était courant de désigner une même famille par un surnom, un sobriquet qui lui était propre et qui pouvait éventuellement se transmettre de génération en génération pour la distinguer d'une famille homonyme. Mais il était aussi courant de donner un surnom particulier à une seule et même personne, généralement à son insu. On le lui attribuait en fonction de son physique, de son caractère, de son origine, d'une action qui lui était propre, etc... Pour vous donner une idée de ces surnoms, j'ai interrogé quelques Transians qui se souviennent, chacun à leur époque, puisqu'ils n'ont pas le même âge, qu'il y avait telle ou telle personne qu'on appelait de telle ou telle façon. Je n'ai choisi aucun ordre particulier pour les citer.

- Parmi les nombreux Orgias, "Mamanca" (Il m'a manqué), "Senso artèou" (Sans orteil), "La Peire" (La poire), La Mekli (parce qu'il avait été déporté en Algérie pour avoir participé en l'insurrection de 1851 contre Louis-Napoléon Bonaparte) etc...

- Edouard Brunengo dit "Tabagras".

- Boyer dit "Buisson".

- Le mari de Jeannette Castellan était surnommé "Traou" parce qu'il était fossoyeur.

- La mère de Gaston Sciandra était appelée " Lucie des petits yeux".

- La mère de Nénette Martin, "Manche d'ombrelle".

- Monsieur Giraud dit "Mange merde" parce qu'il en avait mangé pour une pièce de 5 francs quand il était jeune (un pari entre copains sans doute).

- Madame Pellerud était dite "Tortelle".

- Françoise Roux dite "Chiquinotte".

- Marie Ferrero était "Marie la Nègre".

- Ferdinand Lyon dit "La Visquette".

- Laugier dit "L'agasson".

- Lerda "La Piatte" (village du Piémont dont il était originaire).

- Maurice Brunengo "La Mûle".

- Louis Brunengou dit "Le Préfet" parce qu'il travaillait à la préfecture.

- Pierrot Mireur était "Pilu".

- Monsieur Guiol dit "Gioù cagagne".

- Elisa Andrac dite "La machotte" (La chouette).

- La Matelotte.

- Anna Brunengo dite Ninchotte.

- Jean Ferrero dit "Jean lou bletoun".

- Louise Calès était dite "Saccoche".

- Lucien Chiapello dit "Tercile" était surnommé "Tournus".

- Jauffret le goï (Le boîteux).

- Il y avait aussi Campana surnommé "Quarante et passe poules" parce que c'était une expression qu'il employait.

- La "Bonasse".

- Garcin dit "Chichi panpan".

- Joséphine Laugier épouse Dégenève dite "Fifi piqûre" parce c'était la seule "infirmière" du village et qu'elle a dû piquer toutes les fesses de Trans y compris les miennes... etc.

Il y en a d'autres, je ne les connais pas tous et mes contributeurs non plus. Si d'autres surnoms vous reviennent en mémoire en lisant cet article, vous pouvez toujours me les communiquer. Ils seront les bienvenus.

   

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 00:00

 

Bonne année

 

Je vous souhaite 12 mois de joie,

52 semaines de plaisir,
365 jours de succès,
8760 heures de santé,
525600 minutes de chances d'amour.
 
Très bonne et excellente année 2012 à toutes et tous.
Merci pour vos visites régulières.
A l'an qué ven !
 
   
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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 22:00

 

Notre-Dame-de-Saint-Victor.JPG

 

Notre-Dame de Saint Victor est une vierge à l'enfant polychrome en noyer qui a été restituée à la paroisse en 1993 par Jean AGNES, un cousin de ma maman qui l'avait conservée dans sa famille. Voici l'histoire de cette statue qui a désormais retrouvé sa place dans l'église paroissiale.

  Je tiens ce récit de Marie-Madeleine AGNES née TESTA, la mère de ce cousin, qui était institutrice. Elle a écrit ses mémoires et m'en a fait cadeau en échange de notre généalogie familiale.

********

"En direction de Draguignan, sur la rive gauche de la rivière, c'est la colline qui borde le Plan, nom que porte la vallée à partir de la presqu'île lorsque les eaux de la Foux rencontrent celles de la Nartuby.
L'après-midi, je vais à Saint-Victor avec ma grand-mère (Magdeleine BERTAND). Saint-Victor, c'est d'abord pour moi "un oratoire" à la bifurcation d'un chemin de la colline avec celui du Peybert. Une peinture naïve réprésente le jeune saint revêtu de la robe blanche des élus. Une auréole atteste sa gloire dans le ciel. Nous l'honorons d'une halte et je renouvelle volontiers, par des scabieuses et des immortelles, les fleurs fanées, oubliées devant son image.

  Oratoire-St-Victor.jpg

 

Oratoire de Saint-Victor actuel (Photo Nadine)

 

Chapelle-St-Victor-de-face-.jpg

 

Chapelle Saint-Victor (Photo Nadine). Tout en faisant partie du patrimoine communal cette chapelle est englobée sur trois côtés dans une propriété privée !

 

A deux kilomètres de là, en lisière des oliviers, une chapelle lui est dédiée. Soldat de la légion romaine, Victor subit le martyre au début du IVe siècle et ses reliques reposent toujours dans la crypte de l'abbaye de Marseille qui porte son nom. Nous ne montons jamais jusqu'à la chapelle pourtant si attirante avec sa façade blanche, son bouquet de pins et le pur élan d'un cyprès. Notre Saint-Victor à nous est beaucoup plus près. A moins de trois cents mètres de l'oratoire. Arpent de colline ensoleillé, aménagé en terrasses par les anciens pour apprivoiser l'olivier, accueillir le figuier et maîtriser le pin sur les hauteurs. Le printemps y renouvelle la sauge et le thym. Août y voit fleurir la sariette qui porte en provençal le joli nom de pèbre d'aï, poivre d'âne. Illuminé par la gloire d'un chêne, l'automne s'y attarde, calme et serein. L'olive y mûrit en décembre et, au fil des saisons, le mistral y respire tout à fait chez lui. L'horizon s'élance à l'ouest vers le haut pays de Montferrat, toujours bleuté dans les lointains. A l'est, au-delà du village, il annonce discrètement la mer. Sur la plus haute terrasse, face au midi, s'élève une petite bâtisse en pierre. Elle regarde la rivière et le Plan. Ses dimensions sont fort modestes : 3 mètres sur 2.50 mètres. Sa toiture, recouverte de tuiles provençales, est inclinée sur une seule pente à l'italienne.
Une étroite fenêtre sans vitre ni volet n'a d'autre protection qu'une branche de chêne en guise de barreau. Un seul luxe : la clé magnifique de sa lourde porte. La petite bâtisse sert d'abri pendant un orage. Grand-mère y range les outils, y rassemble les claies pour sécher les figues. L'hiver elle y dépose les sacs d'olives avant de les transporter au moulin. L'été venu, elle lui confie la "dourgue que gardo fresco l'aigo dou pous" (la cruche qui garde fraîche l'eau du puits). Cependant, contre toute apparence, cet arpent de colline, terre de labours est un Haut Lieu. Et la petite bâtisse aux outils un Sancturaire. Comme autrefois en l'étable de Bethléem, Notre-Dame y a trouvé refuge et y demeure. Sculptée dans du noyer, oeuvre du XVIe siècle, cette vierge couronnée porte l'enfant sur son bras gauche. En robe pourpre et manteau bleu, elle transfigure l'humble bastide provençale où, de sa niche elle regarde paisiblement couler le temps. Sa présence, à la fois mystérieuse et familière, m'attire.
Liée aux évènements de l'Histoire, son arrivée sur la colline est un exploit digne de ceux de "l'armée des ombres" et pourrait figurer sur le livre d'or de la Résistance. Il remonte aux jours cruels de la Révolution et grand-mère, consciente de ma transmettre un héritage me le raconte sans oublier aucun détail.
Son jeune héros appartient à la lignée des Bertrand. Pour m'éclairer, elle précise :
- Ero moun segne grand (c'était mon grand-père)".

 

Nota de Nadine : Jean BERTRAND était le grand-père du grand-père de ma cousine et par là même mon ancêtre puisqu'il nous est commun. Il est né le 22 février 1763 à Draguignan et est décédé le 24 août 1820 à Trans.

 

 "De quoi m'abasourdir ! Comment imaginer un jeune homme vieux car il était vieux puisque c'était un grand-père... Je n'ai pas le temps de résoudre le problème... Grand-mère évoque comment sous l'impulsion de Paris, en vagues terrifiantes, les violences et les profanations ont gagné les campagnes. La statue de la vierge à l'enfant est enlevée de l'église paroissiale et jetée dans le canal des Vignarets. Pour "Elle" vont s'affronter les fils du même village : ceux qui défendent l'honneur de Dieu en dépit de l'injustice des hommes. Et ceux qui défendent la justice au mépris de l'honneur de Dieu. En pleine nuit, bravant les risques et déjouant les rondes, le jeune Jean Bertrand se dirige vers le canal, rampe sur la berge et à tâtons retrouve la statue. Il la dissimule dans un sac et réussit à la transporter sur la colline. Arrivé à la pauvre bâtisse, il l'enfouit sous un tas de foin. le jour suivant pour plus de sécurité, avec une provision de bois d'olivier, il masque le refuge et le rend inaccessible.
Tournent les ans, passe le temps.
A l'abri des révolutions parisiennes et de leurs remous dans les provinces, ignorée de tous, Notre-Dame vécut hors du temps et son souvenir s'effaça de la mémoire des gens du village. Ceux qui avaient participé aux évènements de 1793 s'étaient l'un après l'autre endormis. Grand-mère sait tout cela mais elle ignore qui de son grand-père (Jean BERTRAND) ou de son père (Louis BERTRAND) a pris la décision de libérer la statue et d'aménager le refuge en sanctuaire. Elle ne saurait dire qui a creusé la niche et décoré les murs de fleurs de lys et d'égantines dont je devine encore quelques coroles à demi effacées. Depuis son enfance, elle a toujours vu Notre-Dame régner à la même place et la petite bâtisse rendre les mêmes services qu'aujourd'hui.
Tournent les ans, passe le temps.
A la mort de son père (8.12.1878 Trans), le patriarche aux douze enfants, dans l'émiettement de l'héritage, Magdeleine Bertrand reçoit la terre de la colline. Ses enfants, Julie, Auguste et Fine (Joséphine TESTA née HUGONY sage-femme à Trans et à Draguignan) y cueillent à leur tour les olives et ce sont eux qui renouvellent au pied de Notre-Dame, le bouquet d'immortelles de la Saint-Jean.
Tournent les ans, passe le temps.
Magdeleine Bertrand est devenue ma grand-mère et me voilà aujourd'hui insérée à ma place, dans le cortège des générations".

Récit : Marie-Madeleine AGNES née TESTA (1905-1989)

 

Nota de Nadine : J'arrête là le récit de la cousine Marie-Madeleine. Sachez que par la suite, à la vente de son terrain, elle a emporté la statue de Notre-Dame chez elle à Toulon. Puis, à son décès, ses enfants Jean et Madeleine , ont décidé de restituer la statue à la paroisse de Trans en Provence. Deux cents ans plus tard, en mai 1993, au cours d'une cérémonie à laquelle nous avions été conviés en tant que descendants de Jean BERTRAND, la statue a réintégré sa place dans l'église. Elle porte désormais le nom de Notre-Dame de Saint-Victor. Je suis fière de cet acte de bravoure accompli par mon ancêtre et je ne manque pas de temps à autre moi aussi, de rendre visite à Notre-Dame.

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 00:00

 

Je vous montre donc comme promis lundi quelques portes et fenêtres décorées et illuminées.

 

Fenetre-1.JPG

 

Fenetre-2.JPG

 

Fenêtre 3 

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Porte 3

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 21:50

 

Comme chaque année, Trans en Provence est illuminé en cette période des fêtes.

Noël m'a envoyé des photos du clocher et de son campanile. J'en ai sélectionné deux pour vous les montrer. Si d'autres Transians veulent m'envoyer des photos de leurs propres illuminations extérieures, contactez-moi par le formulaire de contact en bas du blog ou dans la colonne de gauche. Merci à vous.

 

Clocher1.JPG

  Clocher2

 

Comme je ne voulais pas être en reste je suis allée moi aussi prendre quelques photos. Elles sont toutes fraîches d'autant plus que chez nous il fait un froid de canard, brrr.

 

Eglise.JPG

 

Eglise-de-cote.JPG

   

L'église Saint Victor et son clocher

   

Hotel-de-ville-2.JPG

 

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L'Hôtel de ville et la place de la Mairie

 

Notre-Dame-2.JPG

 

Notre-Dame-3.JPG 

 La chapelle Notre-Dame

 

Saint-Roch.JPG

 

La chapelle Saint Roch

 

Bonnes-fetes.JPG

 

  Si vous êtes sages, mais seulement à cette condition, jeudi, je vous montrerais

des photos de portes et de fenêtres décorées et illuminées.

 

Mon amie Anne, d'Istres (Bouches-du-Rhône) a fait des photos des lumières de sa ville.

Pour les voir, c'est par ici :

http://www.provence-et-ailleurs.fr/article-illuminations-a-istres-92122741.html

Profitez-en pour découvrir son blog.

   Sep120.gif

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 00:00

  Auberge du Vieux Moulin 

Cela commence comme un conte de Noël : il était une fois à Trans, une grotte millénaire dédiée à sainte-Catherine, la patronne des mouliniers, dans laquelle jadis on pressait les olives. Hélas, les moulins de Trans mouraient à petit feu car le progrès avançait à grands pas et ces moulins qui avaient fait la prospérité et la renommée du village finissaient leur vie envahis par les ronces. Il y avait alors à la gare des Arcs, un conducteur de locatracteur de Trans appelé Claudius Lambert qui chaque fois qu'il passait sur la ligne versait une larme sur les cadavres de ces moulins. Un jour, ce cheminot acheta le moulin abrité par la grotte dans lequel plus personne n'entrait à part les lézards. Toutes ses économies y étaient passées, mais il aimait son pays et ce moulin d'où le regard tombe à pic dans les gorges. Voilà qu'il se mit à retaper cet endroit pendant ses jours de repos avec sa petite famille. On le voyait transporter du ciment, gâcher le mortier, toujours la truelle à la main. Les gens s'interrogeaient : "Mais qu'est-ce qu'il fait Lambert ?" C'est qu'il avait sa petite idée derrière la tête Claudius. Entrons avec lui dans la grotte. Elle est profonde et pleine de lumière. On descend des marches, à droite, des fenêtres s'ouvrent sur l'abîme de la Nartuby, à gauche, un pressoir tout propre comme s'il allait en couler de l'huile. En face, un âtre creusé dans la roche où rôtissent à la broche des cailles bardées de lard, au milieu, des tables où des gens sont installés parlant et riant à la lueur des chandelles.

 

Auberge-intérieur 7

 

Auberge-intérieur 3

 

Auberge-intérieur 11

 

Auberge-intérieur 8

 

Crèche vivante 2

 

 Au fond, pour la Noël, il y a une crèche mais pas une crèche comme les autres. Une vraie crèche avec de vrais animaux : des agneaux, un âne, un boeuf. Sans oublier la sainte famille et les bergers. Lambert explique : "J'ai pensé que dans cette grotte on pouvait faire une salle à manger avec une façade de petites fenêtres et là-haut au soleil dans les hangars où arrivaient les cacolets pleins d'olives, des chambres. J'ai utilisé la source qui se perd dans la Nartuby pour remplir les petits bassins de décantation d'huile et je les ai transformés en viviers à truites et à écrevisses. J'ai fabriqué les tables avec des troncs de chênes-verts et des gros plateaux épais à peine dégrossis. Pour les chaises j'ai utilisé des planches de la scierie. Les lustres, je les ai faits avec les roues dentées en bois des pressoirs et j'ai bricolé les lampes avec de vieux calens en cuivre trouvés dans la poussière ou avec des bouteilles de vin. Les chandelles avec des branches de sureau. J'ai tout refait : les planchers, les escaliers, la toiture, les fenêtres. J'ai percé des murs épais de deux mètres, j'y ai mis l'eau et l'électricité. Pour la cuisine voilà comment ça se passe : je fais griller quelques truites à ma façon et des fritures d'écrevisses. Quelques personnes en mangent, elles en redemandent, reviennent et ramènent des amis qui reviennent. Des curieux, des gens de ville qui cherchent à retrouver les vraies façons de manger au calme loin de toute cette agitation. Michèle Morgan est venue manger un jour et une autre fois, le prince de Roumanie, un prince qui se lèche les doigts jusqu'au coude et qui me tutoie. Un prince, chez moi, un conducteur de locotracteur des Arcs ! Et quand c'est la saison de la chasse je fais un pâté de grives, un civet de lièvre et les gens viennent en manger... Comment j'ai appris à faire la cuisine ? Mais au coin de l'âtre avec la mamé et au cabanon avec le papé. J'avais pris une truite à la pêche ? Vite un feu de sarments, un trépied, une poële et un coup d'un côté, un coup de l'autre ! Cuire une tomate ? Au cabanon, on met la tomate dans l'huile chaude, avec l'ail, l'oignon, le persil et on coule l'oeuf dessus. Voilà comment on cuit une tomate. Et les suçarèles ? Vous savez ces petits escargots de misère qu'on trouve dans les troncs d'oliviers. Ils ont une chair fine comme tout. Au vin blanc avec toutes les herbes de la montagne, j'en mange cinq cents à moi tout seul. J'ai cinq ou six spécialités : les cailles rôties au genièvre, le civet de lièvre, le coq au vin blanc, le sanglier des Maures, la brouillade de truffes, les tartes provençales". Il y a là des gens du pays, aussi des Parisiens. Il y a aussi le vieux santonnier de Trans avec son petit béret. Il s'appelle Richard, il a 81 ans. Il connaît l'histoire du pays, il sait comment le vieux château fut brûlé pendant les guerres de religion et comment on a construit sur son emplacement la jolie mairie Louis XV. Il raconte comment un curieux ingénieur belge, Achille Knappen, est venu construite à Trans un bizarre puits atmosphérique qui aspire pour en faire quelques litres d'eau, la fraîcheur de la nuit provençale. Lambert a voulu que Richard expose ici, dans la grotte, ses santons et aussi une jeune santonnière du pays, Colette Barles. Tous leurs petits personnages sont donc là et ils regardent se dorer les cailles. Le tourne-broche cliquette, le feu de pin ronfle, la cascade ronronne, la source jase dans les petites rigoles, comme au bon vieux temps de l'huile d'olive. Oui, Lambert, cheminot retraité, le moulin de la grotte tu l'as bien ressuscité. Tu aimes et tu sais faire les choses de tes mains, depuis le mortier jusqu'à la chaise et le chandelier. Tu es électricien, chasseur, plombier et pêcheur, couvreur, maçon, cuisinier et poète.

Et le lendemain, vous allez à la gare car il faut toujours aller à la gare pour avoir une idée d'une bourgade. A la gare et au cimetière. Au cimetière pour y lire les noms, les prénoms et les dates, pour sentir l'âme du passé et se souvenir. A la gare, pour le présent. Monsieur Pesquiès, le chef de gare qui tient ses mémoires de cheminot et de philosophe sur un gros livre à couverture noire le sait bien. Il vous dira que Trans vit de plusieurs choses : d'une conserverie qui fait de la conserve traditionnelle d'anchois dont le propriétaire est Fiorito, voilà qui fait pas mal d'expéditions de détail par le rail. Après, il y a le bois : il y a une scierie qui a même un embranchement. C'est Fournial qui l'avait créée et elle appartient maintenant à Collomp. Et puis, il y a des carreaux qui viennent d'Italie, pour paver les villas comme au temps des Romains. Il arrive aussi de l'outillage, des moteurs, etc... tout transite par la gare.

 

Source : D'après un article paru dans un vieux magazine et remanié par Nadine.

 

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Aujourd'hui, Claudius Lambert est toujours en vie. Il a eu 103 ans en octobre dernier. Il ne va pas trop mal pour son âge et il a sûrement des souvenirs plein la tête.

Voilà, je vous ai raconté une bien belle histoire qui se poursuit toujours puisque l'Auberge du Vieux moulin est devenue le Restaurant de la Grotte. Ce n'est plus Claudius qui est derrière les fourneaux mais il est toujours propriétaire de la grotte. Si vous passez par Trans, arrêtez-vous pour aller manger à la Grotte et appréciez le cadre. Pensez au travail accompli par celui que l'on surnomme encore : Claudius le Magnifique.

 

Claudius Lambert

 

Claudius Lambert pose devant le comptoir arborant sa cravate de chevalier

de l'ordre de la Méduse.

 

Inauguration Auberge du Vieux Moulin 14.07.1954 (1)

 

Photos prises lors de l'inauguration de l'auberge le 14 juillet 1954.

De gauche à droite : Hubert Duhaâ, Jackie Lambert, l'Italien qui habitait à la place du château, Claudius Lambert, Guy Perrimond, Marlène dite Poupette Lovera, Jean-marie Luccerini, Simone Lambert, Nöel Landry.

Inauguration Auberge du Vieux Moulin 14.07.1954 (2)

 

De gauche à droite : l'Italien qui habitait à la place du château, Marie-Lou Chiabrando, Poupette Lovera,  Guy Perrimond, Jackie Lambert, Hubert Duhaâ, Simone Michelis, Simone Lambert.

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Comme je ne pouvais pas mettre toutes les cartes postales concernant la grotte dans cet article, j'ai mis en place un album-photos que vous pouvez voir dans la colonne du blog.

   http://www.nullepartailleurs.biz/album-1992089.html

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 23:35

 

Le Vieux Pont sur la Nartuby

 

Vue sur la Nartuby

 

La Pont Neuf (Grand Pont) de la route de Draguignan

  Le Pont Neuf sur la route de DraguignanLe Pont Bertrand et les moulins

 

Le Pont Bertrand et la Nartuby

 

Le Pont de la Motte

 

Sur le pont de la Motte

 

Pont de la Motte et pisciculture

 

Après vous avoir parlé de la Nartuby et des canaux d'arrosage dans l'article ci-dessous, je vais vous parler à présent des ponts.

Trans en Provence compte quatre ponts : le plus ancien est le Pont-Vieux ou Pont du Milieu, c'était le seul qui existait jusqu'à la construction du Pont Neuf. Le Pont Neuf appelé encore Pont de la Grande route désigné de nos jours sous la dénomination de Grand Pont a été réalisée entre 1778 et 1779 et conduit à l'avenue Marguerite de Provence (ancienne route de Draguignan). Vient ensuite le Pont Bertrand construit en l'an X de la République par ses constructeurs les frères Bertrand. Emporté par une grande inondation peu après sa construction, il sera reconstruit à grands frais en l'an XI. "Ce pont est d'une utilité particulière à tous les habitants de Trans pour l'exploitation de leurs terres qui sont au-delà de la rivière, pour l'usage de trois moulins à huile et un moulin à ressence qui sont attenants au moulin à farine".

Enfin le Pont de la Motte. Ce pont a été construit à partir de 1892. Auparavant pour se rendre à La Motte ou dans les localités au-delà on empruntait le chemin de Trans à La Motte qui passe au quartier des Clauses (actuel chemin des Clauses). Depuis le fin du XIXème siècle le pont jeté par dessus la Nartuby permet un meilleur accès à la route de La Motte. Ce pont se situe à 22 mètres au-dessus de la rivière. C'est un pompier qui m'a donné cette information récemment, je le précise, parce que jusqu'à présent on disait qu'il avait trente mètres de hauteur. Pour le construire, il a fallu passer par la rue de la Motte (dénomination actuelle) qui n'était alors qu'un chemin qui menait à des jardins. On a donc sacrifié certaines maisons qui se trouvaient du côté gauche de cette rue pour l'élargir. Là où se trouve la maison anciennement Gradassi, il y avait une maison accolée qui a été rasée et dont on a laissé la cave (comblée par du béton il y a quelques années). A la jonction de la rue des Jardins, une maison avait également été démolie pour faire le passage pour la route. Cette maison était imbriquée dans celle qui fait toujours le coin, c'est pour cela qu'il y avait une porte et un couloir bouchés dans cette maison, ils appartenaient à celle qui avait été abattue.

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J'ai déniché la dernière carte postale sur le net il y a quelques jours. J'ai été emballée de la trouver car je ne l'avais jamais vue. C'est une vue aérienne du Pont de La Motte qui doit dater du début des années 60. On y voit les bassins de la pisciculture Fournial au premier plan, les arbres le long de la rivière, le cimetière et ses cyprès. Une partie du village également. Les virages en épingles à cheveux de l'Aire du Chemin à droite ainsi que notre bastide familiale. Sur la colline du Peybert, la villa bourgeoise baptisée le Château Rose. Ce qu'on remarque surtout ce sont les champs de vignes et les terrains agricoles qui n'avaient pas encore cédé la place à toutes les constructions que l'on peut y voir aujourd'hui. La campagne transiane encore vierge de toute maison, de toute villa ou immeuble. Rien, il n'y avait rien d'autre que le village et ses 1500 habitants.

C'était hier...

 

Recherches faites par Nadine.

 

 

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