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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 18:34

 

Hôtel de ville et fontaine XVIIIe

 

L'ancienne maison commune avant 1780 était l'immeuble qui porte aujourd'hui le numéro 5 de la rue de la Motte qui s'appelait alors la rue du Saint Esprit. Cette rue ne s'étendait pas au-delà de la place située derrière l'église et elle présentait en son commencement, sur le devant de l'église, un avancement d'alignement qui en rendait l'accès difficile. Cette maison commune servait à l'administration de la Communauté depuis le XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, elle était devenue insuffisante pour correspondre au développement de la population et à la prospérité du pays. De plus, elle était dans un état de vétusté et de délabrement tels que la remise en état aurait été extrêmement onéreuse. C'est pourquoi, on décida de l'abandonner et de construire un nouvel Hôtel de ville sur une partie des ruines du vieux château qui était offerte gratuitement par le seigneur de Villeneuve. Il faut préciser qu'en 1778, aucune communication n'existait entre ce qui est aujourd'hui la place de la Mairie et l'autre rive de la Nartuby puisque le pont Bertrand ne sera construit qu'au début du XIXe siècle. Sur le côté de la route il y avait une petite place qu'on appelait place du Posteau (Portail). Cette place était bordée à gauche par une auberge installée dans le grand immeuble en pierres de taille qui existe toujours, par la falaise qui domine la Nartuby, au fond de la place, par la continuation de cette falaise et par le commencement des ruines du vieux château détruit pendant les guerres de Religion en 1579 et enfin à droite en partant de ces ruines par une vieille tour, la Bestore (vestige de l'ancien château), ainsi que par un petit édifice, ancien auditoire de justice que le seigneur avait vendu quelques années auparavant et qu'on détruisit en 1779 pour agrandir la place.

Un mémoire pour la construction du nouvel Hôtel de ville fut présenté le 10 mars 1778 aux consuls de la Communauté. C'est l'architecte Jean Antoine Torcat qui avait à l'époque une certaine réputation, du moins régionale, qui fut chargé des travaux pour un devis s'élevant au départ à 17.243 livres. Je vous livre quelques extraits intéressants de ce mémoire : "On peut probablement assurer que par les enchères, l'estimation du Sieur Torcat sera rabaissée d'un quart et réduite à la somme de 14.000 livres environ, eû égard surtout à ce que les pierres brutes et les pierres de taille ordinaires ne sont qu'à la distance d'environ 500 pas de l'emplacement, que le sable est encore plus à portée, la rivière d'Artubie (sic) touchant les murs de Trans, que la chaux vendue sur la place ne revient ordinairement qu'à 7 sols le quintal, que les bois peuvent être pris dans les forêt de la Communauté qui ne sont éloignés que d'un petit quart de lieue et qu'enfin le plâtre peut être pris à Draguignan et les briques au Muy qui ne sont distants que d'une lieue. La construction du nouvel hôtel de ville ayant lieu, il est évident que l'ancien deviendrait en effet inutile et à charge de la Communauté, il serait par conséquent vendu aux enchères, et on ne craint pas d'ailleurs que malgré son mauvais état et sa situation incommode, il produirait la somme de 2.000 livres environ à cause qu'il n'y a pas à Trans des maisons suffisantes pour le nombre des habitants, ni d'emplacements pour en construire, ce qui les rend excessivement chères. Dont il résulte que la Communauté de Trans peut moyennant la somme de 12.000 livres et le prix de la maison de ville existante, faire construire la nouvelle suivant le plan et devis du Sr Torcat et après son projet effectué avoir encore en épargne la somme de 12.000 livres ce qui exclu toute idée d'emprunt et toute crainte d'aggraver les impositions. Quant à l'entretien, on ose observer qu'il ne peut pas être bien considérable, le bâtiment ne devant être qu'à un seul étage, les murailles extérieures devant avoir quatre pans d'épaisseur, les coins, les portes et fenêtres devant être en pierres de taille, les planchers en voutes de briques, le toit sans charpente et porté sur des murailles, enfin tout l'ensemble devant être fait avec la plus grande solidité et avec toutes les précautions possibles. Pour ce qui est de la capacité, elle ne pourra être moindre, tous les appartements ayant une destination essentielle. Des trois chambres du rets de chaussée qui suivant le plan doivent avoir 18 pans de longueur sur 21 de profondeur, celle du nord est destinée pour la boucherie et à cet effet elle doit avoir une porte extérieure pour éviter la communication avec les autres appartements et pour mettre le boucher plus à portée de la rivière, celle du couchant qui doit avoir aussi une porte extérieure pour les écoles publiques, celle du midi pour le magasin des poids, balances, mesures, bois, fers et autres matérieux destinés pour les moulins à blé et autres bâtiments de la Communauté. Des quatre appartements du premier et seul étage, la salle est nécessaire pour l'assemblée du conseil, la chambre du nord pour le logement du valet de ville, celle du couchant pour les archives et celle du midi attenante à la salle pour les consuls lorsqu'ils sont obligés de conférer à l'écart [...] et le petit emplacement qui est sous l'escalier pour une prison. Il résulte de cette distribution que le bâtiment dont il s'agit ne doit pas être d'une moindre contenance et que son entretien ne sera pas bien considérable vu les précautions qu'on a pris pour le rendre solide et de très grande durée. Ces considérations font espérer aux maire, consuls et Communauté de Trans que Monseigneur l'Intendant voudra bien donner son approbation à un projet utile et nécessaire, qui effectué donnera à leur lieu, une place agréable et une maison de quelque apparance dans une situation belle et commode et qui fait le voeu des habitants et des administrateurs qui depuis plusieurs années portent leurs économies sur les plus petits objets pour parvenir à celuy cy sans aggraver les charges [...].

L'Hôtel de ville fut construit de 1779 à 1780.

 

Sources : Archives communales de Trans en Provence.

 

Hôtel de ville

 

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commentaires

Mireio 03/05/2012 12:20

Wahoo! quel boulot! Très, très intéressant! Je t'avoue ne pas avoir tout lu, mais je vais reprendre cette lecture plus tranquillement!çà va aussi beaucoup intéresser mon compagnon...

Les Chats du Bocage 21/04/2012 15:55

Personnellement je trouve ce bâtiment joli. Par contre il faudrait le rénover et peut-être rajouter une enceinte moderne comme ils ont fait au Château de St Priest dans le Rhône, je trouve que
c'est très réussi, le mélange de l'ancien et du moderne.

Bises. Dani

Giselle 15/04/2012 08:32

Bien belle page d'histoire. Merci Nadine pour ce partage fort enrichissant.
Bonne semaine
Giselle