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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 19:55

 

Attaque-de-diligence.jpg

 

Cela se passait au printemps 1801 sous le Consulat. A cette époque, il y eut en France une flambée de banditisme terrible. Les campagnes étaient la proie de bandits que l'on appelait les chauffeurs parce qu'ils brûlaient la plante des pieds de leurs victimes pour leur faire révéler la cachette de leur or. Les routes n'étaient pas sûres et les voyageurs isolés étaient agressés. A Trans, comme partout ailleurs, on vivait dans une atmosphère d'insécurité dont témoignent les récits ci-après.

Le 11 prairial de l'an IX, Joseph Roux, laboureur de Trans, fait au maire le récit suivant : "Le 5 courant à 9 heures du soir, il passait sur le chemin qui va de Trans au Muy, quartier de Saint-Vincent, monté sur un âne, lorsqu'il entendit crier derrière lui : "Arrête !" et de suite on lui lâcha un coup de feu chargé à petits plombs qui perça ses habits et atteignit sa monture. Et comme ledit Roux voulait s'enquérir d'où le coup était parti, il fut assailli par une grêle de pierres qui paraissaient venir du bosquet voisin et être lancées par plusieurs personnes. Il prit la fuite et ses assaillants le poursuivirent à coups de pierres jusqu'au chemin du Peycal, où ils le quittèrent en lui disant que s'ils n'avaient pas pu l'atteindre de jour, ils l'auraient de nuit.
Quelques jours plus tard, c'est un propriétaire du Puget près de Fréjus, Louis Barbe qui déposa plainte : "Allant du Puget à Draguignan, ce jourd'hui 22 prairial, il fut arrêté à 7 heures et demie du matin sur les limites des terroirs de La motte, du Muy et des Arcs, sur le Grand Chemin par deux hommes dont l'un posté derrière un buisson le tenait en joue avec un fusil. L'autre s'approcha de lui un pistolet à la main : "Arrête ! La bourse ou la vie !" Barbe jeta deux écus de six francs et trois autres petits écus. L'homme l'obligea ensuite à descendre de cheval pour le fouiller. Il lui déroba encore trois louis d'or et une montre en or. Après quoi, Barbe s'en demander son reste remonta à cheval et piqua des deux en criant : "Au voleur !" mais il ne trouva personne dans les environs pour venir à son secours. Celui qui l'avait fouillé paraissaît être âgé d'environ 45 ans pour 1,60 mètre, le bas de son visage était caché par un mouchoir. Il avait les yeux noirs, les cheveux peu fournis, il portait un grand chapeau noir, un gilet noir, une culotte longue de grosse toile grise, en manches de chemise avec un pistolet d'arçon.

Enfin le dernier récit a pour théâtre un endroit où la tradition transiane place volontiers les histoires de brigands. Lorsqu'on va de Trans aux Arcs et après avoir dépassé la montée pour redescendre vers Les Arcs, on se trouve dans une gorge assez sombre que l'on appelle "La Gouargue de Rastéou", "La Gorge de Rateau". Ce Rateau était semble-t-il un bandit qui attaquait les diligences à cet endroit. Le 12 floréal de l'an IX, Jacques Achard, cordonnier de Draguignan raconta à la maréchaussée l'agression dont il venait d'être victime à cet endroit mal famé. "Ce jourd'hui 12 floréal, il fut interpellé à l'heure de midi sur le chemin des Arcs par deux hommes armés chacun d'un fusil. L'un était habillé de gris avec des guêtres de peau, un chapeau rond, ayant le bas du visage couvert d'un mouchoir et l'autre homme était habillé d'une étoffe de couleur verte, d'un chapeau rond et de guêtres de peau. Ayant pointé leurs fusils sur lui, ils lui demandèrent sa bourse. Achard leur lança 60 francs mais apparemment insatisfaits, ils le fouillèrent pour lui prendre encore quelques écus qu'il avait dans les poches de son corset. Celui par qui il avait été fouillé partit avec l'argent en disant à l'autre : "Ramasse ta part par terre !" Achard se voyant seul avec celui qui ramassait l'argent par terre, a pris une pierre et l'a jetée avec force sur le dos du voleur qui étourdi du coup et bien qu'armé d'un fusil, a pris la fuite et laissé par terre 32 francs qu'Achard a ramassés".

 

Source : Archives communales de Trans - Série sur la Justice.

 

En savoir plus sur "les chauffeurs"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chauffeurs 

 

 

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commentaires

Sébastien 08/06/2020 19:25

Torture millénaire : les plantes des pieds exposées à la morsure des flammes. Quasi impossible de ne pas avouer tellement c'est douloureux !

Jean Marie 03/12/2011 11:27

Les voleurs de grand chemin était la plaie des voyageurs d'Ancien Régime et la pratique a longtemps perduré. Merci pour cette anecdote, Nadine.

Giselle PENAT-LABORDE 15/10/2011 09:36


Bonjour Nadine,

Page fort intéressante encore. Merci de ce partage.
Très sincèrement

Giselle


H-IL 15/10/2011 08:40


Depuis que je suis venu qu'il y a des bandits ?
Bisous