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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 21:30

  Filature-Usine Garnier 1893

 

Le personnel de la filature Garnier en 1893. De nombreuses Italiennes y étaient employées. Elles logeaient dans un grand bâtiment au fond de la cour de la filature.

 

Filature Garnier-Intérieur

 

Intérieur de la filature

 

La Provence a attiré de longue date les immigrants italiens. Cependant, ce fut entre 1850 et 1960 que l'immigration italienne dans le Var atteignit son apogée. La raison majeure qui poussa ces gens à s'expatrier fut d'ordre économique. Cette immigration alla jusqu'à représenter 15% de la population varoise. A Trans, les Italiens constituaient environ 13% de la population vers 1900. Ils étaient majoritairement d'origine piémontaise et toscane. Lorsqu'on parcourt les registres d'état civil, on trouve citées les localités de Montemale, Ormea, Peveragno, Vignolo, Dronero, Garessio, Boves, Pagliero, Mammola, Schio, Valloriate, Fesoglio, Brossasco, Cuneo, etc... comme étant leurs lieux de naissance. Je ne peux pas les citer tous, mais voici quelques-uns des noms de famille d'Italiens rencontrés au cours de mes recherches dont certains ont toujours des descendants à Trans : Agnese, Ambroggio, Ardoino, Barberis, Barillaro, Beltramo, Bennati, Biale, Borotti, Brondello, Brunengo, Cesana, Chiapello, Dani, Ellena, Faroppa, Ferraris, Ferrero, Garro, Gioffredo, Giraudo, Giusiano, Godano, Lerda, Lequio, Lovera, Mazza, Merlino, Michelis, Minazzo, Ottone, Perugia, Rampini, Sappa, Sciandra, Seno, etc... La plupart des immigrés vivaient dans le village. Les célibataires constituaient un quart de la population italienne. Certains habitaient une chambre chez des parents eux aussi installés à Trans quelques années auparavant et qui était venus "en éclaireurs". D'autres mettaient en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d'enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. Quel accueil la population locale réserva-t-elle à ces étrangers ? Ce fut d'abord de l'hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient "manger leur pain". On les qualifiait de "Piantous" (Piémontais), de "Babis" (crapaud) ou encore de "Macaronis". On les accusait d'être cause de chômage ou d'apporter des maladies contagieuses. Au fil des ans, on s'aperçut que ces Italiens étaient des travailleurs acharnés et qu'ils avaient été contraints de quitter leur patrie pour pouvoir nourrir leur famille. "Ce sont des latins comme nous, leurs ancêtres Romains sont venus chez nous il y a bien longtemps, ils sont chrétiens comme nous et ils vont à la même église. Notre langue provençale leur est familière, surtout chez les Piémontais, ils finiront par prendre nos habitudes". Pendant longtemps, les mariages entre Italiens et Transianes ou Transianes et Italiens furent mal vus. Mais le bon sens finit par triompher et l'intégration se fit petit à petit en douceur.

 Ces immigrants exerçaient des professions modestes. Les femmes étaient le plus souvent journalières, employées dans les bouchonneries, les scieries, la fqbrique de contreplaqué, beaucoup travaillaient à la filature de soie. Les hommes travaillaient comme ouvriers agricoles, journaliers. D'autres étaient bûcherons (bousquetiers), scieurs, maçons, ou salariés dans d'autres secteurs de l'artisanat. Quelques-uns étaient à leur compte, comme agriculteurs, artisans (cordonniers par exemple) et petits commerçants. A la fin du XIXème siècle, l'ascension sociale italienne était encore très modeste. Mais elle s'accrut au cours du XXème et plus encore après 1950 au temps des Trente Glorieuses *. Elle fut facilitée par la proximité des cultures, par la fréquence des mariages franco-italiens, par la facilité de l'obtention de la nationalité française, par l'intégration à l'école de la République, par le rapprochement de la France et de l'Italie après 1945, alors que de 1880 à 1890 et de 1936 à 1945, les relations des deux pays avaient été très mauvaises.

  ****************

* Trente Glorieuses : Les Trente Glorieuses font référence à la période de forte croissance économique qu’a connue entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés. L'expression a été créée par Jean Fourastié en 1979 en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.

 

Je vous donne un lien qui parle de l'immigration italienne à La Seyne-sur-mer :

http://marius.autran.pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome3/cite_cosmopolite.html#ancre6

 

ainsi que le lien du blog de Jean-Marie, un ami généalogiste que je vous recommande :

http://www.geneprovence.com/2006/12/la-provence-t-la-fin-du-xixe-sicle-une.html

 

Bouquetiers-au-cafe-Trans.JPG

  

Bousquetiers Italiens à la terrasse d'un café à Trans.

Au milieu, Monsieur Lieto (le père de Marcelle), à côté, à gauche, Monsieur Agnese (le père de Jeannot).

  

 

Sep119

 

 

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commentaires

nadia 09/04/2020 23:03

Bonjour je me prénomme nadia mère de 3 enfants. Je vivais à briouze avec mon mari, quand en 2018 il décida d'aller en voyage d'affaire à Bresil , où il tomba sur le charme d'une jeune vénézuélienne et ne semblait même plus rentrer. Ces appels devenaient rares et il décrochait quelquefois seulement et après du tout plus quand je l'appelais. En février 2019, il décrocha une fois et m'interdit même de le déranger. Toutes les tentatives pour l'amener à la raison sont soldée par l'insuccès. Nos deux parents les proches amis ont essayés en vain. Par un calme après midi du 17 février 2019, alors que je parcourais les annonce d'un site d'ésotérisme, je tombais sur l'annonce d'un grand marabout du nom ZOKLI que j'essayai toute désespérée et avec peu de foi car j'avais eu a contacter 3 marabouts ici en France sans résultat. Le grand maître ZOKLI promettait un retour au ménage en au plus 7 jours . Au premier il me demande d’espérer un appel avant 72 heures de mon homme, ce qui se réalisait 48 heures après. Je l'informais du résultat et il poursuivait ses rituels.Grande fut ma surprise quand mon mari m’appela de nouveau 4 jours après pour m'annoncer son retour dans 03 jours. Je ne croyais vraiment pas, mais étonnée j'étais de le voire à l'aéroport à l'heure et au jour dits. Depuis son arrivée tout était revenu dans l'ordre. c'est après l'arrivé de mon homme que je décidai de le récompenser pour le service rendu car a vrai dire j'ai pas du tout confiance en ces retour mais cet homme m'a montré le contraire.il intervient dans les domaines suivants

Retour de l'être aimé
Retour d'affection en 7jours
réussir vos affaires , agrandir votre entreprises et trouver de bon marché et partenaires
Devenir star
Gagner aux jeux de hasard
Avoir la promotion au travail
Envoûtements
Affaire, crise conjugale
Dés-envoûtement
Protection contre les esprits maléfices
Protection contre les mauvais sorts
Chance au boulot évolution de poste au boulot
Chance en amour
La puissance sexuelle.
agrandir son pénis
Abandon de la cigarette et de l'alcool
Guérir tous sorte de cancer
portfeuille magic multiplicateur d'argent

voici son adresse mail : maitrezokli@hotmail.com vous pouvez l'appeler directement ou l 'Ecrire sur whatsapp au 00229 61 79 46 97

@lain 05/03/2012 19:01

Bonsoir Nadine
Encore plein de belles histoire de ta région, super.
Merci de tes passages. Je te souhaite une très belle soirée
Bisous
@lain

Philippe Moreau 15/12/2011 21:31

J'ai toujours beaucoup de plaisir d'aller visiter vos blogs et celui de Trans en Provence est remarquable. Il faudrait que tous les Transians soient destinataire car c'est leur histoire et que
d'émotion de retrouver ce passé qui est si près de nous et si tu n'avais pas fait ce blog tout cela tomberai dans l'oubli. Merci

Anne Marie 04/12/2011 18:20

Lors des journées du patrimoine de 2010, les Archives de Draguignan avaient présenté une exposition passionnante sur cette immigration italienne, beaucoup d'écrits, de statistiques, mais aussi le
'costume de mariage ' (tout noir !) d'une jeune immigrée venue épouser ici son promis. Lors de mon enfance dans les années cinquante, nous étions tout à fait' mélangés' avec les enfants italiens,
jamais rencontré aucun problème de cohabitation en raison sans doute de nos racines latines communes et de l'intelligence de nos parents. Qu'ils en soient remerciés e Viva Italia.

Giselle PENAT-LABORDE 04/12/2011 10:12

Merci Nadine pour cette belle page d'histoire qui réveille quelques souvenirs dans nos mémoires défaillantes ou un peu endormies quant à cette immigration italienne en Provence.
Et pour les liens communiqués fort intéressants.
Un bien beau partage.

Avec mes meilleurs souvenirs
Giselle