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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 00:00

 

Les cascades

 

A l’origine du village, les Transians prenaient l’eau dont ils avaient besoin dans la Nartuby toute proche, quoi de plus naturel ? Mais très rapidement toutefois, les eaux usées de Draguignan qui se jetaient dans la rivière rendirent cette eau impropre à la consommation. C’est ainsi qu’au Moyen Age, les habitants (ils étaient alors environ 200 au XIIème siècle) puisèrent l’eau à diverses sources, dont l’une était connue sous le nom de Fouant de Monseignour et l’autre Fouant du Fabrégon (cette dernière est obstruée depuis des siècles).

Au XVIIème siècle, des travaux de recherche furent exécutés car le nombre des habitants augmentait et le besoin d’eau potable se faisait de plus en plus sentir. Les Transians la réclamait avec insistance auprès des consuls de la communauté. On peut d’ailleurs citer les archives à ce sujet. Dans les délibérations communales de 1731 on lit : "Les eaux de la rivière Nartuby, pernicieuses à boire tant des gens que des bêtes, à cause des immondices qui s’y jettent venant de la ville de Draguignan et étant d’ailleurs rudes et pesantes, les habitants sont obligés d’en aller prendre à quelques sources qui sont le long de la rivière, dans les précipices et au-dessous du village… ".

Durant ces deux siècles, disons de 1550 à 1750, on alla quérir tous les sourciers ou chercheurs d’eau du pays, mais aucun ne trouva le précieux liquide sur les terrains proches du village. En 1755, on réalisa enfin une adduction d’eau qui a duré jusqu’à notre époque à partir d’une source trouvée au quartier des Escombes. On capta l’eau et par canalisation on l’amena à une fontaine près de l’église (qui n’est pas la fontaine qui s’y trouve actuellement puisqu’elle fut construite plus tard et qu’elle reçoit l’eau de la rivière). Mais bien vite cela fut insuffisant et on chercha à nouveau à augmenter le débit de l’eau. En 1804, un énorme progrès fut accompli : on aménagea contre le mur sud de l’élise paroissiale une citerne publique. Cette citerne était alimentée par l’eau provenant de la source des Escombes et par l’eau de pluie récupérée du toit de l’église. Pour puiser l’eau à cette citerne, les Transians sont alors obligés d’actionner une pompe, pour cela  il faut tourner une roue, c’est long et pénible. Les gens font la queue et attendent leur tour, chacun porte un ou plusieurs récipients pour collecter la seule eau potable de la commune.

 

La citerne publique

 

Cela va durer jusqu’en… 1928. A cette date, la municipalité dirigée par Monsieur Jules Saurin, réalise la première vraie adduction d’eau et de tout-à-l’égout. Trans compte alors 1100 habitants. C’est grâce au travail de Monsieur Laponche, un ingénieur en hydraulique qui a trouvé une nappe d’eau au quartier des Incapis que les ménagères ont enfin l’eau à la pile (à l’évier). Cet ingénieur crée alors "La société des eaux du littoral varois" en 1930 et une convention est signée avec la municipalité. Elle assure pour Trans un débit de 5 litre/seconde. Cette eau avant d’être distribuée est remontée par pompage à un bassin au quartier de la Bouissière (anciennement Buissière) et de là, les canalisations filent vers le village. En 1967, une autre convention est passée entre Trans et Draguignan. Trans cède ses droits sur la nappe des Incapis et Draguignan s’engage à fournir à Trans en échange 5 litres d’eau/seconde, plus de 20% de ce que prendrait cette ville. Avec prise en charge du château d’eau par Draguignan créé aux lieu-dit les Demoiselles. Un réservoir se fait au quartier Saint-Victor où la côte est l’une des plus élevée de la commune, ce qui permet le développement du réseau d’eau potable. Dans les années 1970, où Trans est passé de 1100 habitants à 3500, les besoins en eau augmentent. A la suite de nouvelles recherches, on découvre une nappe très importante au quartier du Puits de Maurin. Un premier forage en 1979, à 50 mètres permet d’y pomper 30 m3/heure. Un réservoir de 500 m3 est créé à la côte 222, qui domine tout le village. En 1980, un deuxième forage, à 50 mètres, permet de pomper 100 m3/heure et on construit un deuxième bassin. Le tout est accompagné d’un effort important de la commune qui remplace le réseau ancien et étend de nouvelles canalisations.

A côté de cela, il ne faut oublier de parler des quatre fontaines d’eau non potable du village. Sans oublier de parler également des lavoirs qui ne sont plus utilisés de nos jours et qui sont à sec : celui de Saint-Vincent et celui du Bassin Neuf. Celui qui était à Vallaury a été démoli quand on a fait la "route militaire". Celui de la Placette à laquelle était attenante une fontaine en demi-cercle ainsi qu’une mastre a été démoli dans les années 1965-1966. De toutes les bornes-fontaines qui avaient étaient installées sous le mandant du maire Monsieur Saurin (une quinzaine je pense), seule subsiste celle qui est à côté de la fontaine de la place de l’hôtel de ville, mais elle ne fonctionne plus car elle était alimentée par l'eau de la ville et les gens venaient se servir en permanence. C’est Monsieur Fournial, industriel Transian, qui avait fait installer à ses frais, trois fontaines à l’ancien cimetière. Une seule subsiste encore de nos jours.

 

La façade latérale de l'église dédiée à saint Victor

 

Témoignage de ma maman : "La citerne derrière l’église était alimentée par la source des Escombes. C’était la seule fontaine du village. Elle était ronde et fermée par une plaque en fer et aboutissait à la pompe qui était contre le mur de l’église. Tout le monde venait se servir à cette citerne. Le sol était en terre battue et ainsi l’eau restait fraîche. Dans les années 50, Monsieur Joseph Béraud, le maire de l’époque avait fait faire un entourage pour protéger cette citerne avec des piliers et du grillage. Puis par la suite, quand cela a été goudronné, l’eau s’est gâtée (le goudron chauffait et l’eau est devenue impropre à la consommation). On s’est servi de cette citerne jusqu’après la guerre car tout les habitants n’avaient pas fait mettre l’eau dès que la première adduction avait été réalisée en 1928. Les gens n’étaient pas très argentés et de plus, ils étaient parfois réticents au progrès. Les habitudes avaient la peau dure !

 

Source : Article fait à partir de coupures de jounaux parus dans les années 80 et de mes propres connaissances.

 

Les cascades sur la Nartuby

 

 

 

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commentaires

AnnickD/Nicka28 29/01/2012 17:42

Il faudrait tout de même qu'un jour je m'arrête dans ton village,j'aimerais bien voir cette belle cascade et tout ce dont tu nous parles !!!!

Anne Marie 29/01/2012 10:54

Belle histoire d'eau qui coule de source. Hommage au bon sens des anciens qui savaient que pour la pureté et la fraîcheur mieux valait la terre battue que le pétrole du bitume. Sacro-saint pétrole
qui aura la peau de la planète.

Michèle 28/01/2012 21:03

Une note superbe et vraiment complète , merci .
Bonne soirée et bon dimanche ;)

Giselle PENAT-LABORDE 23/01/2012 09:53

Merci Nadine, pour cette "histoire d'eau" très appréciée.
L'eau si "chère" en Provence rythme effectivement toujours la vie de nos villages au cours des siècles.
Occasion de retrouver dans cette page mention du nom de la famille Fournial,liée aussi un peu à Roquebrune ..

Bonne semaine
Cordialement
Giselle